Le Maroc perd son pari d’organiser une Coupe du monde Fifa pour la 5e fois. Les premiers enseignements d’un vote.

Le Maroc a perdu. Et ce résultat était prévisible ! Mais l’écart du score représente tout de même une surprise. Les prévisions tablaient sur 80 voix pour le Maroc, finalement United 2026 terrasse Maroc 2026 par un large score de 134 contre 65 voix pour le Maroc. La faute à qui ? Une défection du camp arabe et l’absence de toute l’influence en Europe de l’Est, Asie du Sud-Est et dans le Sous-continent indien. Ainsi que quelques défections surprises de pays dits «amis» comme l’abstention de l’Espagne et le vote américain de la Guinée ou la Jordanie.

De nombreuses défections
15 secondes ont été suffisantes pour sceller le sort d’une bataille qui a duré depuis dix mois entre les Nord-américains et les Marocains. À 11h00, heure marocaine, les représentants des 203 fédérations membres de la Fifa, éligibles à ce vote, ont choisi entre les deux candidatures. Gianni Infantino, président de la Fifa, annonce les résultats. «Nous avons un gagnant. Il s’agit des deux fédérations nord-américaines et mexicaine», annonce-t-il, lors du 68e Congrès de la Fifa, tenu le 13 juin à Moscou.

Avant le passage au vote, le secrétariat général de la Fifa a tenu à présenter par le menu détail le rapport de la task force, un document défavorable au Maroc. Dans les détails de ce vote, le Maroc a obtenu 39 voix africaines sur les 54 voix possibles. Le Maroc a perdu donc 15 voix sur le continent. L’Afrique du Sud a finalement joué un rôle déterminant pour drainer des voix vers United 2026. Il demeure que le score africain du Maroc a permit de sauver la candidature marocaine d’un sévère camouflet.  Chez les pays arabes et islamiques c’était la bérézina. Les «Iftar parties» organisés par l’Arabie saoudite à Moscou la veille du vote ont eu leur effet sur les décisions des nations arabo-islamiques.

Au total, 11 pays arabes sur les 22 membres de la Fifa ont choisi le Maroc. Un revers pour le royaume et une victoire pour l’Arabie Saoudite. Les pays du Golfe (Koweït, Bahreïn, Émirats arabes unis) se sont rangés du côté du royaume wahabite. Seul le Qatar a naturellement fait campagne et a voté pour Maroc 2026. Mention spéciale à l’émirat d’Oman qui a tenu tête aux pressions saoudienne. La déception vient surtout du Liban et la Jordanie, qui malgré les efforts fournis pour les convaincre ont finalement choisi les Américains. Dans le reste du monde islamique, Maroc 2026 n’a pas rencontré d’échos favorables. Les puissances régionales de l’Asie du Sud-Est, la Malaisie et l’Indonésie ont tourné le dos au royaume, comme des républiques à majorité musulmane en Europe de l’Est, l’Ouzbékistan et le Turkménistan.

Dans l’ensemble, le Maroc n’a pas pu inverser la tendance en Europe occidentale et de l’Est comme en Asie. Dans les deux continents et sur 101 voix potentielles, le Maroc n’a finalement pu obtenir que 18, ce qui explique en grande partie l’écart avec la candidature américaine. Même les voix supposées acquises en Europe n’ont pas résisté au torrent américain. Le Portugal a finalement voté United 2026, de même pour la Russie. L’Espagne a tremblé et choisi l’abstention. Seuls l’Italie, les Pays-Bas et la Serbie se sont démarqués du camp occidental, à cela s’ajoute l’allié indéfectible du Maroc lors de cette course, la France. En Asie, nous avons glané des voix contestataires, celle de la Chine, de la Corée du Nord, du Yémen et de la Syrie. Dès l’annonce des résultats, Fouzi Lakjaa, président de la FRMF, demande la parole. «Nous saluons la victoire nord-américaine. Nous nous engageons sur le chemin de la construction de notre modèle sportif». Les premiers commentaires ont qualifié le résultat de «sans pitié», selon l’AFP. Pour rappel, le Maroc est à son cinquième échec, après les revers de 1994, 1998, 2006 et 2010.


Moulay Hafid Elalamy
Président du comité de candidature

Le Maroc est fier d’avoir mené une campagne engagée et éthique s’inscrivant totalement dans le respect des règles imposées par la Fifa. Le Maroc a démontré sa capacité à organiser une Coupe du monde».

Fouzi Lekjaa
Président Fédération marocaine royale de football

Le Maroc se félicite d’avoir présenté un dossier solide où le football est au centre des préoccupations, pour une Coupe du monde authentique, profitable et avec un fort héritage».

Vidéothèque

Vidéothèque

0
Partages
0
Partages