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Maroc

Les médecins ophtalmologues du Maroc, regroupés au sein du Syndicat national des ophtalmologistes libéraux du Maroc (SNOLM), ont tenu lundi une conférence de presse dans laquelle ils ont donné des éclaircissements sur le « conflit » qui les oppose actuellement à certains opticiens. Les ophtalmologues appellent à préserver l’actuel article 6 du projet de loi 45-13, tel qu’il a été amendé le 4 juin 2019, par la Chambre des conseillers sur proposition du ministère de la Santé. Ils expriment leur appui à la version actuelle du texte et appellent les parlementaires à ne pas céder aux pressions du lobby de l’industrie du verre qui poussent vers un retour à la version initiale de cet article 6, ayant octroyé à tort aux opticiens le droit de pratiquer la réfraction (mesure de la vue) et l’adaptation en lentilles de contact, tout en vendant des lunettes et des lentilles de contact aux patients.
La combinaison de la prescription optique médicale et de la vente des lunettes constitue un conflit d’intérêts manifeste, viole les dispositions d’exercice légal de la médecine et expose la santé des patients à des risques majeurs. Si elle venait à être adoptée par le Parlement, elle constituerait un précédent dangereux qui légaliserait un exercice illégal de la médecine et aggraverait encore plus la situation d’anarchie dans laquelle se trouve le secteur de l’optique-lunetterie dominé par l’informel en reliant une profession médicale cadrée par la loi et la science à une activité commerciale avec toutes les conséquences désastreuses sur la santé des citoyens.
Les ophtalmologues du Maroc, précisent que les professions de médecin-ophtalmologue et d’opticien-lunetier sont complémentaires. Le médecin-ophtalmologue établit une prescription optique au patient en lunettes, ou en lentilles de contact à l’issue d’une consultation médicale rigoureuse où, lorsque cela s’avère nécessaire, il aura utilisé des substances médicamenteuses sous forme de collyres (réservés à l’usage hospitalier et médical strict) et éliminé le risque de présence de maladies silencieuses qui affecte l’œil comme le diabète. La prescription de l'ophtalmologue est alors exécutée par l’opticien-lunetier, seul habilité à vendre ces équipements en sa qualité de commerçant doté d’un registre de commerce.
En lançant cet appel à maintenir l’article 6 dans sa version amendée par la Chambre des conseillers, interdisant aux opticiens la prescription optique, les ophtalmologues rappellent que les dispositions légales, professionnelles, médicales et éthiques appuient leur position.
Ils rappellent que la réfraction (mesure de la vue) est un acte médical, qui relève de leur champ de compétences en vertu de la loi 131-13, relative à l’exercice de la médecine au Maroc.
Les ophtalmologues alertent sur le conflit d’intérêts manifeste qui existe en autorisant les opticiens à prescrire et à vendre en même temps les lunettes pour la correction de la vue des patients. Ils mettent en garde contre les « examens visuels gratuits » que proposent les opticiens comme argument marketing afin de vendre des lunettes.
Ces « examens visuels dispensés par des opticiens », ne permettent pas de dépister les maladies silencieuses comme le glaucome, la rétinopathie diabétique, la DMLA, les œdèmes papillaires secondaires à des tumeurs cérébrales, les déchirures et décollements de rétine, les tumeurs oculaires, les uvéites et les kératocônes. Ces maladies peuvent dans certains cas évoluer à bruit bas, même en cas d’une acuité visuelle de 10/10 avant que la vue ne chute rapidement menant à une malvision profonde ou une cécité irréversible.
Au Maroc, les chiffres du ministère de la Santé attestent que 14.3% des cas de cécités irréversibles sont liés au glaucome, maladie silencieuse par excellence, et qui toucherait près de 600.000 Marocains. Ceci en fait la priorité nationale numéro 1 en matière de santé visuelle après la cataracte. Les études internationales soulignent que 30% des demandes de consultation pour lunettes aboutissent au dépistage d’une pathologie sous-jacente, ce qui place l’ophtalmologue au cœur d’un système de prévention primaire efficace, en particulier pour certaines maladies générales comme le diabète.
Les ophtalmologues du Maroc précisent qu’ils ne sont pas opposés aux opticiens qui sont leurs partenaires. Le rôle de ces derniers est d’exécuter les ordonnances optiques et non d’accomplir les actes de diagnostic et de correction de la vue des patients, mais que le lobby des fabricants de verres met ces derniers en danger.

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