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Les actes et incidents islamophobes se sont multipliés depuis les tragiques attentats de Barcelone et Cambrils. Les Marocains d’Espagne font part de leur inquiétude face à cette  situation. Témoignages...

La communauté marocaine établie en Espagne tremble en silence. Mercredi dernier, une nouvelle attaque a touché la communauté musulmane, en grande partie marocaine. Selon la police locale de Madrid, trois jeunes hommes ont roué de coups et insulté une jeune musulmane portant le voile, à la sortie d’une station de métro. La jeune femme âgée de 38 ans, prise d’une crise de panique, a dû être transférée vers l’hôpital. Une enquête est ouverte, confiée au département de la Gestion de la diversité au sein de la police locale. Depuis les tragiques événements de Barcelone, la communauté musulmane a été prompte à rejeter ces meurtrières attaques. Les sit-in de dénonciation et d’appui aux victimes se sont multipliés dans les principales villes accueillant ce collectif.

Toutefois, les parents marocains redoutent des accrochages à la rentrée des classes. Certes, la loi espagnole punit sévèrement ces actes et le code pénal espagnol prévoit des peines allant jusqu’à quatre ans de prison dans les délits de haine. Toutefois, cela n’empêche pas le discours islamophobe de proliférer.

Le mouvement néonazi Hogar social, ayant mené dans un passé récent, des attaques contre des lieux de culte musulmans, a trouvé dans ces attentats terroristes son pain bénit. Au total, quatre attaques à des lieux de culte musulmans ont été enregistrées dans différentes villes espagnoles depuis le macabre attentat. Des inscriptions islamophobes sur des commerces tenus par des musulmans, ainsi que deux attaques contre des jeunes musulmans ont été signalées. Les associations et ONG luttant contre la discrimination ont alerté à propos de cette montée en puissance de la vague islamophobe à l’adresse des musulmans et des Marocains. Nadia, 45 ans, une Marocaine originaire de Tétouan et travaillant comme aide-ménagère à domicile auprès des foyers espagnols, reconnaît qu'à chaque fois qu’un attentat frappe, elle ôte son voile quand elle emprunte les transports publics. «Je ne peux plus supporter les regards accusateurs, mais je comprends cette méfiance. Depuis les attentats de Paris, je préfère me faire petite et passer inaperçue car je veux rentrer le soir chez moi et ramener de quoi manger à mes enfants. Déjà que c’est la galère pour se faire embaucher, imaginez alors la situation avec ce qui se passe maintenant», reconnaît-elle. De son côté, Kenza, jeune maman marocaine établie à Barcelone, n’arrive toujours pas à assimiler ce qui s’est passé. «J’ai de la peine pour ces jeunes qui n’ont pas su tirer profit de cette opportunité qui leur a été offerte, en matière d’éducation, d’épanouissement culturel, d’accès à la santé, etc.», déplore-t-elle. Se sent-elle intimidée depuis les attentats ? «En tant que résidente en Catalogne, ma famille et moi sommes affectés émotionnellement par cette tragédie, mais dans la rue, je ne sens aucune discrimination. Toutefois, il est sûr que l’embarras se lit sur le visage des femmes voilées, ce qui les convertit en proies faciles aux fascistes et haineux. J’ai de la peine pour elles», admet-elle. En effet, étant plus faciles à cataloguer comme musulmanes, les femmes portant un voile sont dans la ligne de mire des islamophobes.

À cet effet, des associations ont diffusé des messages sur le comportement à adopter pour venir en aide à une musulmane molestée à cause de sa confession religieuse. Omar, 39 ans, jeune cadre dans une multinationale basée à Barcelone, est convaincu que ces attaques perpétrées par les terroristes de Ripoll affecteront la cohabitation, jusque-là pacifique, entre la communauté marocaine et le reste de la société espagnole. «Les plus touchées seront les personnes à la recherche d’un emploi, surtout dans les rangs de la main-d’œuvre peu qualifiée et aussi au moment de la recherche d’un logement». Cet avis est partagé par Tarik, jeune médecin exerçant dans un hôpital public dans la région madrilène. Le praticien établi depuis vingt ans en Espagne, estime que les temps vont être durs pour la communauté musulmane dans les prochains jours. «Il va falloir beaucoup de temps pour redorer cette mauvaise image véhiculée par les Marocains présents en Espagne». Tarik reconnaît qu’au fil de ses discussions avec ses collègues, ceux-ci font part de leur lassitude du comportement des musulmans, jugés inadaptés. «Nous sommes comparés aux gitans qui sont une communauté bannie en Espagne. Pour la grande majorité des Espagnols, les musulmans et particulièrement les Marocains n’apportent aucune valeur ajoutée à la société marocaine hormis la prolifération des naissances et l’usage abusive des aides sociales», se lamente ce praticien. «Je pense que le grand problème des Marocains présents en Espagne est l’éducation au sein de la famille. J’accuse les parents d’avoir manqué à leur devoir d’éduquer leurs enfants et de leur inculquer nos vraies valeurs», conclut-il.

Que font les associations  de MRE  ?
Contrairement au reste des pays européens, sur le sol ibérique, les associations d’encadrement des résidents marocains brillent par leur inefficacité, s’accordent à diagnostiquer les observateurs. Certes, elles sont nombreuses à avoir pignon sur rue, mais en réalité, il s’agit de coquilles vides. Par exemple, certaines mères d’enfants marocains qui fréquentent les écoles espagnoles parlent à peine la langue du pays d’accueil et rien n’est fait pour remédier à cette situation de la part des associations marocaines recevant des aides de l’État espagnol. En ce qui les concerne, les autorités marocaines financent des projets menés par des associations basées en Espagne, mais qu’en est-il du rendement de ces dernières ?

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