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Sans la mise en place d’une véritable justice sociale et l’instauration des règles de démocratie à tous les niveaux, la crise de médiation et de confiance dans les institutions demeurera posée. Les partis politiques et les syndicats ne sont pas les seuls concernés par cette question. Les pouvoirs publics doivent faire émerger toutes les institutions stipulées par la loi fondamentale.

La crise de confiance dans les institutions, dont celles chargées de la médiation, est avérée. Certes, cette crise touche à des degrés différents d’autres pays, même les plus avancés. Mais les causes ne sont pas les mêmes, ni, d’ailleurs, les conséquences car le contexte est différent, notamment au Maroc qui est plus que jamais appelé à mettre en place de nouveaux mécanismes pour restaurer l’image écornée des institutions, et pouvoir ainsi faire renaître la confiance perdue. Ce sujet, qui est sur le devant la scène depuis des années, nécessite une réflexion profonde pour sortir certaines institutions de leur léthargie et leur permettre de jouer leur rôle, notamment en matière de représentation et d’encadrement des citoyens.

Aujourd’hui plus que jamais, le besoin se fait ressentir de créer un système unifié, complémentaire et efficace de la médiation dans les différentes dimensions (politique, social, culturel, identitaire…), comme l’a si bien souligné le président de la chambre des Conseillers, Hakim Benchemmach, lors d’une rencontre organisée hier au Parlement sur le thème «La démocratie et les questions de médiation». Le constat est presque unanime quant à l’atrophie du rôle des institutions, notamment les partis politiques et les syndicats. Une situation qui risque fortement de nuire à la stabilité et à la paix sociale, d’autant plus que les mouvements de protestation ne sont pas encadrés et sont, de ce fait, difficiles à gérer. Il s’avère nécessaire de s’adapter à la nouvelle dynamique en permettant aux leaders d’opinion civils des mouvements de protestation d’accéder à la position institutionnelle adéquate qui leur permet de continuer à jouer leur rôle d’influence et d’encadrement positif. C’est l’une des pistes proposées par Benchemmach. Mais encore faut-il redorer le blason des institutions et mettre en place les véritables règles de démocratie et d’accès aux instances décisionnelles. La remise en question et l’évaluation s’imposent pour toutes les parties concernées. Mais il est un constat indéniable: sans la mise en place de la justice sociale, la garantie des droits de l’Homme et l’instauration des mécanismes effectifs de la démocratie, dont l’indépendance des institutions, il sera impossible de mettre fin à la crise de confiance dans celles-ci, dont les partis politiques, toujours les premiers à être pointés du doigt alors qu’ils sont des rouages vitaux dans l'exercice de la démocratie. Ils doivent ainsi trouver des solutions pour restituer leur rôle de médiation entre l’État et la société. Si cet objectif est atteint, la mission de représentation du Parlement sera boostée comme escompté.

Dans le contexte actuel, le besoin d’un nouveau modèle politique se fait sentir en vue d’inclure les citoyens et prendre en considération les nouvelles attentes de la société. Ce n’est pas uniquement la mission des partis politiques et des syndicats, qui sont aussi en perte de vitesse, mais une grande responsabilité incombe aussi aux pouvoirs publics pour faire émergerr toutes les instances de gouvernance et de médiation prévues par la loi fondamentale et renouveler les structures de celles qui existent déjà. Il faut dire que même les institutions à caractère consultatif pourraient jouer un rôle important, à condition que leurs recommandations soient écoutées par les décideurs et mises sur les rails. 


Mustapha Ramid
Ministre d’État chargé des Droits de l’Homme
La Constitution marocaine constitue un cadre juridique pour les mécanismes de médiation. Il faut une ferme volonté pour que les institutions de médiation ne soient pas des coquilles vides et qu'elle accomplissement d’importantes missions.

Mohamed Sebbar
Secrétaire général du CNDH
La médiation ne peut atteindre l’objectif de l’enracinement d’une culture du changement stratégique sans la reconnaissance des valeurs des droits de l’Homme dans leur universalité, notamment la liberté, la dignité, la justice, le droit à la différence…


Besoin d’une étude approfondie ?

La crise de confiance dans les institutions, malgré l’existence d’hypothèses la confirmant, n’a pas encore fait l’objet d’études documentées, selon Hakim Benchemmach, hormis un rapport de l’Institut royal des études stratégiques entre 2009 et 2012 sur la cohésion sociale au Maroc. Cette étude de l’IRES souligne que la confiance institutionnelle est très réduite, notamment à l’égard de certaines institutions: «La méfiance est telle que le lien politique se trouve dans un état préoccupant pour le vivre-ensemble. Même s’il existe certaines institutions pour lesquelles le niveau de confiance institutionnelle est relativement fort, l’engagement civique et citoyen, l’intérêt et l’implication dans les affaires publiques sont à un niveau très faible… Parmi les institutions d’intermédiation, le niveau de confiance accordé aux organisations de défense des droits de l’Homme contraste fortement avec la méfiance exprimée à l’égard des syndicats, le Parlement et les partis politiques». En tout cas, même en l’absence d’une enquête approfondie, certains indicateurs sont éloquents, à l'instar du taux d’abstention dans les élections, de même que les très faibles taux d’adhésion des citoyens aux partis politiques et aux syndicats.

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