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Les États-Unis et la Chine donnent le tempo aux relations internationales, mais quel rôle la Méditerranée peut-elle jouer dans cette configuration ? Ls blocs économiques régionaux ne sont pas en mesure de faire contrepoids dans un monde en perte de repères.

Deux sujets importants accaparent la scène politico-économique régionale: le nouveau visage des relations Nord-Sud et les chamboulements que connaît l’Afrique dans sa quête de paix et de développement. Ce fut aussi la trame de la 7e édition de Dialogues stratégiques, rédigé en collaboration entre le Policy Center for the New South et HEC Paris. Un bon casting d’auteurs et de sujets pour tenter une lecture scientifique du fatras irrationnel s’imposait. Signe des temps, la politique 2.0, à coup de tweets, semble donner la mesure aux relations diplomatiques et supplante carrément tout dialogue stratégique.

En tout cas, toute initiative pour déchiffrer les nouveaux rapports mondiaux est la bienvenue. Selon les hauteurs de ce nouveau volume, le point d’orgue de la nouvelle réalité mondiale est la gestion du président américain des affaires de son pays et du monde. Selon Pascal Chaigneau, directeur du Centre HEC de géopolitique, la politique étrangère de Donald Trump est essentiellement basée sur l’intérêt américain avant toute autre considération. Une ligne de conduite qui s’est traduite par le retrait de l’accord nucléaire iranien, la reconnaissance unilatérale de Jérusalem comme capitale d’Israël, le blocus économique contre le Venezuela ou encore, ajoute l’auteur, le déclenchement d’une guerre commerciale avec la Chine dans la perspective d’empêcher Pékin de se substituer à Washington en tant que première puissance mondiale. Le bilatéralisme américain repose aussi la question de la capacité de l’économie globalisée à se faire encore valoir. Mais Trump a-t-il complètement raté le coche? Pas sûr, si l’on en croit Henri-Louis Védie, professeur au Centre HEC de géopolitique, qui rappelle que sur les 16 principaux partenaires, 12 génèrent des excédents et seulement quatre ont un déficit commercial vis-à-vis des États-Unis. Védie explique cette situation par des droits de douane toujours en faveur des partenaires. Cela se traduit par un sentiment d’injustice auprès de l’administration américaine et témoigne, d’après elle, du dysfonctionnement du commerce international.

Dans cette configuration, il est légitime de s’interroger sur la possibilité que d’autres blocs puissent émerger et contrebalancer l’adversité et la bipolarisation américano-chinoise. Alfredo Valladao, Senior Fellow au Policy Center, est loin d’être optimiste à ce propos. Il explique que malgré le nombre record d’organisations et de politiques économiques et commerciales communes, l’intégration régionale en Amérique latine «ressemble, à s’y méprendre, aux matriochka, ces poupées russes emboîtées les unes dans les autres mais dont l’intérieur est vide». La situation n’est pas meilleure concernant les BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud, ndlr), qualifié de groupement hétérogène et déséquilibrée. En conclusion, Valladao décrète que ni l’Amérique latine, ni les BRICS, ni aucune institution collective des pays du Sud n’ont à ce jour les moyens économiques, politiques et, encore moins militaires d’une telle ambition. Certes, la Chine a construit sa première base militaire navale en 2017 à Djibouti, mais il s’agit d’un balbutiement loin de peser sur l’échiquier militaire mondial. N’empêche que ce premier pas induit une rupture, selon le rapport, dans la doctrine militaire chinoise.

Dans ce contexte, la Méditerranée essaie de se faire une place au soleil. Il n’empêche que l’incertitude point à l’horizon alors que la question d’un pôle multilatéral économique méditerranéen se pose avec acuité. En 2008, la création de l’Union pour la Méditerranée (UPM) a joué le rôle de catalyseur pour l’intégration régionale. Autre instrument de rapprochement entre le Nord et le Sud de la Mare Nostrum, le dialogue 5+5 s’est progressivement étendu, depuis 2003, à d’autres sphères telles que la défense, les transports, la migration, l’éducation et le tourisme. À partir de 2012, ce dialogue s’est élargi à d’autres acteurs comme les institutions européennes et l’Union pour la Méditerranée. Aujourd’hui, l’avenir de la coopération multilatérale dans la région dépend largement de la cohérence entre les intentions réelles de l’UE et de l’OTAN, du niveau d’engagement et de responsabilité des pays partenaires, et du jeu des puissances régionales et extra-méditerranéennes, est-il indiqué.


La Corne de l’’Afrique, carrefour stratégique

Selon le rapport, la Corne de l’Afrique s’érige aujourd’hui en point nodal du système international. Il y a plusieurs raisons à cela, dont le lancement de la «guerre globale contre le terrorisme», la lutte contre la piraterie maritime, l’initiative des nouvelles routes de la soie et la guerre au Yémen. La région est secouée par les coups d’État mais aussi par l’aspiration de pays comme l’Éthiopie à jouer un rôle majeur dans la paix et la stabilité, sans perdre de vue la piraterie qui sévit toujours dans ce carrefour important. Dans ce magma, les crises et les incertitudes régionales qui sévissent dans la Corne de l’Afrique ont des répercussions sur la géopolitique globale, à des degrés différents selon les États. Ces crises induisent parfois la fragilisation de l’État et sa réinvention.

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