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03-12-2019 16:42

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Le Premier ministre irakien a annoncé vendredi qu'il allait démissionner comme l'a réclamé le grand ayatollah Ali Sistani, figure tutélaire de la politique, au lendemain d'une des journées les plus sanglantes en deux mois d'une contestation marquée par plus de 400 morts.

Adel Abdel Mahdi, un indépendant sans base partisane ni populaire, a cédé vendredi. Peu avant, le plus haut dignitaire chiite du pays avait appelé le Parlement à retirer sa confiance au gouvernement pour éviter le "chaos" et plus de morts, rejoignant les manifestants qui réclament depuis deux mois "la chute du régime".

Ce soutien de poids et l'agitation politique qu'il a aussitôt suscité n'ont toutefois pas pu arrêter la spirale des violences qui se poursuit dans le sud agricole et tribal, où le chaos menace depuis que des combattants tribaux se sont montrés en armes pour protéger les manifestants à Nassiriya alors que des hommes en civil ont ouvert le feu sur la foule à Najaf.

Vendredi, la police a encore tué deux manifestants à Nassiriya tandis qu'un troisième était abattu par des tirs à balles réelles devant le siège d'un parti à Najaf, ont rapporté des témoins et des médecins.

Le sud de l'Irak s'était embrasé jeudi avec une répression menée par des commandants militaires dépêchés par Bagdad qui ont dû reculer dans le chaos.

Quarante-six manifestants ont été tués et près d'un millier blessés jeudi, selon médecins et policiers.

Aux cris de "Iran dehors!", le consulat du voisin iranien --grand parrain de la politique irakienne-- avait été incendié mercredi dans la ville sainte chiite de Najaf.

A Tahrir, épicentre de la contestation dans la capitale, et aux abords de la place, les jeunes manifestants ont abandonné les pierres qu'ils jetaient sur les forces de l'ordre pour se mettre à danser à l'annonce de M. Abdel Mahdi sur sa démission, a rapporté un photographe de l'AFP.


"C'est notre première victoire et on en aura encore plus face aux autres" politiciens que les manifestants jugent corrompus, incompétents et affiliés aux puissances influentes en Irak, en tête desquelles l'Iran, a lancé l'un d'eux à l'AFP au milieu des chants nationalistes diffusés à tue-tête par les conducteurs de touk-touk, ces petits véhicules à trois roues devenues les ambulances de fortune de la révolte.

"C'est une étape majeure, même si elle a tardé et que nous avons vécu des journées très sanglantes", renchérit Ali Hussein, étudiant de 20 ans qui manifeste à Nassiriya, alors que plus de 400 Irakiens sont morts depuis le 1er octobre et des milliers d'autres blessés, dont beaucoup resteront handicapés toute leur vie, selon un bilan compilé par l'AFP de sources médicales et policières.

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