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Vendredi dernier, la Cour d'assises spéciale de Paris a condamné  Jihane Makhzoumi à 14 ans de prison. Elle était jugée depuis le début de semaine pour «association de malfaiteurs terroriste criminelle», «soustraction d'enfant» et «délaissement de mineur».

Face à des faits «d'une particulière gravité», «seule une peine ferme significative pouvait être prononcée», a estimé le président de la Cour.

Jihane Makhzoumi est apparue visiblement choquée à l'annonce du verdict. «Nous considérons la peine comme totalement disproportionnée, et nous allons évidemment interjeter appel», ont déclaré ces deux avocats, Me Clémence Witt, et Me Florian Lastelle.

Cette femme de 38 ans est accusée de s'être rendue en Syrie avec son mari Eddy Leroux, d'août 2014 à octobre 2016. Un séjour en terre de djihad que ce couple radicalisé installé à Villefontaine (Isère) avait entrepris avec quatre enfants en bas âge : Jana, la fille d'Eddy Leroux née d'un premier mariage, les deux filles de Jihane Makhzoumi de 3 et 5 ans, nées elles aussi d'un premier mariage, et enfin un nourrisson de six semaines, fruit de leur union. Leurs ex-conjoints respectifs n'avaient pas été avisés en amont de ce départ.

Expulsée de Turquie vers la France en octobre 2016, Jihane Makhzoumi est revenue avec ses enfants à elle, mais sans son mari -Eddy Leroux est présumé mort en juillet 2015 dans la région de Palmyre (Syrie)- et surtout sans Jana. La fillette, aujourd'hui âgée de 8 ans, est restée dans l'enfer de Daech. Sa mère, Ilham Tarbouni, n'a plus jamais eu de nouvelles. « Ça va faire cinq ans et trois mois que je n'ai pas vu ma fille, sanglote cette dernière. La dernière fois que j'ai remis Jana à son père, il m'avait expliqué qu'il voulait aller au Maroc. Quand j'ai appris qu'il l'avait emmenée en Syrie, c'était un cauchemar. Parce que, Jana, c'est tout pour moi. »

Elle avait été interpellée le 10 octobre 2016 à l'aéroport de Roissy alors qu'elle rentrait de Syrie avec ses trois enfants, mais sans la fille de son compagnon. Nul n'a de nouvelles de cette fillette, Jana, depuis plus de trois ans.

« Ce départ en Syrie, ce n'est absolument pas un accident de parcours, c'est l'aboutissement d'années de radicalisation », avait martelé l'avocat général, en ajoutant : « La vie de leurs propres enfants n'importe pas tant que ça, en comparaison de leur projet (de départ en Syrie). »

« Je ne discerne aucune réelle volonté de retour avant 2016 », avait souligné le magistrat, qui avait évoqué un dossier « bouleversant » en raison de l'émotion autour de la disparition de Jana.

Pour l'avocate de la mère de Jana, partie civile, Me Samia Maktouf, cette peine était « nécessaire pour une prise de conscience », et pour que Jihane Makhzoumi « serve d'exemple aux autres mamans parties avec des enfants ».

La défense avait de son côté déploré l'absence d'examen psychiatrique approfondi pour Jihane Makhzoumi. « Notre cliente, devant vous, elle a le regard vitreux […] à cause de tous les médicaments qu'elle prend. Elle est malade et traverse une dépression extrêmement sévère », avait expliqué Me Clémence Witt.

Selon la défense, cette dépression n'était pas récente, et datait même d'avant la radicalisation de leur cliente en 2011. Me Witt avait même indiqué que sa cliente avait développé une « pharmaco-résistance » aux anti-dépresseurs classiques et suivait aujourd'hui « un traitement de cheval ».

Dans ses derniers mots à la cour, l'accusée avait dit : « Je regrette profondément tout ce qu'il s'est passé. » Elle avait également demandé pardon à la famille de Jana, à son ex-mari, et à sa famille qu'elle a « profondément blessée ».

 

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