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Maroc

La Cour des comptes s'intéresse enfin aux 43 MMDH dilapidés dans le cadre du «plan d'urgence pour la réforme de l'enseignement», sous le mandat de Abbas El Fassi. Révélations...

Près de 5 milliards de dollars. Oui, il faut l'exprimer en devises pour avoir un comparatif parlant. Cela représente l'équivalent de 5% de PIB, et de 15% de la dette extérieure. En dirhams, c'est de quoi construire 1.000 écoles et collèges, plus de 15 centres hospitaliers universitaires (CHU). En d'autres termes, de quoi relever les standards de l'éducation et de la santé nationaux aux rangs des pays émergents, comme la Turquie ou l'Afrique du Sud.

Priorité ? Et alors ?
En 2016, le parlementaire Mohamed Lebbar, du Parti de l'Istiqlal, saisissait la séance plénière dédiée au chef de gouvernement pour lancer un pavé dans la mare. «Monsieur le chef de gouvernement, savez-vous que plus de 190 milliards (sans préciser si c'est en dirhams ou en centimes) destinés au plan d'urgence ont disparu et n'ont jamais été utilisés à bon escient», martelait-il. Stupeur dans l'Hémicycle ! Au sortir du Parlement, Abdelilah Benkirane, alors chef de l'Exécutif, promettait une enquête pour élucider cette affaire. Depuis, rien n'a été fait ou du moins dévoilé, en dépit des tonnes d'articles de presse, jusqu'à il y a quelques semaines quand un rapport de la Cour des comptes a mis le doigt sur le détournement de centaines de millions de dirhams au sein de certaines académies de l'enseignement. L'on se rappelle que le gouvernement Abbas El Fassi, avec Ahmed Akhchichen, alors ministre de l'Éducation, avait déployé un budget de 43 MMDH à investir entre 2009 et 2012, afin d'améliorer sensiblement la logistique dédiée à l'éducation et à l'enseignement. Colossale enveloppe pour un pays comme le Maroc qui peine à joindre les deux bouts d'une année financière ! Le Maroc mal loti au classement mondial du développement humain, avait alors décidé, sur recommandations royales, de mettre le paquet sur l'éducation.

Une bande organisée ?
Si le budget nécessaire à une réforme révolutionnaire de l'enseignement a été mobilisé, sous Abbas El Fassi, une chance que d'autres chefs de gouvernement n'ont pas eue, la mise en œuvre n'a répondu ni aux principes de bonne gouvernance ni aux contrôles les plus élémentaires. L'on confie, de source autorisée, que les auditeurs de Driss Jettou confirment l'existence de deux sociétés qui monopolisaient les marchés du matériel didactique dispensé à plusieurs académies du royaume, comme cela a été clairement mentionné dans le rapport de l'Inspection générale du ministère.   Le comble, c'est que ces deux sociétés sont la propriété d'une directrice d'académie, bien influente apparemment puisqu'elle garde toujours son poste et a même été promue membre du Conseil supérieur de l'éducation ! En connivence avec les directeurs de certaines académies et des délégués régionaux de l'éducation nationale, ces entreprises commandaient du matériel à des artisans à Casablanca et Salé qu'elles facturent et livrent aux académies en question comme du matériel importé d'Italie. Pire encore, il a été relevé que du matériel facturé à coup de milliards n'a jamais été livré. La fuite de certaines bribes du scandale sur les réseaux sociaux avait poussé Rachid Belmokhtar, ministre de l'Éducation nationale sous le mandat Benkirane, à charger l'Inspection générale de son ministère à enquêter sur les faits. Une mission qui a abouti à 173 marchés confiés aux seules deux sociétés précitées avec un lot de malversations et d'escroqueries. Le rapport remis alors à la Cour des comptes a permis à cette dernière d'approfondir l'investigation et d'établir les responsabilités.


Où est la richesse ?

Infraction à la loi des marchés publics, corruption, clientélisme, tricherie dans la qualité du matériel commandé, surfacturation, livraisons fictives de matériels didactiques. Un acte d'accusation digne des bandes organisées professionnelles! Une mission à l'issue de laquelle, le parquet près la Cour des comptes a rédigé 61 décisions de poursuites judiciaires concernant 10 affaires qui impliquent 8 académies de l'éducation nationale. Et ce sont 111 personnes, dont de hauts responsables toujours en poste, qui ont été entendues et dont une majorité figure dans le document de poursuite remis par le parquet à la justice. Nous taisons les noms des personnes et la dénomination des deux sociétés en question en respect du principe de présomption d'innocence. En revanche, nous assurons le suivi de la procédure judiciaire qui suscite l'intérêt des syndicats de l'enseignement, de la société civile qui s'intéresse à la moralisation de la gouvernance publique et du citoyen normal qui paye des impôts pour des services de qualité. Une affaire où la justice marocaine sera très attendue, car elle répond partiellement à la question qui taraude les esprits des Marocains : Où est la richesse ?

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