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Les projets urbains de Tanger-Métropole (2013-2017) connaissent de multiples retards. Les Inspirations ÉCO retracent le parcours chaotique d’un projet ambitieux.

Le programme Tanger-Métropole a frôlé un échec similaire à celui de Manarat Al Moutawassit ? Tous les indicateurs portent à le croire: Des marchés publics passés sans appels d’offres, des entreprises du BTP et d’architecture non payées durant trois ans, des prêts du Fonds d’équipement communal (FEC) qui ne tombent pas dans la trésorerie de la commune à temps, des projets urbains sans le foncier, ces couacs obligeront la mairie à prolonger la vie de ce programme royal d’une année. Pour respecter les nouveaux délais, la mairie engage en décembre 2016 l’Agence du développement des provinces du nord (ADPN) en tant que maître d’ouvrage sur l’ensemble des projets urbains. Bachir Abdellaoui, maire de Tanger, est confiant : «On s’engage pour que tous ces projets soient prêts et livrés cet été», promet-il.

Cafouillage
Rappel des faits. Le 26 septembre 2013, le roi Mohammed VI procède au lancement de ce programme «pour le développement intégré, équilibré et inclusif de la ville du détroit». Cette feuille de route ambitieuse a été la première d’une série de programmes similaires lancée dans plusieurs villes (Marrakech, Tétouan, Salé, Rabat, Casa, Al Hoceïma, les provinces du sud). L’objectif dudit programme était de «hisser Tanger au niveau des grandes métropoles internationales», en mobilisant un budget public conséquent de 8 MMDH. Ce programme couvre l’ensemble des composantes de la vie urbaine (Santé, éducation, environnement, culture, culte) ainsi que le soutien à la vie économique. Les Tangérois de tous bords ont accueilli avec un grand enthousiasme ces annonces de projets. Nous sommes en 2018 et plusieurs projets n’ont pas vu le jour. La mise en œuvre manquait de «transversalité, d’intégration et de cohérence des interventions publiques», comme l’a souhaité le souverain, le jour de la signature des conventions de Tanger Métropole. Autorités et élus sont tombés dans le piège de la précipitation, pour la partie des projets urbains et équipement communaux. En octobre 2013, quelques jours après la signature des conventions, la mairie dirigée par Fouad El Omari (PAM) engage des cabinets d’architecture pour lancer les projets dont la ville à la charge. Cette décision coûtera cher dans la conduite de ces projets, selon l’actuel maire Bachir Abdellaoui (PJD). «Les architectes ont signé des contrats directs avec l’ancienne mairie en octobre 2013. Après la sortie du nouveau système d’octroi des marchés publics en janvier 2014, le passage par des appels d’offres était devenu obligatoire. À notre arrivée à la mairie en novembre 2015, ces sociétés ne pouvaient pas être payées», rappelle Abdellaoui. Une dérogation spéciale du chef de gouvernement était nécessaire pour payer ces entreprises dans le cadre d’un nouvel appel d’offres. «Nous avons bataillé durant le mandat Benkirane puis Othamni pour obtenir cette dérogation. Maintenant, c’est chose faite», souffle Abdellaoui. Ces retards de paiement ont impacté l’avancement des travaux. À ce quiproquo de procédures s’est ajouté celui des finances. «Nous avons tardé de notre part dans le transfert des premières tranches à ces entreprises. Nous avons eu à déposer des documents supplémentaires au FEC pour débloquer les prêts contractés par la municipalité pour financer ces projets», détaille le maire de Tanger. Précisons que les décaissements de prêts pour la région de Tanger-Tétouan-Al Hoceïma au titre de l’année 2016 étaient faibles par rapport aux autres régions. Les prêts accordés étaient en 2016 de 39 MDH, selon le dernier rapport du FEC. Ces deux difficultés résolues, l’exécution n’était pas une mince affaire. «Des détails devaient être revus et corrigés. Pour chaque projet, nous avions étudié les aspects relatifs notamment au foncier et au plan d’aménagement», explique Abdellaoui. Face à l’ampleur des retards et des difficultés rencontrées, la mairie décide de déléguer la gestion de ses projets à l’Agence de développement des provinces du nord (ADPN), en décembre 2016. Depuis, les choses avancent. «Notre dernière réunion avec le wali de la région, nous a permis de faire le point. Les appels d’offres pour travaux de finalisation sont déjà lancés. Aujourd’hui, les choses vont pour le mieux grâce au travail de l’APDN et la mairie», se félicite le maire de Tanger. Les travaux pour le marché de gros, la gare routière et l’abattoir sont toujours en cours. «Le marché de bétail et la fourrière municipale sont prêts», annonce Abdellaoui. Avant de préciser : «Le branchement du réseau électrique et de l’eau courante sont encore à régler». Et c’est partie pour quelques mois supplémentaires…


«La préparation n’était pas précise»

Bachir Abdellaoui
Maire de Tanger 

Les Inspirations ÉCO :  Comment la mairie de Tanger a pu rattraper le retard dans la réalisation de ces projets ?  
Bachir Abdellaoui : D’abord, il est normal d’enregistrer du retard dans ce type de projets. Pour l’apurement du foncier, il faut compter une année. Pour sortir de la situation qu’on a retrouvée à notre arrivée en 2015, nous avons opté pour une délégation de la maîtrise d’ouvrage de ces projets à l’ADPN. Une convention-cadre a été adoptée par le Conseil de la ville en décembre 2016 autorisant cette décision. Aujourd’hui, c’est l’Agence qui est le maître d’ouvrage, ce qui nous permet de lancer rapidement les appels d’offres et fluidifier le circuit financier. Les fonds destinés à ces projets vont directement du FEC vers l’agence mais malgré ces efforts, nous constatons encore quelques retards.

La mairie connaît-elle une crise de trésorerie à cause de ces projets ?
Absolument pas. Ces projets sont financés par des prêts d’une maturité de 15 ans contractés auprès du FEC. Notre budget de fonctionnement n’est pas concerné par ces projets et connaît des rythmes de recouvrement et de dépenses normaux.  

Quel était l’impact de ces nouveaux prêts sur le service de la dette de la ville ?
Il y a certainement un impact sur nos finances. Nous avons remboursé 40 MDH durant les deux derniers exercices. Ce montant est bien sûr considérable pour notre commune qui dispose d’un budget annuel de 700 MDH. Ceci dit, l’endettement de la commune fait l’objet d’une rubrique fixe qui nous permet de prévoir annuellement jusqu’à 60 MDH pour le FEC.

Vu les retards et difficultés rencontrés, peut-on dire que ces projets n’étaient pas bien ficelés ?
Il est vrai que la préparation de certains projets n’a pas été précise et méticuleuse. Aujourd’hui, on s’engage pour que tous ces projets soient prêts et livrés cet été. 

 

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