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À défaut de convaincre les mineurs marocains migrants à rentrer chez eux, les autorités espagnoles déclarent la guerre aux mafias spécialisées dans la migration illégale des mineurs.

L’étau se resserre autour des mafias qui se risquent à l’introduction des mineurs marocains en Espagne. Une importante opération a été menée durant le week-end dernier dans plusieurs localités espagnoles, contre les passeurs des jeunes migrants. Ce coup de filet spectaculaire s’est soldé par l’arrestation de 16 Marocains impliqués dans ce trafic et appartenant à quatre différents réseaux mafieux de passeurs de jeunes migrants. C’est à travers ces mafias que les arrivées des mineurs ont connu un boom sans précédent en 2018. Le recours aux jets skis pour le transport des mineurs vers les côtes espagnoles, un moyen de transport estimé plus sûr que les pateras, a fait bondir le nombre des arrivées des jeunes migrants. Or, le prix de cette traversée, pouvant attendre jusqu’à 6.000 euros, n’est pas à la portée de toutes les bourses. D’où l’empressement des mafias à encourager les jeunes mineurs à se cacher sous les camions ou les autobus traversant la frontière vers l’Espagne. Une entre étranprise non sans danger : plusieurs pertes humaines ont été déplorées à cause de ces funestes méthodes. Il faut dire que ces organisations s’activaient sur plusieurs fronts. Outre les méthodes précitées, les passeurs n’hésitaient pas à fournir du matériel de fortune aux jeunes candidats à l’immigration irrégulière pour tenter la traversée du Détroit.

Les secours maritimes espagnols ont, à maintes occasions, diffusé des images de jeunes migrants déboussolés, durant leur tentative de traverser le détroit à bord de bouées gonflables ou de canots pneumatiques. Une fois arrivés, les mineurs sont «pris en charge» par ce réseau mafieux qui exigeait une somme allant de 600 à 800 euros aux familles des nouveaux arrivants. Les mafias disposaient de logements clandestins dans les villes de Cadix et Séville où les adolescents étaient confinés en attendant le paiement de leur famille. Une fois celui-ci effectué, les jeunes migrants étaient transférés vers Bilbao, Valence ou Barcelone. C’est surtout la capitale basque qui était la plus sollicitée par les familles. Il semblerait que les avantages offerts aux enfants migrants et les opportunités miroités aux jeunes seraient derrière cet engouement pour un transfert vers cette prospère région du nord espagnol. Cependant, ce business est devenu si lucratif que de nombreux réseaux ont vu le jour autour de ce filon. C’est le cas de cette organisation tombée dans les filets de la police à Séville. Celle-ci encourageait les mineurs marocains placés dans des centres andalous, à déserter les lieux vers d’autres régions espagnoles. La fugue, en 2018, d’environ 253 mineurs d’un centre sévillan a mis la puce à l’oreille des enquêteurs espagnols. Ce n’est pas la première opération du genre relative au trafic des jeunes migrants. À la mi-mai, une autre opération policière s’est soldée par l’arrestation de 11 individus spécialisés dans ce trafic illicite. Environ 3.000 mineurs marocains sont arrivés en Espagne en 2018 selon Frontex, l’agence européenne de garde-frontières et de garde-côtes.