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Kenzo Takada, Styliste

Fondateur de la marque de vêtements, d'accessoires et de parfums Kenzo, il brise les codes de la mode et apporte une touche pleine de fraîcheur. Kenzo Takada, aujourd’hui tourné vers le design et la décoration, a imaginé pour Roche Bobois une exceptionnelle collection de tissus et de céramiques. On y retrouve les codes graphiques et culturels qui le caractérisent : le métissage des origines, la maîtrise des couleurs, la délicatesse des motifs. Entretien avec un samouraï de la mode en escale à Marrakech.

Les Inspirations ÉCO : Quelles sont les inspirations de cette nouvelle collection ?
Kenzo Takada : Lors de nos premières ​rencontres avec Roche Bobois, ​nous avons travaillé trois types d’inspiration​s​ autour de thématiques japon​isantes​. Nous avons travaillé autour de la thématique du théâtre No, plein​e​ d’histoire, complète en graphisme et remplie de profondeur.​ J'ai toujours beaucoup apprécié le théâtre No ; on y trouve des kimonos très graphiques.​ Depuis peu, je prends le temps plusieurs fois par an de retourner au Japon, redécouvrir sa culture et ses différentes région​s​. J’ai beaucoup aimé travailler sur ce thème​, et je suis fier du résultat final.​

Vous dites que le canapé Mag Jong était «baba cool» et que vous le rendez «baba chic». Comment l'avez vous imaginé  sans pour autant le dénaturer ?
Le Mah Jong est définitivement un design assez intemporel et inter-culturel à la fois. ​Il a été créé par Hans Hopfer au début des années 70 ; au même moment j'ai démarré mon aventure dans la mode. Mon but pour RB était de l’habiller à ma façon. Ils m’ont permis de faire ce que je voulais, d’une certaine manière, j’avais carte blanche. Bien sûr, je ne voulais surtout pas le dénaturer, mais simplement trouver les éléments graphiques, ​une gamme de ​couleurs, ainsi que les bons éléments pour lui donner une nouvelle nature.

Est-ce que le processus créatif est le même lorsqu'on imagine une ligne de vêtements, de parfums ou d'objets ?  
Le travail est assez différent, la vision et le sens du temps ne sont pas les mêmes. Par contre, le travail des couleurs, le mélange des matières textiles est d’une certaine manière assez proche​,​​ suivant un processus qui me plaît beaucoup​. Le travail autour de la maison et de l’ameublement m’amuse.

Vous avez brisé beaucoup de règles dans la mode et mélangé imprimés et couleurs avec une totale liberté. À vos débuts, avez-vous trouvé des difficultés à imposer votre style ?
Oui, à l'époque​ c’était assez osé. Peut-être quand on est jeune, on ose plus​,​ par naïveté​​ et on prend plus de risques. Lorsque j’ai démarré​,​ la mode parisienne était assez classique. Au début des années 70, il fallait que je trouve mon identité alors je suis retourné au Japon et j’ai ramené des tissus que j’ai mixés dans mes confections. ​Ce mélange de culture, ​​de graphisme, de couleur, ​était assez original à cette époque, ​ça a immédiatement pris avec le public.

Comment avez-vous réussi à rendre la culture et l'influence japonaise si universelles ?
Je ne pense pas que ce soit que moi, mais je crois simplement que le Japon, comme beaucoup de pays dans le monde, a une culture et une histoire très forte, une identité réelle à revendiquer. Longtemps pendant ​la période d’après Guerre, le Japon était ravagé et assez triste et depuis quelques années maintenant, nous assistons à une réelle renaissance culturelle très intéressante. Des savoir-faire perdus renaissent, le pays s’est bien reconstruit​. Je profite maintenant de mes nombreux voyages au Japon pour redécouvrir ma culture natale.​

Est-ce que la mode a toujours été une évidence pour vous et à quel moment avez-vous su que cela allait devenir votre métier ?
Toujours, depuis un très jeune âge. Je regardais mes sœurs et ma mère mettre leurs kimonos, je trouvais ça superbe. Je lisais les magazines de mode de mes sœurs, qui me faisaient rêver de voyages ; ça me transportait en dehors de mon environnement​ et me permettait de rêver.​

Y a-t-il un créateur qui vous touche en particulier ?
Il y en a tellement aujourd’hui, c’est difficile d'en choisir ​un​. Tellement de variétés de styles, de positionnements différents. Tout ​ce secteur va de plus en plus vite​, avec de plus en plus de compétition.​ Par contre, la mode s’est énormément démocratisée ; elle touche aujourd’hui quasiment tout le monde et est accessible à la plupart pour tous types de prix. Ça, je trouve ça très bien.

Que vous inspire une ville comme Marrakech ?
Je suis venu à Marrakech pour la première fois en 1970 et depuis de nombreuse​s​ autres fois. J’ai même cherché à acheter un riad​ pendant un temps​. J’adore le Maroc, c’est un pays qui a une culture très forte, une architecture incroyable et des paysages et régions tellement variés.

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