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Maroc

Les pouvoirs publics sont appelés à agir pour assurer au mieux la prise en charge des personnes âgées avant qu’il ne soit trop tard. La généralisation de la couverture sociale et la mise en place des infrastructures nécessaires s’imposent. Le système actuel basé en grande partie sur la solidarité familiale est mis à rude épreuve.

Les chiffres ayant trait à la protection sociale de la population âgée au Maroc sont on ne peut plus alarmants. Uniquement 20% des personnes âgées de plus de 60 ans bénéficiaient en 2017 d’une pension de retraite: 700.000 personnes pour une population de près de 3,5 millions d’individus. Ils seraient ainsi plus de 2,8 millions de personnes âgées de plus de 60 ans à vivre sans pension de retraite. Si rien n’est fait, ce chiffre va considérablement augmenter au cours des prochaines années en raison du processus accéléré de vieillissement de la population lié aux transformations démographiques. Les projections devraient interpeller les pouvoirs publics. En effet, la part des personnes âgées de 60 ans et plus devrait passer de 10% de l’ensemble de la population marocaine en 2018 à 15% en 2030 (plus de 6 millions de personnes) et 20% en 2040 (8,1 millions d’individus). En 2050, près d’un Marocain sur quatre aura plus de 60 ans soit un peu plus de 10 millions de personnes. Les défis de la prise en charge de cette tranche de la population sont ainsi de taille, comme l’ont souligné l’ensemble des intervenants au forum CDG prévoyance sur le thème «notre rapport à notre retraite et à nos aînés». Aujourd’hui, l’enjeu ne devrait pas porter uniquement sur comment assurer la viabilité des différents systèmes de retraite mais surtout comment créer un système qui englobe toute la population. Les jeunes devraient être sensibilisés sur la nécessité de réfléchir à la préparation de leur retraite dès le démarrage de leur activité professionnelle, ce qui permettra d’élargir la base de la couverture sociale. C’est un élément- clé pour réussir la solidarité collective. Néanmoins, ce défine pourra être totalement relevé qu’en mettant en place nombre de préalables. Il s’agit en premier lieu de mettre fin à la faiblesse du taux d’activité au Maroc, comme le relève le président du Conseil économique, social et environnemental, Ahmed Réda Chami. Il faut aussi penser à l’accélération de la réforme législative pour inclure toutes les catégories professionnelles. Le chantier de l’extension de la couverture sociale aux travailleurs indépendants accuse un retard abyssal. Certes, les premiers bénéficiaires seront annoncés avant la fin de cette année, à en croire les engagements gouvernementaux mais il faudra patienter de nombreuses années avant d’inclure l’ensemble des travailleurs. Or, la déperdition du temps pourrait porter une estocade à l’intégralité du système. Hassan Boubrik, président de l’autorité de contrôle des assurances et de la prévoyance sociale (ACAPS) met en garde contre tout retard. Il appelle à poser les bonnes questions et à mettre en place l’infrastructure nécessaire avant qu’il ne soit trop tard : Il faut, à titre d’exemple, lancer le débat sur la part de l’effort individuel (régime complémentaire) et celle du système collectif ; prendre en considération l’augmentation des dépenses maladies et engager des investissements lourds au cours des prochaines années pour limiter la dépendance des personnes âgées et les prendre en charge.

Mettre en place des maisons de retraite ?
Abdellatif Zaghnoun, directeur général de la CDG rappelle le discours de feu Hasan II : «le jour où l’on ouvrira la première maison de retraite au Maroc, notre société sera en voie de disparition». Il signale, par ailleurs, que face aux nombreux changements démographiques et à plusieurs autres facteurs, la solidarité familiale est désormais mise à rude épreuve. Il faudra ainsi prendre en considération tous les paramètres pour mettre en oeuvre des mesures durables et viables et éviter d’agir dans la précipitation. Le président du CESE se dit pour la construction de maisons de retraite dans le milieu urbain. À cela s’ajoute la nécessité d’instaurer un revenu minimum de la pension de retraite car la famille ne joue plus le rôle qu’elle jouait auparavant. Le gouvernement gagnerait à prendre en considération les recommandations émanant des organismes nationaux et internationaux pour améliorer la prise en charge des personnes âgées. Le CESE, rappelons- le, a déjà tiré la sonnette d’alarme considérant que la situation des personnes âgées est préoccupante car leurs droits sont peu effectifs et qu’ils sont victimes de discriminations multiples. Le conseil a émis nombre de recommandations pour que tous les acteurs concernés, départements ministériels, Conseil national des droits de l’homme, société civile organisée, syndicats, employeurs, puissent agir de manière coordonnée et concertée aux niveaux central et régional dans le cadre d’une démarche globale et intégrée. Il s’agit notamment de la nécessité d’élaborer une politique publique intégrée de protection des personnes âgées déclinée aux niveaux central et régional basée sur le respect des droits des personnes âgées et le respect de leur dignité à travers, entre autres, l’amélioration de la protection sociale des personnes âgées et prioritairement de celles en situation de dépendance et ou de vulnérabilité

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