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«91% des Marocains et 84% des Algériens veulent quitter leur pays pour venir en France»: tel est le titre un peu surprenant qui a indigné bon nombre d’internautes. Et pour cause: partagé sur Facebook, cet article a été publié sur le site d’extrême-droite La Gauche m’a tuer, qui explique s’appuyer sur «le blog de Thomas Joly».

Sauf que ce dernier titrait son écrit «91 % des Marocains, 84 % des Algériens et 53 % des Tunisiens souhaitent quitter leur pays pour vivre en Occident» et non en France, relate le quotidien français Libération. Ce même article puisait dans un autre site d’extrême-droite, Suavelos, qui a lui-même tiré l’information du site communautaire musulman Oumma.com. Un site qui, lui, se questionnait: «Le Maghreb sera-t-il confronté demain à un exode massif de sa population?»

Un imbroglio sans fin dont les internautes se sont emparés. Dans son texte, le site musulman relatait entre autres: «Les destinations qui font rêver les Algériens, Marocains et Tunisiens sont: le Canada, les USA, la France, l’Allemagne, mais aussi les Émirats arabes unis, le Royaume-Uni et la Belgique». Un faux titre, donc, suscitant une grande indignation, et dont les études ne retranscrivaient pas exactement cette information.

Car à l’origine, Oumma.com revenait sur plusieurs études exposant «les velléités d’émigration des citoyens de ces trois pays». Deux d’entre elles, sur le Maroc et l’Algérie, portent en fait sur le nombre de ressortissants de ces pays qui seraient prêts à quitter leur pays pour des raisons professionnelles.

Une réalité tout autre

En réalité, la première étude a été financée par la Commission européenne et publiée en mars dernier. Elle a été menée auprès de 10.000 jeunes sur deux ans (2014-2016) en Algérie, au Maroc, en Tunisie, en Égypte et au Liban et coordonnée par le Barcelona Center for International Affairs (Cibod). Les conclusions affirmaient que 52,8% des jeunes Tunisiens interrogés avaient l’intention d’émigrer. Plus encore, le document pointait du doigt le fait que «les conditions économiques sont la raison principale de l’émigration (72%): le manque d’opportunités professionnelles (34%), les mauvaises conditions de vie (21%), le revenu inférieur à celui de l’étranger (12%) et l’aide de la famille (5%)». L’orientation géographique favorite des jeunes Tunisiens, quant à leur projet migratoire, était les pays de l’Europe. Une région devenue leur principale destination.

Quant à la seconde recherche, portant sur le voisin de l’Est, elle a été réalisée par le Boston Consulting Group en collaboration avec le cabinet de recrutement The Network, début 2018, et menée sur 366.139 employés et personnes en recherche d’emploi dans 197 pays. Elle soulignait que l’Algérie occupait la 83e place en matière d’attractivité de talents et de cadres internationaux, mais que 84% des Algériens étaient dans le même temps «prêts» à s’expatrier pour des raisons professionnelles. Selon l’étude, le chiffre de 84% correspond au «pourcentage de répondants qui travaillent déjà à l’étranger ou [qui] sont prêts à déménager à l’étranger pour le travail».

Enfin, la troisième et dernière enquête sur «la migration des talents marocains» a également été réalisée par un cabinet de recrutement, Rekrute.com, sur 1.880 personnes. Répondant à la question: «Si vous en aviez l’opportunité, iriez-vous travailler à l’étranger?», 91% des interrogés ont donné une réponse positive. Une réponse qui ne confirme pas forcément la décision de partir ou un projet d’émigration. Et à la question: «Dans quel pays iriez-vous?», le Canada arrivait en premier choix avec 37% de réponses, devant la France (25%), l’Allemagne et les États-Unis.

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