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La Chambre des représentants égyptienne a approuvé un projet de loi soumis par le gouvernement pour garantir à l’armée une immunité de toute action judiciaire et lui accorder de larges avantages.

L’armée égyptienne est choyée par son gouvernement. Dorénavant, aucune procédure d'enquête ou action judiciaire contre un officier supérieur de l’armée pour un acte commis pendant la période de perturbation de la Constitution (en référence à l'annonce du coup d'État militaire du 3 juillet 2013) jusqu’au début de l’exercice des fonctions de la Chambre des représentants actuelle sauf avec la permission du Conseil suprême des forces armées. Les dispositions de la loi autorisent le président de la République, Abdel Fattah al-Sissi en l’occurrence, à convoquer des officiers supérieurs dans l'armée pour un service à vie.

La nouvelle loi accorde de larges avantages et indemnités aux hauts responsables militaires, y compris la jouissance de tous les privilèges et droits des ministres ainsi que des immunités spéciales accordées aux chefs et aux membres des missions diplomatiques quand ils seront en déplacement. Le porte-parole de la confrérie des Frères musulmans, Talat Fahmi, considère pour sa part que cette loi n’est en fait qu’«une continuité du coup d’État opéré par l’armée depuis maintenant cinq (5) années, la dépénalisation du crime et une immunisation des criminels». Et d’ajouter dans un entretien accordé à Al Jazeera que cette situation ne peut qu’installer un climat de peur chez le régime.

L'Égypte a été témoin pendant la période spécifiée (5 ans) de graves violations des droits de l'homme qui ont coûté la vie à des milliers d'opposants lors du coup d'État militaire. Ainsi, les groupes de défense des droits de l'homme responsabilisent pleinement l’armée des faits et des massacres qu’a connus le pays. Un sentiment dont est conscient Al-Sissi qui, dans son discours à la télévision du 30 juin et à l’occasion du cinquième anniversaire de l’éviction de Morsi, affirme que «la voie de la vraie réforme est difficile et cruelle et engendre beaucoup de souffrance». Avant d’ajouter : «Mais il n'y a aucun doute sur le fait que la souffrance engendrée par le manque de réformes est bien pire». Depuis l’accession au pouvoir d’Abdel Fattah Al-Sissi, une répression sévère submerge le pays contre toute forme d’opposition et de dissidence (Confrérie des frères musulmans, révolutionnaires de 2011, société civile) ; la lutte antiterroriste étant le prétexte avancée par l’État pour justifier une répression dont il est bien conscient !

La promotion de l’économie pour camoufler la répression

Cela dit, même si l’économie croît à une cadence de 5,4%, accompagnée d’une baisse du chômage ; même avec une chute de l’inflation de 11% en mai et des réserves de change qui ont atteint 44 milliards de dollars, les citoyens se tournent vers Internet pour manifester leur ras-le-bol. D’ailleurs, l'annonce récente de réductions des subventions pour le carburant et l'électricité a poussé les Égyptiens à recourir au seul moyen fiable de dénonciation, à savoir les réseaux sociaux. Le hashtag «#Sisi_leave» a été - récemment - tweeté des centaines de milliers de fois. Selon l’ONG «Arabic Network for Human Rights Information», on a incarcéré au moins 60.000 prisonniers politiques depuis 2013. La Commission égyptienne pour les droits et les libertés a quant à elle recensé plus de
2.800 disparitions forcées entre juillet 2013 et juin 2016 et au moins 44 cas de morts sous la torture entre août 2013 et décembre 2016. Le ministère de l’Intérieur égyptien a lui-même annoncé 12.000 arrestations pour des charges liées au terrorisme dans les dix premiers mois de l’année 2015.

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