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Taoufik Bouachrine envoie une lettre à son fils à l’occasion de son anniversaire. Regrets, souhaits et pardons, c’est ce que Bouachrine a tenu à partager avec son fils Réda, à l’occasion de son anniversaire. Mis sous les verrous depuis le 23 février dernier pour des affaires de viol et d’agressions sexuelles sur plusieurs femmes, Bouachrine, qui a aussi fêté son propre anniversaire derrière les barreaux (mardi 19 juin), demande à son fils de ne pas être triste le jour de son anniversaire. Il lui demande aussi de lui pardonner son absence qu’il ne peut justifier, le manque de courage pour le recevoir dans sa cellule et l’incapacité de pouvoir lui acheter un cadeau comme d’habitude.

En plus d’y avoir manifesté ses souhaits et regrets de ne pas pouvoir lui procurer la joie par sa présence physique, il y décline aussi dans ladite lettre les raisons de son incarcération et la condition du détenu qu’il est. Ci-dessous la lettre :

 

Mon fils, ne sois pas triste le jour de ton anniversaire

Pardonne-moi mon fils si je suis absent le jour de ton anniversaire

Pardonne-moi si je suis incapable de justifier mon absence

Pardonne-moi, mon fils, si je n’ai même pas le courage de te recevoir dans ma cellule de prison.

Pardonne-moi, mon fils, si je ne t’achète pas un cadeau cette année comme d’habitude, et je ne souffle pas avec toi les sept bougies de ton gâteau, car moi aussi je ne suis qu’une bougie éteinte par le bourreau. 

Pardonne-moi si je suis incapable de te dessiner un cœur brisé du moment que l’Etat m’a tout confisqué  y compris mon courrier de peur qu’il ne devienne un outil de menace de l’ordre public (Liberté d’expression)

Mon fils Réda, pardonne-moi mon absence de la maison depuis quatre mois sans raison acceptable pour toi. En vérité, je n’étais qu’en liberté provisoire et me voilà en prison sans horizon.

Lorsque j’entends ta voix au téléphone, mon cœur est secoué de peur et d’espoir et des dizaines de questions s’accumulent dans mon esprit et demeurent sans réponse. Touefois, la question que tu me poses et qu’aucun père ne peut supporter est celle ci : « Papa, tu reviendras quand à la maison ? tu me manques. »

Mon fils, pardonne-moi si j’ai choisi un métier qui mène directement au danger et dont les risques ne sont assurés par aucune compagnie d’assurance.

Je t’écris en étant appuyé sur le bâton de mon chagrin et en essayant d’empêcher les larmes de couler de mes yeux. Je ne trouve pas les mots pour décrire mes sentiments, moi qui ai écrit dans ma vie des milliers d’articles sans jamais éprouver la difficulté ni voir ma main trembler comme ce jour.

Mon fils Réda, si je suis incapable de venir frapper à la porte de ta chambre, toi par contre, tu es capable de frapper à la porte de mes rêves comme tu as fait la nuit dernière. Alors ne sois pas triste et saches qu’Allah est avec nous. 

Mon fils, ils t’ont arraché à moi sans autre raison que celle de mes opinions ;me voilà maintenant prisonnier sans opinion. Est-ce que cela leur fait plaisir et leur apporte le bonheur ? Est ce que cela va résoudre leurs problèmes avec un peuple qui a décidé de boycotter en silence leurs marchandises parce qu’il a enfin décidé de se libérer de la peur et  ne plus se soumettre à leurs volontés et leurs ordres ?

Mon fils, l’architecte de ce dossier a tiré une balle sur mon cœur et une autre sur ma tête par crainte que je ne menace la sécurité de l’Etat ou viole la virginité de l’autorité.

Ils ne m’ont pas privé seulement de  ma liberté mais aussi de mon droit à un juge, un tribunal, un avocat, des lois et un jugement équitable. En outre, ils ont lâché sur moi leurs chiens enragés en leur ordonnant de salir ma réputation et mon honneur bien avant que le jugement final du tribunal ne soit prononcé. Il y a des chaines de télévision et des journaux imprimés ou numériques qui plantent leurs dents empoisonnées dans ma chair, mais ces médias se sont transformés en prostituées qui vendent leurs marchandises au plus offrant. N’y fais  pas attention, mon fils, car sa matière médiatique ne comporte aucun brin de vérité.

Mon fils, je n’ai pas été surpris par mon arrestation car j’avais toujours le pressentiment qu’un  jour viendrait où leur patience allait atteindre sa limite, car ils ne peuvent supporter ni la parole libre, ni l’opinion libre,  ni un journal libreet indépendant, ni un homme digne et fier !

Mon fils, as-tu vu un Etat qui vient au milieu de la nuit pour fabriquer lâchement des accusations fausses et les coller à une plume qui n’a commis aucun délit.

Même le criminel, lorsqu’il veut assassiner quelqu’un, il lui tire une balle en face à face  et non pas dans le dos, car il a un Code d’honneur à respecter.

 

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