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Maroc

Sécurité, propreté, transport, grands chantiers...Le sentiment d’insatisfaction semble se généraliser chez les habitants de la métropole. Le maire de Casablanca, Abdelaziz El Omari, s’est prêté au jeu des questions-réponses. En 10 points, le président du Conseil de la ville répond aux inquiétudes et doléances des citoyens.

 Marchands ambulants
La déferlante des «ferrachas» dans les grandes artères de la ville se banalise. Pourquoi a-t-on autant de mal à se débarrasser de ce phénomène alors que des solutions intelligentes ont déjà fait leurs preuves ?
Pour nous, le modèle des marchés de proximité doit être généralisé dans les différents arrondissements de la ville. À ce titre, nous estimons que la responsabilité du Conseil de la ville est de mettre en oeuvre le plan stratégique. L’exécution devra être faite à travers des entreprises de développement local. Nul doute que ce phénomène est une occupation illégale de l’espace public qu’il s’agit de surmonter grâce notamment à l’aide et l’implication des autorités locales. Nous croyons qu’il faudra mener en parallèle des études en vue de comprendre comment ce phénomène se propage. Nous devons également faire en sorte d’empêcher ce dernier de se propager pendant que nous combattons l’existant. De la même manière que nous avons combattu les bidonvilles, nous devons combattre les marchands ambulants en offrant des alternatives et en faisant en sorte que d’autres marchands de ce type ne pullulent pas dans d’autres endroits. Nous pensons que Casablanca peut réussir ce modèle grâce à l’implication des autorités locales et le recours à des sociétés de développement local.

Propreté
Les Casablancais ne sont pas satisfaits de la qualité des prestations de propreté. Pourtant cette question mobilise une grosse part du budget de la ville…
Nous nous sommes principalement attelés depuis le début de notre mandat à améliorer le système de contrôle de la gestion de la propreté. Je peux vous dire que cette question n’est pas aisée. Il faut de la surveillance en continu. Ce système nous a tout de même permis de sanctionner les entreprises de propreté qui ont failli à leurs obligations. Ces campagnes de contrôles ont donné leurs résultats et nous ont notamment permis d’abroger un contrat de service délégué, ce qui est une première dans l’histoire du Maroc et de la ville de Casablanca. Si nous l’avons fait, c’est pour répondre à ces retours négatifs de la part de l’opinion publique et améliorer la qualité des services. Nous sommes actuellement en train de préparer un nouveau cahier des charges qui répond aux besoins de la ville et aux intérêts de ses citoyens.

Budget
Vous disposez d’un budget de 3,3 MMDH pour la gestion de la ville. Comment est ventilé ce dernier et quelle part pour le financement des activités culturelles et sportives ?
Concernant le budget, nous avons des recettes en amélioration. Nous avons œuvré pour améliorer de 50% les recettes de la ville par rapport au niveau de 2015 durant la durée de notre mandat. Nous touchons chaque année de plus près cet objectif. La première année, nous avons amélioré les recettes de 8% et pour 2018, nous comptons hausser ces dernières de 27%. Des recettes qui nous proviennent principalement de taxes diverses liées à la gestion directe des communes et de la dotation de la TVA. Pour ce qui est des dépenses, nous avons devant nous des dépenses obligatoires et constantes et d’autres qui changent en fonction de nos programmes. Un tiers de nos dépenses est lié à la masse salariale.  La deuxième dépense et la plus importante concerne la gestion de la propreté de la ville, soit   700 MDH. Viennent ensuite les arrondissements et les services de proximité qui mobilisent 10% du budget. Enfin,  l’éclairage public, l’eau et l’électricité absorbent 300 MDH. Parallèlement, nous assurons des programmes destinés aux services sociaux. Il s’agit de services culturels, sociaux, sportifs. À titre d’exemple nous participons dans le financement de pas moins de 30.000 cartables dans le cadre de la rentrée scolaire. Nous participons aussi à l’achat de médicaments, de l’insuline pour au moins 190.000 patients.

