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05-12-2019 20:30

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La conférence-débat organisée récemment par WIMEN (Women international management & executif network), réseau international des femmes dirigeantes, a été une occasion pour décortiquer des sujets liés au leadership dans la société de demain, la diversité et la mixité dans l’entreprise et le rôle de l’éducation dans la transformation culturelle.

Malgré les efforts consentis, le Maroc accumule toujours un grand retard par rapport à d’autres pays africains émergents en termes de diversité et de mixité dans les postes de direction. «Nous souhaitons que notre réseau soit la vitrine d’un leadership engagé pour promouvoir plus de mixité», a déclaré Laila Al Andaloussi, présidente de Wimen ainsi qu’expert-comptable et commissaire aux comptes à l’occasion d’une conférence-débat organisé à l’ESCA École de management.

Un héritage très lourd
Le comportement de la population et l’esprit de l’entreprise dépendent beaucoup du milieu social et de ses traditions notamment ses valeurs religieuses. Pour Marx Weber, le capitalisme et l’avènement des entreprises industrielles ont trouvé leurs origines dans l’éthique protestante. Le rôle de la femme dans l’entreprise obéit également aux mêmes contraintes culturelles de la société et ce sont là autant d’éléments qui expliquent la particularité de la mixité et de la diversité au sein des entreprises et certains freins au développement du Maroc. De ce fait,  on ne peut pas étudier le problème de la mixité et de la diversité dans l’entreprise sans les relier aux modèles de développement. Sur le plan économique, notre société souffre principalement du chômage des jeunes, soit 24% des diplômés et de l’aggravation des inégalités or l’un alimente l’autre. Les structures de l’économie nationale n’ont pas suffisamment évolué pour absorber les jeunes compétences, notamment les femmes. En théorie économique, on explique que l’investissement génère la croissance et cette dernière crée de l’emploi. Or, la croissance découle d’une combinaison ingénieuse entre le capital matériel et le capital immatériel (humain, social et institutionnel). Ce dernier est mal investi dans notre pays affirme Mohamed Berrada, ancien ministre des Finances ! Pour lui, l’inclusion de la femme dans l’entreprise représente une composante fondamentale du capital immatériel et par conséquent se trouve lié au problème de la croissance. L’éducation et la culture jouent, pour leurs parts, un rôle primordial dans l’édification d’un leadership équilibré pour construire la société de demain. Personne n’ignore la défaillance de notre système éducatif. Au moment où la connaissance devient un moteur du développement, le taux de l’analphabétisme au Maroc est de 34%. Le système éducatif marocain donne priorité aux matières quantitatives au détriment de discipline de la culture générale comme la philosophie, la sociologie, la littérature… «Or ces dernières sont des sources d’épanouissement, de créativité et d’amour qui constituent à mon avis l’âme de la nouvelle culture de management. Et ces trois facteurs comme vous l’avez constaté, sont des qualités féminines qui pourraient constituer le berceau du leadership positif», fait savoir Mohamed Berrada.

L’émergence d’un nouveau modèle de développement
L’humanité traverse actuellement plusieurs crises (financières, politiques, sociétales…), une série de dérèglements qui marquent la fin d’un cycle qui date du début de la révolution industrielle, bâti sur une vision très hiérarchique. Ce paradigme est totalement révolu, note Ghita Lahlou, DG de l’École centrale de Casablanca et PDG de Saham Outsourcing. Aujourd’hui, si nous ne créons pas une nouvelle vision pour un modèle de développement conforme aux défis du 21e siècle, nous serons dans une crise universelle. Les chercheurs qui travaillent sur la complexité comme Edgar Morin confirment que la solution ne viendra jamais du sommet de la hiérarchie mais plutôt des modèles locaux de divergence, d’innovation sociétale qui à travers une intelligence très pratique arrivent à créer des solutions pour des problèmes qui doivent se résoudre localement. Ces émergences qui peuvent représenter des solutions à plusieurs paradigmes doivent se consolider dans un modèle organisationnel très agile en mesure de recréer ce monde et remettre l’humain dans sa condition humaine. «Un modèle émergeant part de deux principes fondamentaux : l’intelligence du terrain qui émerge et arrive à se développer grâce au génie humain totalement naturel. Avec leurs capacités intuitives, les femmes sont primordiales dans les émergences», conclut Ghita Lahlou. Plusieurs chefs d’entreprises et experts ont apporté leurs témoignages à l’occasion du forum organisé par Wimen. Laila Benjelloun Touimi, directrice générale l’Oréal Maroc, considère que les changements accélérés sur le plan économique et social remettent en cause les modèles de développement, d’une manière générale et au sein de l’entreprise en particulier. «Cela implique énormément de conséquences car il faut aller vite et prendre plus de risques. Les leaders sont ainsi appelés à créer les bonnes conditions aux collaborateurs dans le cadre d’un système basé sur la confiance et la coopération pour une prise de décision plus agile». Le leadership inclusif s’intéresse à l’individu pour mieux comprendre la diversité et il faut chercher cette diversité pour enrichir le monde, explique, pour sa part, Jean-Michel Monnot, expert en diversité et leadership inclusif. Quant à Laila Mechbal, directrice générale d’Air Arabia, il est primordial de construire une bonne équipe fédérée en mesure de travailler sur le même objectif. En cela, la mixité occupe une place particulière car les femmes se distinguent par leur instinct féminin et la capacité de faire plusieurs choses en même temps. 

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