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Maroc

Généralisation de la couverture médicale à toute la population, sauvegarde de la pérennité des régimes, amélioration de la gouvernance et de la qualité des prestations, révision juridique, diminution des paiements à la charge des patients...Autant de défis majeurs que le Maroc doit relever pour atteindre l’objectif de la couverture sanitaire universelle.

Le Maroc ambitionne d’atteindre un taux de couverture médicale de 90% à l’horizon 2021. Un objectif ambitieux dont la concrétisation ne sera pas de tout repos au vu de l’ampleur des insuffisances cumulées depuis une soixantaine d’années. Le diagnostic est déjà établi et nombre de pistes sont déjà tracées. Les enjeux sont de taille! Plusieurs défis sont à relever; à commencer par la mise en œuvre tant attendue de l’assurance maladie aux catégories non couvertes, en l’occurrence les travailleurs non salariés. L’espoir est de concrétiser dès cette année les dispositions de la loi 98-15 relative à l'assurance maladie obligatoire pour les travailleurs indépendants et les non-salariés exerçant une profession libérale, comme l’a relevé récemment à Rabat, Saïd Hmiddouch, directeur général de la Caisse nationale de sécurité sociale lors d’une rencontre nationale à l’occasion de la célébration de la Journée mondiale de la santé sur «la couverture sanitaire universelle». Les médecins et professionnels de la santé du secteur privé qui se sont longtemps plaints de l’injustice dont ils font l’objet en matière de couverture médicale, pourraient ouvrir le bal de ce chantier dont l’implémentation sera progressive pour toucher à termes l’ensemble des professionnels non couverts. Ce sont les professions les plus organisées qui en seront les premiers bénéficiaires. Le gouvernement est appelé à accélérer la cadence en matière de production de textes et discussions avec les professionnels. Le nouveau ministre de la Santé- Anas Doukkali- est bien conscient que le chemin n’est pas semé de roses : «le régime de l’assurance maladie des travailleurs actifs non-salariés constitue l’opération la plus difficile et la plus décisive vers la couverture universelle à travers la mise en œuvre de la loi 98-15».

Taux de remboursement à revoir   
Outre le volet quantitatif visant la généralisation de la couverture sociale à l’ensemble de la population, l’aspect qualitatif est un élément crucial. Il s’agit notamment de la question -on ne peut plus importante- des taux de remboursement des dossiers qui nécessitent une discussion approfondie. À cet égard, le DG de la CNSS souligne la nécessité de conjuguer les efforts de tous les acteurs pour la révision du tarif national en vue de diminuer le gap avec les tarifs pratiqués par le secteur privé. À cela s’ajoute, selon lui, l’impératif de l’efficacité en matière de prescription des médicaments. Les pouvoirs publics gagneraient, en effet, à s’inspirer des expériences internationales. Dans plusieurs pays développés, la prescription du générique est deux fois supérieure qu’au Maroc.

CNOPS : l’équilibre financier menacé
La préservation de la viabilité du régime médical universel est un objectif à inscrire en tête des priorités. Le pari n’est pas gagné d’avance. Abdelaziz Adnane, directeur général de la Caisse nationale des organismes de prévoyance sociale-CNOPS- tire la sonnette d’alarme: l’équilibre financier de la Caisse est menacé. Son déficit qui s’élevait à 22 MDH en 2017, se creusera davantage si rien n’est fait à temps. Il tient à préciser que la pérennité a toujours été une préoccupation constante pour la CNOPS; surtout avec le vieillissement de la population de la Fonction publique et le poids des maladies chroniques et des affections de longue durée ; ainsi que le gel des cotisations et leur plafonnement à 400 DH. Les propos de Abdelaziz Adnane sont -on ne peut plus inquiétants- : «nous serons sûrement obligés à recourir à des arbitrages qui pourraient être douloureux si les mesures de correction ne sont pas prises à temps». Parmi les mesures proposées figurent le déplafonnement des cotisations (figées depuis 2005) à l’instar de la CNSS. Il s’agit aussi de la réévaluation des paliers des soins ainsi que la favorisation de l’introduction du générique. S’agissant de la révision des tarifs des prestations, le DG de la CNOPS n’est pas contre cette option. Mais, encore faut-il donner à la Caisse les moyens de faire face aux augmentations. Le responsable pointe, par ailleurs, du doigt le prix de certains médicaments que la CNOPS achetait en 2014 quand elle avait sa propre pharmacie : «Aujourd'hui, nous achetons ces médicaments trois fois plus chers qu’en 2014».

Plusieurs leviers
Abdelaziz Adnane appelle à agir sur plusieurs leviers pour atteindre les objectifs escomptés dont la nécessité d’ériger l’hôpital public en véritable locomotive de la couverture médicale de base et de permettre l’émergence d’une couverture complémentaire, plus viable. Il s’avère aussi primordial d’investir dans la prévention des maladies chroniques et des affections de longue durée qui accaparent 46% des dépenses de la CNOPS (cancer, diabète, hépatite, hypertension…). Il faut également s’atteler à la modernisation du secteur public, au renforcement de la régionalisation et à la transformation digitale. En outre, la révision de l’arsenal juridique; notamment la loi 65-00 portant code de la couverture médicale de base, dont certaines dispositions jugées désuètes, voire inapplicables, s’imposent. Une grande responsabilité incombe au gouvernement sur le plan de la gouvernance et des ressources financières. Le chef du département de la santé estime que l’ambition du Maroc doit être guidée par un dialogue stratégique structuré sur la meilleure façon d’avancer vers la couverture sanitaire universelle au niveau national, que ce soit à travers le soutien des efforts d’extension de la couverture par les services, l’amélioration de la qualité des services ou la diminution des paiements à la charge des patients.

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