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Réformer l’organisation et le calendrier de la CAN, s’émanciper des politiques gouvernementales, développer le marketing du football africain, investir dans la formation des jeunes...le symposium de la CAF qui se tient les 18 et 19 juillet à Rabat, annonce de grands changements dans le football continental.

Les enjeux du football sont grands au point que le patron de la Fifa s’est déplacé à Rabat, les 18 et 19 juillet, pour assister au Symposium sur le football africain. Un événement qui a réuni à Rabat 55 fédérations africaines, tout l’État-major de la CAF, les experts en médecine sportive, les médias, les entraîneurs, les arbitres, les anciennes gloires du football, sans oublier les sponsors et détenteurs des droits télé, avec à leur tête, le patron du PSG et du groupe de média BeIN Sport, Nasser Al-Khelaïfi.Objectif: réfléchir à une nouvelle feuille de route pour le football africain en totale rupture avec l’ère de l’ancien président de la CAF, Issa Hayatou, qui a rempilé 29 ans à la tête de cette institution.

Nouveaux enjeux
À chaque époque, ses hommes. Le nouveau président de la CAF, le malgache Ahmad Ahmad, a annoncé la couleur dès sa première prise de parole. «Nous sommes ici pour tirer les leçons du passé et se dire la vérité. Trop de décisions n’ont pas été prises à temps et nous n’avons été que des observateurs. Soyons prêts et unis pour prendre le train des réformes». Le décor est planté. En plus d’avoir l’aval des patrons des fédérations africaines, Ahmad Ahmad peut compter sur l’autre nouvel homme puissant de la Fifa, Giani Infantino, à la recherche, lui-même, d’une nouvelle place au sein du gouvernement mondial du football: «Il faut que le futur de l’Afrique devienne présent. Il faut se dire les choses, même celles qui font mal. Nous sommes à vos côtés», a indiqué l’Italo-Suisse. La mise à mort du système Hayatou donnera naissance à un autre football arrimé totalement sur le football européen, premier marché des joueurs africains, avec pour objectif de mieux mettre en avant le produit des compétitions africaines. «Nous avons constaté une dégradation de l’organisation de la CAF en raison de la mauvaise gouvernance de cette compétition. Nous allons remédier à cet état de fait», Ahmad Ahmad n’y est pas allé par quatre chemins.

 

L’Afrique le vivier, l’Europe le marché
Malgré les projets ambitieux affichés par Ahmad Ahmad pour donner une nouvelle dimension au football en Afrique, les intentions d’arrimer le continent à l’Europe ne relèvent plus du tabou. «L’entrée dans la Fifa implique l’abandon de la souveraineté nationale en matière de football», lance Ahmad Ahmad sans états d’âmes. Le président compte ainsi faire de la réforme de l’organisation de la CAN son cheval de bataille pour réussir cette mutation. Plusieurs ateliers de ce symposium vont s’atteler notamment sur les pistes pour modifier le calendrier de la CAN, dont l'organisation au début de l’année pose de nombreux problèmes aux clubs européens qui se trouvent privés de leurs joueurs à la reprise des championnats. Pour faire aboutir ce chantier, Giani Infantino indique que «la Fifa injecte 100 millions de dollars par an dans les fédérations africaines», une carotte qui risque d’être revue à la hausse si le football africain se met au diapason de l’Europe. L’autre invité de marque, venu dans les valises d’Infantino, n’est autre que le patron du PSG et BeIN Media Group, Nasser Al-Khelaïfi, qui a déclaré: «Les compétitions de la CAF figurent parmi les compétitions phares en termes d'attrait pour notre public de BeIN Sports media et nous devons pouvoir améliorer la qualité de ces compétitions et leur couverture audiovisuelle». Al-Khelaïfi a promis une retransmission en qualité 4K à des horaires mieux adaptés pour faire le plein de l’audimat et donc reverser plus d’argent à la CAF.

Des débats qui s’annoncent passionnants
Pendant deux jours, les discussions couvrent plusieurs questions liées au football continental, mais le ton imposé par la CAF laisse penser que la rupture avec le temps passé est consommée. Lors des interventions qui ont suivi le lancement des travaux du symposium, l’entraîneur marocain, Rachid Taoussi a interpellé les patrons de la CAF et de la Fifa sur l’incapacité des techniciens africains à travailler en Europe. Sans langue de bois, Ahmad Ahmad a signifié au coach marocain que le technicien africain n’est «bankable» en Europe et encore moins en Asie, qui est une moyenne puissance footballistique. La raison ? Les coach africains souffrent d’un déficit en matière de formation et leur mise à niveau est nécessaire pour être compétitifs. Concernant les droits télé des compétitions africaines, le spécialiste des politiques publiques et des lois du sport, Moncef El Yazghi, a interpellé Nasser Al-Khelaïfi sur les prix prohibitifs imposé par le diffuseur exclusif de la CAN dans le monde arabe et sa contradiction entre la recherche d’une plus grande base de supporters. Le patron de la chaîne qatarie a révélé un premier «scoop»: sans avancer de chiffres, il déclare que BeIN Sport couvre juste les frais du rachat des droits télé de la CAF et ne réalise pas de bénéfice pour le moment. Pour finir avec une touche plus politiquement correcte, Nasser Al-Khelaïfi a promis que la chaîne va faire de grands efforts pour adapter son offre à la situation économique des pays arabes. Au vu du ton adopté lors de ce symposium, cette table ronde promet de grandes résolutions qui vont changer profondément le football africain, mais, la question est de savoir dans quel sens ?  

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