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L’emploi figure parmi les secteurs qui suscitent des discussions houleuses au sein du Parlement à l’occasion de l’examen du projet de loi de Finances. La mission du ministre du Travail et de l’insertion professionnelle Mohamed Yatim, qui vient de passer son premier grand oral sur le budget sectoriel de son département en commission jeudi dernier, ne sera pas de tout repos face au scepticisme de l’opposition.

Les parlementaires n’y vont pas avec le dos de la cuillère. On s’attend à des débats animés en commissions et en séances plénières. L’opposition critique vertement la stratégie gouvernementale en matière d’emploi qui n’a pas permis de résorber le chômage. Les défis sont de taille et l’objectif d’atteindre un taux de chômage de 8,5% à la fin du mandat de l’Exécutif semble irréaliste. Sa réalisation est, en effet, tributaire de la création de quelque 200.000 postes d’emploi par an. Un chiffre qui paraît inaccessible, du moins pour le moment. Yatim défend bec et ongles la vision gouvernementale. La dynamisation du marché du travail ne dépend pas uniquement de son ministère. D’où l’importance du renforcement de la convergence entre les différents départements, que l’Exécutif érige désormais en priorité. Cette fois-ci, le défi consiste à concrétiser la majorité des objectifs tracés dans le plan national de promotion de l’emploi qui repose sur cinq axes fondamentaux: l’appui à la création de l’emploi, le rapprochement du système d’éducation et d’alphabétisation avec le marché de l’emploi, le renforcement du système d’intermédiation dans le marché du travail, l’amélioration du fonctionnement du marché de l’emploi et des conditions de travail ainsi que la mise en place des programmes régionaux de promotion de l’emploi. De nouvelles mesures de promotion de l’emploi doivent voir le jour en étroite collaboration avec les entreprises pour bien définir les besoins du secteur privé. Des programmes relatifs notamment à l’auto-emploi seront dédiés au milieu rural. Il s’avère aussi impératif d’améliorer le dispositif actuel de promotion de l’emploi. Certains programmes ont montré leurs limites car ils n’ont pas permis de donner des résultats probants. Ils nécessitent, de ce fait, d’être revus de fond en comble en 2018 en vue de les améliorer ou, le cas échéant, de supprimer ceux qui ont échoué, à l’instar de Moukawalati dont les objectifs ont été surdimensionnés et les aspects relatifs à l’entrepreneuriat non pris en compte comme l’accompagnement post-création. Pour l’année à venir, les objectifs chiffrés pour les programmes actuels de l’emploi sont ambitieux: Idmag (85.000 bénéficiaires), Tahfiz (3.000), Taehil (20.000) et l’auto-emploi (4.000).

Le gouvernement compte également élargir le contrat formation-insertion en l’ouvrant aussi aux administrations et établissements publics et aux collectivités territoriales. Il est à rappeler que ce programme, qui a été très critiqué quelques mois après son lancement, a été révisé pour limiter la précarité du travail à laquelle il contribuait auparavant. Outre ces mesures, le ministère du travail tend, dans le cadre de son plan d’action 2018, à améliorer l’intermédiation en prenant en compte le nouveau système de contractualisation avec l’État. Le volet territorial est aussi érigé en priorité. Il s’agit de renforcer le rôle des directions régionales en matière d’emploi, d’accompagner les régions à enrichir leurs programmes de promotion de l’emploi et permettre progressivement aux conseils régionaux d’accomplir leur mission en la matière. L’emploi, rappelons-le, est une compétence propre des régions. Après plus de deux ans de mise en œuvre de la régionalisation avancée, le transfert des prérogatives n’a pas encore eu lieu. Par ailleurs, l’élaboration d’un diagnostic détaillé sur les besoins actuels et futurs du marché de l’emploi s’impose. À cet égard, une étude sur les prévisions de l’offre et la demande est prévue au cours de l’année 2018. Elle permettra de cerner les besoins et d’adapter la formation aux exigences du marché de l’emploi. Une autre étude sera réalisée sur la faisabilité du travail à temps partiel. Ses résultats pourraient servir de plateforme de discussion autour de la réforme du Code de travail décriée par les syndicats et prônée par le patronat. Le département du Travail compte par ailleurs poursuivre les phases restantes pour la réalisation des études sur le marché du travail: le coût du travail et de la productivité au Maroc et l’insertion des jeunes dans le marché de l’emploi. En ce qui concerne le volet de l’insertion des non-diplômés prévus par l’ANAPEC, deux études relatives à l’évaluation et la promotion de ce programme sont prévues durant les mois à venir.

Insuffisance des inspecteurs de travail
Le nombre des inspecteurs de travail demeure très faible par rapport aux besoins qui se chiffrent, selon les observateurs, à plus de 400 agents pour améliorer le contrôle et, par conséquent, les conditions de travail. Les efforts déployés pour rectifier le tir sont très limités. Les postes budgétaires sont, en effet, livrés au compte-goutte au département du Travail. En 2018, seuls 18 postes d’emploi sont dédiés à ce ministère sur un total de 19.265 postes budgétaires. Pour améliorer l’inspection du travail et faire face à la contrainte quantitative, ce ministère entend renforcer les compétences de ce corps dans le domaine de règlement des conflits de travail et suivre de près l’action menée par les inspecteurs. On misera plutôt sur le volet qualitatif des visites d’inspection. Mais cette stratégie permettra-t-elle de combler le manque constaté dans le secteur ?

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