Sécurité
La sécurité dans les grandes villes est un sujet d’une extrême sensibilité. Que fait le Conseil de la ville de Casablanca pour remédier aux problèmes que connaît la métropole à ce niveau ?
Lorsqu’on parle de sécurité dans les villes, l’on parle de lutte contre la criminalité, mais aussi de gestion intelligente du trafic. Notre responsabilité est engagée à plusieurs niveaux et elle est plutôt d’ordre logistique. Cela concerne la qualité de  l’éclairage public, le renforcement de la sécurité dans les moyens de transport et l’installation de caméras de surveillance, qui devra être généralisée à toutes les artères de la ville. Nous avons validé la mise en place d’une station de surveillance qui devra centraliser l’ensemble de ces flux vidéo. Il ne faut pas oublier que ces caméras ont un effet dissuasif qui permet de conforter le sentiment de sécurité dans la ville.

Espace public
C’est la grande anarchie concernant l’occupation de l’espace public, notamment par les terrasses de cafés et autres magasins. La location de certaines propriétés publiques à prix dérisoire est également un sujet d’inquiétude. Quel est votre plan d’action à ce niveau ?
Nous avons fourni de grands efforts à ce niveau depuis le début de notre mandat. Nous avons d’abord repris le contrôle de certaines propriétés de l’État et de la ville grâce à l’activation de procédures judiciaires et nous allons continuer à récupérer ces biens. Nous n’allons plus fonctionner selon des contrats de cession comme par le passé, mais nous allons lancer des procédures d’appel d’offres où nous ferons jouer le principe de la concurrence. Nous effectuons une opération de recensement de l’ensemble de ces biens publics conjugué à un effort de valorisation grâce notamment au travail de Casa Patrimoine. Il faudra ensuite réguler la situation juridique et foncière de certains lieux pour déterminer notamment leur valeur actuelle. Nous voulons aller vers une meilleure organisation des agréments pour exploitation commerciale avec une sorte de guichet unique centralisant les informations, suivi par une police administrative dont le rôle est d’agir en tant que force coercitive pour la libération du bien public. Ce système nous permettra d’en finir avec les actions ponctuelles et d’instaurer une règle applicable en tout temps et tout lieu. Un système qui permettra également de fournir des données sur la fiscalité à adopter dans chaque cas de figure et pour chaque type d’établissement. Cela nous permettra également d’en finir avec les terrasses de cafés qui occupent l’espace public et les trottoirs et de restituer aux citoyens leurs droits.

Transport
Beaucoup de problèmes persistent en termes de transport et de mobilité urbaine. Les taxis et bus sont dans un état déplorable, la situation de certains modes alternatifs de transport demeure floue... Que faites-vous à ce niveau ?
La question du transport est importante pour nous. Beaucoup de choses ont été faites pour améliorer la mobilité urbaine, avec notamment le renforcement du réseau de tramway, mais d’autres importants investissements arrivent. Il faut dire qu’à Casablanca, nous participons au financement de l’exploitation des modes de transports en supportant près de 40% du prix du ticket avec une moyenne annuelle de 85 MDH. Nous espérons que d’autres conseils feront l’effort dans ce sens afin de réduire la pression sur le citoyen. Pour ce qui est des taxis, nous fournissons des efforts pour mieux réguler les questions liées à l’état des véhicules et aux modes alternatifs de transport en corrélation avec les autres départements concernés. Concernant les bus, nous avons un contrat avec M’dina bus qui sera exécuté jusqu’à 2019. À notre arrivée, nous avons fait le suivi et examiné ce contrat pour analyser les tenants et aboutissants. Ce diagnostic nous servira d’arguments pour le prochain contrat. Nous avons mis en place une association intercommunale recensant les données de plus de 18 communes. Nous avons ensuite fourni à Casa Transports un cahier des charges avec le plan de déplacement, les données de croissance démographique et des informations concernant les profils des voyageurs qui constituera la base du prochain appel d’offres international pour la période post 2019.

Habitat
La politique de lutte contre les bidonvilles se traduit par la création de ghettos dans les périphéries de la ville. Nous constatons également que d’autres grands projets tâtonnent notamment celui de l’avenue royale. Disposez-vous d’une vision claire à ces niveaux ?
Ce sont des projets engagés sur le plan national et pour lesquels les collectivités locales interviennent seulement dans le cadre de leurs prérogatives. Notre apport est principalement financier. Ainsi, pour la politique de lutte contre les bidonvilles, nous avons engagé cette année 11 MDH de dépenses. À ce niveau, nous avons même décidé d’opérer un meilleur suivi dans le cadre de nos arrondissements. Nous devons œuvrer pour que ce phénomène ne continue pas à se démultiplier. Concernant l’Avenue Royale, il s’agit d’un projet qui dépend de l’agence urbaine. Lorsqu’on voit l’état d’avancement du projet, on se rend compte que les problèmes naissent principalement avec les habitants du quartier.

