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À voir le nombre grandissant des migrants subsahariens au Maroc, on se demande si cela pourrait avoir un côté positif. Selon le Rapport 2018 de la CNUCED, les migrations africaines pourraient stimuler la croissance et transformer positivement la structure de l’économie du continent. Les détails.
 
Le Centre d’information des Nations Unies au Maroc a organisé, le 31 mai à Rabat, une conférence de presse pour le lancement du rapport de la Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement (CNUCED) portant sur «Le développement économique en Afrique 2018 : les migrations au service de la transformation structurelle». 

Au cours de cette conférence, la lumière a été mise sur les conclusions des 163 pages de ce rapport qui constitue, selon le comité de rédaction, un important document de référence pour la définition d’une position africaine, à quelques mois de la conférence intergouvernementale de Marrakech, qui se tiendra en décembre 2018, avec pour ambition d’adopter le Pacte mondial pour des migrations sûres, ordonnées et régulières. 

«Ce rapport traite un certain nombre de mythes qui sont devenus courants dans les discours de tous les jours, et essaie de fournir des faits basés sur des analyses statistiques et économétriques rigoureuses comme nous le faisons à la CNUCED», déclare Lisa Borgatii, économiste à la CNUCED. 

Zoom sur la migration en Afrique

Selon ledit rapport, environ trois quarts des migrants internationaux africains se déplacent au sein de leur propre région, à l’exception de l’Afrique australe et de l’Afrique du Nord. En 2017, 19 millions de migrants internationaux se sont déplacés en Afrique et 17 millions d’Africains ont quitté le continent, cependant cet écart a tendance à se réduire. L’Afrique est aussi une destination migratoire pour 5,5 millions de personnes venues de l’extérieur du continent.

Par ailleurs, le rapport a établi la cartographie des centres de migrations intra et extracontinentaux. En ce qui est de la migration internationale, les principaux centres sont éparpillés à travers le continent : Afrique du Sud, Côte d'Ivoire, Ouganda, Nigeria, Kenya et Libye (tout pays ayant accueilli plus de 750.000 migrants). Les pays d’origine sont, quant à eux, concentrés en Afrique du Nord et en Somalie. Enfin, les destinations en dehors de l’Afrique sont l’Europe, le Moyen-Orient et les Amériques. 
En Afrique du Nord, les migrations extracontinentales sont plus prégnantes. Ceci est dû à sa proximité géographique de l’Europe et du Moyen-Orient, aux liens coloniaux, mais également à des facteurs économiques, notamment le taux élevé de chômage chez les jeunes (plus de 31% en 2018). Le rapport note que 87% des migrants de l’Afrique du Nord vivent à l’extérieur de l’Afrique, dont 3,4 millions d’Égyptiens et 2,9 millions de Marocains (dont 2/3 en France). 

Les mythes de la migration 

«Une bonne partie du discours public, particulièrement en ce qui concerne les migrations internationales africaines, est pleine d’idées fausses qui alimentent une représentation conflictuelle, trompeuse et nuisible de la réalité», souligne Mukhisa Kituyi, secrétaire général de la CNUCED.

Relever ces mythes et les détruire étant son objectif, le rapport 2018 de la CNUCED s’est basé sur une méthodologie innovante s’articulant essentiellement sur une narration africaine et humaniste de la migration, une analyse qui tient compte de la dimension genre, une utilisation de bases de données mondiales, d’enquêtes ménages et de données sectorielles, et enfin sur des résultats fondés sur des analyses statistiques, économétriques et quantitatives. 

Ainsi, ledit rapport relève un certain nombre de mythes et les confronte à des faits. Par exemple, on dit souvent que des millions d’Africains quittent le continent pour l’Europe, le rapport l’infirme et montre que la migration internationale africaine est principalement intracontinentale. On dit également que les immigrés tirent les salaires vers le bas. Selon la CNUCED, les migrants contribuent à stimuler la transformation du continent, notamment à travers l’élargissement de l’assiette fiscale et la hausse de la productivité. Les immigrés mettent la pression sur les dépenses publiques est une autre croyance, laquelle est contredite par les auteurs du rapport, pour qui la migration booste le commerce international et stimule l’économie aussi bien dans les pays d’origine que dans les pays de destination.

Les efforts du Maroc salués 

L’experte onusienne en économie a mis en avant la stratégie nationale d’immigration et d’asile adoptée par le Maroc. «Le royaume du Maroc est considéré comme un exemple à suivre par les autres pays». Et d’ajouter que «dans le cadre du processus préparatoire du pacte mondial pour des migrations sûres, ordonnées et régulières, l’Union africaine a confié au roi Mohammed VI le mandat de leader de l’UA sur la question de la Migration». 
Pour sa part, Ahmed Skim, directeur des Affaires de la migration au ministère délégué chargé des Marocains résidant à l'étranger et des affaires de la Migration, tout en passant en revue les réformes entreprises et les progrès accomplis depuis 2013 en matière de politique migratoire, conduite sous l'impulsion du roi Mohammed VI, avec comme but d'assurer une meilleure gestion des flux migratoires et une meilleure intégration des migrants et réfugiés, a indiqué que la politique migratoire du Maroc s'inscrit dans un cadre plus large de la réaffirmation de l'arrimage du royaume au sein de la famille africaine et de sa réintégration au sein de l'UA.
 
 

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