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La Tunisie est entrée dans une phase de turbulences sociales depuis la fin du week-end dernier. Dans plusieurs villes du pays et dans certains quartiers de la capitale, Tunis. En effet, des heurts ont opposé manifestants et forces de l’ordre pour la deuxième journée consécutive. Un homme a été tué lundi à Tebourba, à une cinquantaine de kilomètres de la capitale, en marge d’un rassemblement contre la vie chère, alors que grandit une grogne générale contre le budget d’austérité adopté fin 2017. Les manifestations, émaillées dans certains cas de scènes de pillage de magasins, surviennent dans un contexte social dégradé, où le rebond de l’inflation (6,4% en glissement annuel) ajoute aux effets délétères d’un taux de chômage de 15% (30% pour la catégorie des jeunes diplômés de l’enseignement supérieur).

Sept ans après la révolution de 2011, qui avait renversé la dictature de Zine El-Abidine Ben Ali, la stagnation socio-économique est l’envers du décor d’une transition démocratique qui avait valu à la Tunisie un certain prestige à l’étranger. L’agitation sociale, notamment dans les régions de l’intérieur défavorisées par rapport au littoral, est récurrente, comme l’avaient illustré les poussées de fièvre de janvier 2016 ou du printemps 2017. La rapidité de la contagion de ces derniers jours présente toutefois un caractère nouveau. Les troubles ont touché quasiment simultanément des quartiers de Tunis et des localités proches de la capitale ainsi que des gouvernorats de l’intérieur (Kasserine, Sidi Bouzid, Gafsa) et même des villes du littoral (Gabès, Nabeul). La police a procédé à plusieurs dizaines d’arrestations. Ainsi, près de 200 personnes ont été arrêtées dans la nuit de mardi à mercredi.

Ces secousses mettent rudement sous pression le gouvernement de Youssef Chahed, nommé en août 2016, dont la marge de manœuvre s’avère limitée. Sur le plan politique, le premier ministre n’est que mollement soutenu par son parti (Nidaa Tounes), la formation «moderniste» alliée aux islamistes d’Ennahda dans la coalition gouvernementale. Chahed, placé à la tête du gouvernement par le chef de l’État, Béji Caïd Essebsi, a irrité nombre de ses amis en raison des ambitions présidentielles qui lui sont prêtées. En quête de nouveaux soutiens, le chef du gouvernement a noué une relation de travail privilégiée avec l’Union générale du travail tunisien (UGTT), le principal syndicat du pays. Ce lien ne lui est toutefois guère utile pour apaiser l’actuelle tension sociale, car nombre de protestataires ne sont affiliés à aucune organisation syndicale ni partisane. La perspective des élections municipales prévues en mai, premier scrutin local depuis 2011, devrait ajouter à la volatilité du paysage politique en attisant de nouvelles concurrences, y compris au sein de la coalition gouvernementale.

En dehors des raisons politiques, c’est sur le terrain économique et social que le chef du gouvernement est attendu car les indicateurs financiers sont dans le rouge. Alors que dérivent le déficit budgétaire (6,1% du PIB) et la dette publique, qui frôle les 70% du PIB, le gouvernement s’est résolu à aggraver la ponction fiscale, en particulier en relevant la TVA. Ajouté à l’inflation nourrie par la dépréciation du dinar, qui a perdu le quart de sa valeur par rapport à l’Euro en deux ans, ce relèvement de la fiscalité indirecte s’est révélé socialement périlleux en pesant lourdement sur le pouvoir d’achat.

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