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Même après le dressement d’un rapport accablant d’une commission de contrôle sur son activité ainsi que la soumission de la part du ministère du Travail et de l'insertion professionnelle à celui des Finances de données criardes pour entamer son audit, la Mutuelle générale du personnel des administrations publiques (MGPAP) reste confiante et optimiste quant à son avenir !

Un rapport - pour le moins scandaleux - d’une commission de contrôle rend de plus en plus délicate la situation de la MGPAP. Le contenu du rapport justifie l’existence effective des dysfonctionnements évoqués dernièrement par le personnel de la MGPAP, ainsi que la nécessité d’organisation par les syndicats, après un cumul de 8 années de revendications, de la réunion du 8 janvier 2018. Une réunion qui s’est conclue par un communiqué où figurent les changements «urgents» qui doivent être opérés.

Ledit rapport relève plusieurs dysfonctionnements dont certains ont été évoqués par Mohamed Yatim, ministre du Travail et de l'insertion professionnelle, qui a clairement exprimé le danger que constitue la mauvaise gestion de la MGPAP et qui, selon Yatim, rappelle une période sombre du passé de cet établissement. Dans ce sens, figurent par les dysfonctionnements relevés les frais d’organisation des dernières assemblées générales (AG) de la MGPAP qui sont de plus en plus conséquents (1,6 million de dirhams pour la 63e ; 3,9 millions de dirhams pour la 67e tenue en septembre 2016) et qui montre le non-respect du projet de rationalisation des dépenses, tel que recommandé.

Aussi le fait de refuser le droit de migration vers d’autres régimes à ses adhérents et ceci, selon le contrat de gestion déléguée qui lie la MGPAP à la Caisse nationale des organismes de prévoyance sociale (CNOPS).

Le rapport livre également des constats décevants liés à la création d’unités de soins et d’autres sociales sans autorisations aucunes. Idem pour certains travaux d’aménagement enregistrés dans neuf établissements, dont le Complexe médico-social de Rabat.

En outre, les chiffres recensés dans les bulletins statistiques et comptables de la mutuelle ne reflètent en aucun cas la réalité (les registres ne comptant que 235.631 adhérents inscrits alors qu’ils sont en réalité plus d’un million à bénéficier du régime. Les montants des prestations servies inscrites dans les statistiques sont aussi loin du concret.

Au niveau des cotisations cette fois-ci, il s’est avéré que plus de 19 millions de dirhams sont inscrits comme cotisations sans qu’aucune source ne soit identifiée. Le rapport présente également d’autres dysfonctionnements en relation notamment avec la situation financière des unités sociales relevant de la MGPAP et qui présentent un déficit criard.

La MGPAP feint le sang froid

Le secrétaire général de la MGPAP, Zouhir Cherqui, a été très confiant quant à la situation actuelle de la Mutuelle. Il nous a affirmé que la MGPAP œuvre conformément aux lois et a pu, grâce à ses organes décisionnels, être remise sur les bons rails. Preuve en est, sa récompense par l’Association internationale de la sécurité sociale (AISS).

Cherqui a aussi critiqué le contenu du discours prononcé par le ministre du Travail, Mohamed Yatim, s’exprimant à la Chambre des représentants sur la situation alarmante de la MGPAP. «Le ministre a parlé au nom de personnes particulières pour les défendre, sans pour autant prendre l’avis de la MGPAP. Sachant que la coutume a toujours voulu que les ministres conversent avec la MGPAP avant de s’exprimer sur son compte», nous a-t-il affirmé.

Cherqui a avancé que la MGPAP a toujours veillé à faire part de ses démarches à toutes les instances concernées, notamment le ministère du Travail. «L’intervention de Monsieur Yatim fait l’objet d’amalgames qui ne traduisent aucunement la réalité des choses. La question qui se pose maintenant est la suivante : pourquoi n’y a-t-il eu aucune initiative pour ouvrir un dialogue avec la MGPAP, contrairement aux syndicats», a-t-il asséné. Par ailleurs, notre interlocuteur ne s’est pas empêché de manifester son optimisme par rapport à l’avenir de la MGPAP. Et de rajouter : «Nous avons également nos tribunes, nos voix dans les médias ainsi que nos documents en guise de preuves».

Game over pour Abdelmoumni ?

Lors de sa réunion avec des membres de la Confédération démocratique du travail (FDT), vendredi 12 janvier, le ministre du Travail, Mohamed Yatim, n’a pas manqué d’aliéner le président actuel de la MGPAP, Abdelmoula Abdelmoumni, ainsi que toutes les instances décisionnelles de leur légitimité.

Yatim a de plus confirmé la mission d’audit que mènera le ministère des Finances auquel le ministère du Travail a demandé d’enquêter sur la véracité des accusations dangereuses émises vis-à-vis de la trésorerie de la MGPAP. Ce que nous a confirmé une source officielle au sein du ministère.

Une deuxième réunion regroupera demain, mardi 16 janvier, Yatim à l’Union marocaine du travail (UMT) et la Confédération démocratique du travail (CDT) au siège du ministère.

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