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Nous sommes au 17e siècle, le royaume du Maroc est au sommet de sa puissance, et comme chaque état puissant, le royaume a des ennemis et des alliés, tout aussi puissants. Pour améliorer les relations avec la puissante couronne d'Angleterre, le sultan Moulay Ismaël envoie le diplomate Mohamed Ben Haddou, qui ne passera qu'une courte période de temps à la cour du roi Charles II mais sa visite a profondément marqué les esprits anglais de l'époque.

 Issu, du côté de son père, d’une famille de Safi, et d’une mère anglaise selon l’écrivain, John Evelyn qui fut son contemporain, Son affectation diplomatique avait pour but de régler les grands problèmes qui subsistaient entre le Maroc et l’Angleterre, en particulier la présence militaire britannique à Tanger, la négociation d’une éventuelle évacuation. L’échange de prisonniers, la fourniture en armes et l’établissement d’échanges commerciaux.
Il arriva en Angleterre le 29 décembre 1681 et partit le 23 juillet 1682. Sa visite, bien qu’elle ne dura que six mois, son charisme avait fait que son séjour en Angleterre, fut l’événement le plus important de l’époque. Elle fut vivement commentée, le London Gazette publiait quotidiennement des articles concernant ses activités et ses échanges aussi bien avec les officiels qu’avec les citoyens anglais, et faisait même l'objet de poèmes occasionnels.


Linguiste, il maîtrise aussi bien le français que l’anglais, l’ascendance européenne de sa mère joua probablement un rôle dans la maîtrise de ces langues ainsi que dans sa connaissance des us et coutumes européens.Son érudition ne s’arrêtait pas à la maîtrise des langues, puisqu’il fut aussi homme de sciences. Il était le premier Marocain à devenir membre de la Royal Society of Britain, la plus haute institution scientifique en Angleterre, ce qui le poussa à donner quelques conférences, même pour une période limitée de six mois. Il a visité, entre autres, les universités Oxford et Cambridge, rencontrant et échangeant avec leurs doyens.


Son habileté politique fut visible depuis sa visite inaugurale à Tanger, occupée à l'époque, et sa rencontre avec le gouverneur militaire britannique, le colonel Kirk, auquel il fit bonne impression, comme il fit plus tard avec d’autres grandes personnalités britanniques de l’époque, gagnant ainsi le respect de la duchesse de Portsmouth, l’amante française du roi Charles II, puis sa réception par Lord Berkeley, en présence de l'ambassadeur de Russie et de l'ambassadeur de l'Inde. Ben Haddou avait également des théâtres et des expositions culturelles et consacrant ainsi une politique d'ouverture culturelle.


L’écrivain John Evelyn a dit de lui qu'il était "la mode de la saison", et l'a décrit comme étant "une belle personne, bien caractérisée et au regard sage, subtile et extrêmement civilisée". Au théâtre, l'ambassadeur se comportait "avec une extrême modestie et gravité". 
Sa visite fut conclue par une grande cérémonie d’adieu, marquant la consolidation des relations diplomatiques. Le roi Charles II a mis à sa disposition, pour son retour, une escorte et un navire de guerre britannique appelé "Loich" chargé de précieux cadeaux royaux, dont un véhicule royal et 170 prisonniers musulmans libérés. Ainsi que 100 fusils et 16 tonneaux de poudre à canon, la mission diplomatique fut donc un vif succès, et le gentleman marocain eut une forte empreinte sur la politique étrangère à l'époque.

Les Sociniens d’Angleterre (courant chrétien qui rejette la trinité) ont remis Mohamed Ben Haddou des lettres à Moulay Ismail dans lesquelles ils louaient Dieu d'avoir "préservé votre empereur et son peuple de l'excellente connaissance de cette vérité qui concerne votre croyance en un Dieu souverain, qui n’est pas une pluralité de personnes ", et louant "Muhammad "pour être " un fléau sur ces chrétiens qui idolâtrent ".Mohamed Ben Haddou est rentré au Maroc avec un projet de traité de paix et de commerce qui n'a finalement pas été ratifié par Moulay Ismail, en raison de problèmes en suspens concernant la présence militaire anglaise à Tanger et les captifs anglais au Maroc. Toutefois, grâce à lui, ont débuté 40 ans d’une alliance anglo-marocaine, bien que changeante au grès des conflits européens, et aux questions commerciales.

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