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Présent dans le cadre du Forum MEDays 2017 qui se tient à Tanger du 8 au 11 novembre, l’ancien président du Mali, Dioncounda Traoré nous donne sa perception sur le partenariat UA-UE.

Les Inspirations ÉCO : Vous aviez dit que le partenariat entre l’UA et l’UE doit être intelligent. Pourriez-vous expliciter davantage ce propos ?

Par partenariat intelligent, je veux dire un partenariat qui aura des chances d’aboutir. Un partenariat qui doit se faire entre des hommes et par conséquent grâce à l’intelligence qui est grandement requise. Un partenariat qui respecte les intérêts de chacun. Je pense que c’est de ce genre de partenariats dont nous avons besoin aujourd’hui et non pas d’un partenariat entre le cavalier et le cheval.

Il est évident que ce vent de changement qui anime l’Afrique nécessite davantage d’implication et d’application aussi bien de la part de l’UE que de l’UA. Quelle approche les deux parties devront-elles adopter en vue d’un partenariat gagnant-gagnant ?

L’approche de l’UE comme tous ceux qui aspirent à un partenariat avec l’Afrique doit être reconsidérée et revue. Tous les futurs partenaires doivent savoir que le contexte de l’Afrique a changé et avec lui la donne des relations bilatérales. Il faudra que tous les prétendants à un partenariat avec l’Afrique soient conscients que ce continent n’est pas uniquement un réservoir de matières premières. Ils doivent comprendre que les immenses richesses dont nous disposons seraient désormais exploitées à l'intra-muros de l’Afrique et que nous n’aurons dans un avenir prochain pas besoin de les exporter. Ce pas permettra de tirer profit de nos propres richesses et constituera un avantage pour nos peuples. Cela dit, l’UE a en fin de compte besoin de l’Afrique pour réaliser ses objectifs économiques et sociaux.

N’y aurait-il pas quelque part un problème d’unité dont souffre l’Afrique, notamment dans le cadre des négociations internationales ?

Évidemment, il est préférable que l’Afrique parle de plus d’une voix parce que les problèmes les plus importants sont communs à tous les États africains. Il faudra alors créer des entités et des regroupements qui permettraient d’atteindre un seuil critique pour le développement. En Afrique, on parle souvent de taux de croissance dont tout le monde se félicite mais c’est de la poudre aux yeux car la notion de développement et celle de la richesse sont des notions impératives ; c’est par rapport à l’autre que l’on peut juger de la bonne marche ou pas du développement. Autrement dit, il faudra s’associer afin de stabiliser la différence qui s’opère entre les pays respectifs. C’est cela que j’appelle une «masse critique pour le développement». L’Afrique a besoin de ce genre d’initiatives pour aller de l’avant.

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