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Maroc

La semaine dernière, la grippe porcine (H1N1) a fait plus d'une dizaine de victimes au Maroc. La panique était générale chez les citoyens. Reportage dans un hôpital de Casablanca.

Vendredi dernier, les services d'urgence de l’Hôpital régional Moulay Youssef à Casablanca affichaient complet.

À l’entrée de ce service, un agent de sécurité ne semble pas atteint par le climat de panique qui règne dans tous le royaume. Il se prépare, sereinement et avec beaucoup d'assurance, une «kala» (drogue douce à base de feuilles de kif). Devant lui, des patients confus et inquiets. Dans la salle d’attente, l'odeur d’eau de javel pique les yeux comme pour convaincre qu'ici, l'hygiène est impeccable. L’agent de sécurité est «maître des lieux». Il gronde et "trie" les patients de cette matinée. Une scène bien connue des habitués des structures de soins publics au Maroc ! Pourtant, cette journée est loin d’être ordinaire. L'heure est à la mobilisation pour les équipes du ministère de la Santé, et cette situation s'amplifie à mesure que de nouveaux cas de grippe A sont détectés.

À l'hôpital Moulay Youssef, des dispositions ont été prises pour limiter l’accès à ce service névralgique. Le personnel du service des Urgences porte bavettes et gants pour se protéger. Dans les bureaux de la direction de l’hôpital, le personnel vient demander des nouvelles à propos de la vaccination. La directrice de cet hôpital régional enchaîne les réunions. Elle refuse de parler à la presse et nous renvoie vers la direction régionale située à quelques mètres de l’hôpital.

Dr Mohscine El Graoui est le directeur régional par intérim de la Santé à Casablanca-Settat. Avec ses équipes, ils allaient démarrer cette matinée du vendredi les actions de sensibilisation dans les écoles. «Nous allions commencer avec le groupe Charles Peguy, une école privée ayant enregistré un cas de grippe A. La visite a été annulée à la dernière minute, l’établissement est fermé», affirme-t-il.

Dr El Graoui se veut rassurant: «depuis l'épidémie de 2009, nous avons acquis une expertise dans la gestion de ce type de crises. Nous appelons les citoyens à se montrer aussi vigilants et à mieux se protéger».

Déjà, le service d’isolement utilisé lors de l’Ebola a été ré-ouvert et son équipement est déjà préparé. 

Quid du département de l'Education nationale ? Alors que la majorité des cas enregistrés ont été annoncés par des établissements scolaires, le ministère de tutelle opte pour l’attentisme.

Contacté par Les Inspirations ÉCO, une source autorisée au MEN déclarait que «jusqu’à présent (vendredi 1e février), aucune mesure particulière n’a été prise».

Et d’ajouter : «Le dispositif d’intervention ne sera opérationnel que si les autorités sanitaires jugent cela nécessaire. Nous coordonnons avec la Santé».

Du côté de l’Organisation mondiale de la santé au Maroc, on nous renvoie vers les informations génériques sur la grippe. Message principal : prévention pour les personnes à risque. 


Hicham Afif
Directeur du CHU de Casablanca

«La veille oui, la panique non»

Le CHU dispose-t-il d’assez de moyens pour gérer cette crise sanitaire ?
Au début de chaque saison froide, nous nous préparons à recevoir un nombre plus important de patients atteints de maladies infectieuses, notamment la grippe chez les enfants. Certains cas transitent et peuvent transiter pas la réanimation, surtout les personnes atteintes de maladies chroniques.

Quelles sont les spécificités de la grippe de cette saison ?
Depuis 2009, le virus de la grippe a muté avec une fréquente de grippe A plus importante. 70% des prélèvements sont de la souche A H1N1. Des décès suite à une grippe ne sont pas inhabituels. 200 à 500.000 personnes décèdent suite aux conséquences de la grippe dans le monde mais il ne faut pas céder à la panique. La veille oui, la panique non. Nous continuons à mesurer l’évolution des infections et des cas et nous sommes prêts à donner l’alerte. Ceal dit, chaque année, nous vaccinons le personnel. L’affluence n’est pas très importante. On ne fait pas exception dans le monde.

Le CHU dispose-t-il d’assez de masques et matériaux de protection ?
Oui, ainsi que de la solution hydrau-alcoolique. Il demeure que la meilleure protection, c’est le vaccin.

Face à cette crise sanitaire, est-ce que le paiement des soins est toujours exigé dans le CHU ?
Toutes les personnes qui se présentent au niveau des Urgences du CHU sont soignées. Par la suite, nous procédons à l’identification du mode de paiement de cette prestation : RAMED, mutuelles publiques ou privées. 

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