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Le chef de gouvernement a jusqu’à fin novembre pour débloquer la situation et revoir son offre afin de l’introduire dans le PLF 2019. Les syndicats durcissent le bras de fer et acculent El Othmani dans ses derniers retranchements.

Les syndicats mènent la vie dure au chef de gouvernement qui se retrouve entre le marteau (limites budgétaires) et l’enclume (nécessité de réussir le dialogue social). La réunion avec les syndicats représentatifs, vendredi dernier, a été un fiasco. Hormis l’UNMT, proche du PJD, qui s’attend toujours à une offre évolutive, les autres centrales ont pointé du doigt la rigidité de l’offre gouvernementale. D’ailleurs, cette réunion  a été marquée par le retrait, avant la fin des échanges, de l’UGTM et de la CDT. Ennaam Mayara, SG de l’UGTM, était pourtant favorable à un dialogue fructueux permettant d'arriver à un consensus. Il n’avait d’ailleurs pas boycotté la première rencontre du début du mois d’octobre. Toutefois, la mauvaise copie du gouvernement pour améliorer la situation des masses laborieuses a fini par pousser l’UGTM, à l'instar de la CDT, à adopter une position plus ferme. Car contrairement à ce qu’il a annoncé lors du débat télévisé diffusé jeudi dernier El Othmani ne serait pas arrivé à la rencontre, le lendemain, avec de nouvelles propositions, mais avec la simple volonté de poursuivre le dialogue social. Il est mû par les orientations du discours royal qui a insisté sur l’aspect crucial d’un dialogue social réussi. Mais c’est sans compter sur les syndicats qui refusent une offre de colmatage, comme certains la qualifient.

En effet, le chef de gouvernement s’accroche à une augmentation de 400 DH pour les fonctionnaires de l’échelle 10, échelon 5 et moins, sur trois tranches jusqu’en 2021 (200 DH janvier prochain, 100 DH en 2020 et 100 DH en janvier 2021). En sont exclus les hauts échelons de l’administration et les salariés du secteur privé. Les syndicats veulent une hausse de 600 DH pour tous, une révision de l’impôt sur le revenu, l’augmentation du SMIG ainsi qu’une meilleure revalorisation des allocations familiales. Pour ces dernières, le chef de gouvernement avait proposé une hausse de 100 DH par enfant sur deux tranches.

D’autres revendications ont aussi été mises en exergue comme l’amendement du statut de certaines catégories de fonctionnaires, sans oublier le vieux engagements inscrits dans l’accord du 26 avril 2011. Gouvernement et syndicats ont jusqu’à la fin du mois pour parvenir à un compromis avant l’adoption finale du projet de loi de Finances 2019. Tout accord après cette date sera «superflu», car il ne pourra être introduit qu'au PLF 2020.  Toutefois, un autre paramètre menace la viabilité du dialogue social, à savoir le boycott annoncé par la plus grande centrale en matière de représentativité, à savoir l’UMT. Ce boycott n’est toutefois pas catégorique. Il est lié au maintien de l’actuelle copie gouvernementale.

Ainsi, toute révision de l’offre d’El Othmani impliquera une reprise du dialogue. L’UNTM pousse activement dans ce sens, le syndicat joue le soutien critique dans la mesure où il a aussi des comptes à rendre à sa base. Pour débloquer la situation et suivre le fil d’Ariane en vue d'une prochaine reprise du dialogue, la décision a été prise de mettre en place une commission technique. Son rôle est de recueillir les propositions des uns et des autres et de les étudier avant de les soumettre à la commission nationale, présidée par le chef de gouvernement. Cette commission aura du pain sur la planche puisqu’elle dispose de moins d’un mois pour rapprocher les points de vue et débloquer la situation.   


Vers le même scénario qu'en 2017 ?

En mars 2018, les syndicats et les salariés et fonctionnaires qu’ils représentent nourrissaient l’espoir d’un dialogue social fructueux. El Othmani avait alors exprimé sa disposition à parvenir à un accord en avril, soit avant le 1er mai, fête du travail. Après le round du dialogue social d'octobre 2017, qui a laissé les centrales sur leur faim (surtout après l'adoption de la loi de Finances 2018, qui ne contenait aucune mesure répondant au cahier revendicatif), El Othmani voulait changer de fusil d’épaule pour institutionnaliser les contacts avec les syndicats et respecter ainsi un agenda précis. Il fallait donner un signal fort pour contenir une tension sociale qui risquait de prendre de l'ampleur si un geste dans le sens de l'ouverture n'était pas effectué. Plus en détail, le chef de l'Exécutif a proposé aux syndicats un dialogue tripartite à travers trois commissions thématiques en vue d’aboutir à un accord s'étalant sur trois ans (2018-2020). Il s'agit de la Commission de l’amélioration des revenus, de la Commission du secteur privé pour examiner les législations du travail et les libertés syndicales et, enfin, de la Commission du secteur public pour examiner les questions liées à l’administration publique.

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