Ruralisation
Nous constatons également un phénomène de ruralisation de la ville dans certains quartiers périphériques. Une réalité qui nuit à l’image du hub financier et de Casablanca…
Les contradictions sont là et nous ne pouvons pas dire que nous allons y mettre un terme. Ce que je peux dire, c’est que nous faisons tout pour réduire ces disparités. Les Casablancais de la périphérie de la ville ont les mêmes droits que ceux qui vivent au centre. Que ce soit au niveau de la propreté, du transport ou des autres infrastructures et services. Nous devons fournir des efforts sur le plan des arrondissements, mais il existe aussi et surtout des solutions transversales à mettre en œuvre avec les autres départements. Je pense que nous ne pouvons pas nous cantonner à des sanctions et oublier les dimensions sociales et économiques qui sont à l’origine de ces phénomènes. Nous devons réfléchir à des solutions équitables et à des compromis.

Marché de gros et abattoirs
La situation dans le marché de gros et les abattoirs laisse à désirer avec des dysfonctionnements à la pelle. Pourtant, ils assurent de grandes parties des recettes de la ville. À quand une modernisation de ces infrastructures ?
Pour que l’on puisse juger de la situation de ces infrastructures, il faut d’abord se rappeler d’où l’on vient pour avoir un ordre de comparaison. Concernant les abattoirs, nous sommes aujourd’hui fiers d’avoir à Casablanca des établissements mis en place par les collectivités locales et disposant d’une certification ISO et d’un agrément de l’ONSSA. Les viandes produites dans ces abattoirs peuvent donc être commercialisées dans les grandes surfaces, dans les restaurants, etc. C’est un acquis important pour les services publics. Pour ce qui est des autres maillons de la chaîne, nous avons encore du progrès à faire, notamment pour ce qui est du transport des viandes. Nous instituerons dans le futur des cahiers des charges particuliers concernant ces autres composantes. Même constat pour les marchés de gros, nous devons, bien évidemment, faire le suivi et le contrôle auprès des marchands, mais c’est aussi et surtout une question d’infrastructures, d’éclairage public, de propreté, de surveillance des marchandises. À ce niveau, nous faisons encore face à de vrais défis. C’est un marché qui diffuse sur le niveau national. La position géographique de ce marché sur le moyen et long termes est objet de discussion actuellement. Nous n’avons pas encore atteint nos objectifs à ce niveau, mais nous avançons sur ce chantier. Sur le plan de l’amélioration des recettes, sur le plan de l’organisation du secteur en particulier et de la gestion des services publics, nous sommes passés d’une gestion directe à une gestion déléguée, puis à des agences et des sociétés de développement. Je ne dis pas que nous avons atteint l’idéal, mais je crois que nous progressons dans l’amélioration de la qualité des prestations.

Les grands chantiers
Grand théâtre, Parc de la ligue arabe, Stade Mohammed VI… surveillez-vous l’état d’avancement de ces projets et pourquoi ça prend autant de temps ?
Nous avons un programme de développement pour la ville de Casablanca, via de grands chantiers. Le super collecteur ouest de l’Oued Bouskoura qui est un projet essentiel, l’élargissement du réseau de tramway, le zoo d’Ain Sebâa, le grand théâtre Mohammed VI, le parc de la Ligue arabe, etc. Pour ce dernier cas, il s’agit d’une grande bouffée d’oxygène de 34 hectares que nous comptons installer en plein centre-ville. Pour la première partie du projet, nous n’avons aucun problème et nous sommes en train de surmonter les difficultés administratives que nous rencontrons dans les autres phases du projet. Le projet devrait comme convenu être livré dans les temps, c’est-à-dire   début 2018 pour ce qui est de la première phase (22 hectares). Le reste attendra la libération du foncier. Concernant la place Mohammed V, nous avons prévu près de 1.000 places de stationnement pour répondre aux besoins de ce carrefour à proximité notamment du grand théâtre Mohammed VI. Concernant le complexe sportif Mohammed VI, le budget alloué est ventilé en plusieurs phases. Une première partie a été exécutée, mais le projet n’est pas encore complété et il faudra attendre encore. Les travaux essentiels liés à l’entretien seront exécutés en fonction de la disponibilité du terrain.

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