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Certes, l'offre gouvernementale de 6 MMDH a été considérable, mais elle n'a concerné qu'une catégorie de fonctionnaires. Le débat sur le SMIG revient en force dans un contexte marqué par l'amenuisement du pouvoir d'achat.

Deux sujets principaux taraudent désormais le gouvernement: le bilan d'une année d'exercice et le dialogue social avec les centrales syndicales. Les deux sont liés dans la mesure où un bilan ne saurait être défendable sans une offre sociale acceptée par les syndicats et les couches sociales censées en profiter. Or, ce n'est pas encore le cas aujourd'hui, alors que l'on parle d'une proche réunion de Saâd-Eddine El Othmani avec les chefs de la majorité pour boucler son bulletin d'une année. Le chef de gouvernement avait effectivement promis de livrer son bilan quelques jours seulement après le 1er mai. Mais voilà que les syndicats ne lui facilitent pas la tâche. Son offre de 6 MMDH pour améliorer les salaires de certaines catégories de fonctionnaires a été considérée comme élitiste, privilégiant une catégorie de travailleurs au détriment des autres.

Contacté par les Inspirations Éco, Larbi Habchi, de la FDT, a tonné que l'offre gouvernementale est partiale et surtout très faible dans la mesure où elle ne concerne pas les salariés du privé, ni une grande partie des fonctionnaires du public. Cette offre, ajoute le responsable syndical, intervient au moment où le pouvoir d'achat des Marocains s'amenuise suite à des hausses successives des prix. Dans ce contexte, la classe moyenne, censée être le moteur de la demande intérieure, se rétrécit comme peau de chagrin car incapable d'épargner ou de suivre la courbe ascendante de la cherté de la vie.

Comme plusieurs autres syndicalistes, Habchi estime qu'une augmentation des salaires d'un minimum de 600 DH pour toutes les catégories de fonctionnaires est susceptible de compenser uniquement les augmentations de prix des produits de consommation. Même orientation syndicale pour ce qui a trait au SMIG, qui doit être revu à la hausse suivant une concertation tripartite (gouvernement-syndicats-patronat). L'offre gouvernementale n'a pas su non plus faire l'impasse sur l'accord social du 26 avril 2011, que les syndicats n'ont de cesse de ressortir à chaque réunion de dialogue avec le gouvernement. Un accord qui semble toujours d'actualité puisqu'il concerne des éléments revendicatifs essentiels comme l'échelle mobile des salaires, l'indemnisation pour le travail en zones éloignées et montagneuses, la fonction territoriale, etc. Le gouvernement se défend d'avoir déboursé plus de 13 MMDH pour l'application des composantes phares de ce cahier revendicatif, notamment à travers la hausse des salaires dans la fonction publique à deux reprises. Mais il reste encore des points en suspens qui revêtent un caractère plutôt politique. Il s'agit de dispositions qui ne nécessitent pas forcément de budget, mais simplement un effort législatif. Le blocage continue, même après des cadeaux sociaux comme l'augmentation de 100 DH des allocations familiales ou la hausse des aides dans le cadre du Fonds de cohésion sociale allant jusqu'à 1.400 DH. Il semblerait que les syndicats veulent soutirer une mesure qui puisse avoir un impact considérable sur le moral des travailleurs et, par la même occasion, renforcer leur pouvoir de plaidoyer et leur image auprès des adhérents. Toutefois, El Othmani s'accroche à son offre initiale, la qualifiant d'effort généreux. Pour le gouvernement, le Budget de l'État ne saurait «tolérer» d'autres gestes sociaux au risque de compromettre l'équilibre budgétaire. 

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