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Une crise silencieuse sème la discorde entre les frères du parti de la Lampe. En cause, l’amendement de l’article 16 du règlement intérieur du parti qui limite à deux le nombre de mandats du SG du parti. À deux mois du Congrès du parti, les ténors se livrent une guerre qui ne dit pas son nom. Les détails.

Une bataille se joue en interne entre ceux qui souhaitent reconduire Benkirane pour un troisième mandat et d’autres qui s’accrochent au respect des statuts du parti, qui limitent à deux le nombre des mandats du secrétaire général à deux piges. « Ce changement est fait sur mesure pour Abdellilah Benkirane, qui est le seul SG à avoir passé deux mandats à la tête du parti puisque Abdelkrim El Khatib n’est plus et El Othmani s’était contenté d’un seul mandat », explique Mohamed Jabroune, professeur universitaire et ancien membre du PJD. Selon lui, le but de cette manœuvre est de couper l’herbe sous les opposants du troisième mandat de Benkirane à la tête du parti. Ces derniers n’ont pas apprécié ce changement et le font savoir. M’hamed El Hiali, membre du Conseil national du parti a expliqué que les pro-Benkirane auraient mis la main sur le parti et que plusieurs membres de la commission des lois n’ont pas exprimé librement leur point de vue, car ils étaient mis sous pression.

En fin connaisseur de l’appareil du parti, Abdelaziz Aftati donne un autre son de cloche : « Le vote de la commission n’est pas définitif. Le changement doit être approuvé par le Conseil national avant d’être sujet au vote lors du congrès. » Pour lui, le but du changement est de séparer la gestion de l’Etat et les affaires du parti. « C’est de cela qu’il s’agit en premier lieu », insiste-t-il.

Conscient de la crise que traverse le parti dans cet avant-congrès, Benkirane a adressé une note aux membres de son parti en sa qualité de SG dans laquelle il demande aux adhérents de respecter les décisions prises par les instances du parti. Il (Benkirane) a mis en garde les membres de son parti de « l’acharnement fanatique à une idée, opinion ou choix ». Cependant, personne n’est dupe quant à la teneur réelle de son message.

 Un congrès organisationnel et non politique ?

« Pour les acteurs politiques, le congrès est toujours un moment de vérité. C’est aussi une occasion de discussion sur l’avenir du pays et du parti », nous explique Mohamed Jabroune. L’ancien membre du PJD regrette ce qu’il appelle « un congrès techniciste ». « Durant longtemps, le congrès du PJD a été une occasion d’échange autour des politiques générales du pays et de quelle stratégie devra adopter le parti dans le contexte politique de ce dernier. Mais en mettant le curseur sur une reconduction de Benkirane, ce congrès ne sera pas un rendez-vous politique, mais tout simplement organisationnel. »

Aftati, l’ancien parlementaire du parti de la Lampe ne partage pas cette analyse qui, selon lui, est erronée. « Le congrès est en premier lieu un rendez-vous organisationnel. On tient un congrès national pour renouveler les instances du parti », affirme-t-il. Pour lui, l’amendement de l’article visant un changement de nombre de mandats a une apparence organisationnelle, mais son fond est avant tout politique. « Accorder un troisième mandat à Benkirane sera un message fort envoyé à « l’Etat profond », qui souhaite faire revenir les Marocains à l’avant-Constitution de 2011; ceci n’est pas acceptable. Le troisième mandat de Benkirane est notre seul moyen de dire non au despotisme. »

Un constat que ne partage pas Jabroune qui pense que le parti sera affecté après le congrès, quel que soit le sort de Benkirane. « S’il est élu, ce ne sera pas accepté par tout le monde au sein du parti et s’il ne l’est pas, les pro-Benkirane ne rendront pas la tâche facile au futur SG. Le parti sera affecté négativement par cela », assure le professeur universitaire.

 Crise ou déni de la crise ?

Depuis la nomination de Saâdeddine El Othmani à la tête du gouvernement, les esprits s’échauffent au sein du parti de la Lampe. Certains médias parlent d’une guerre de clan et d’une guerre entre deux courants, mais pour nos deux interlocuteurs, il n’en est rien. « La nature des courants islamistes ne le tolère pas. D’une part, cela ne rentre pas dans ses gènes et d’autres part, cela est plein d’exagération. On ne peut pas bâtir des courants politiques sur une question d’ordre organisationnel », atteste Jabroune. Un constat partagé également par Aftati : « On parle d’un courant des ministères et des ministrables, mais cela n’est pas vrai. Vous me voyez douter de Ramid ou d’El Othmani ? Non, ce n’est pas sérieux », avant de conclure : « Certes, le désaccord est légitime dans une famille, mais l’extrapoler pour en faire un signe d’affrontement entre deux courants ne reflète aucunement la réalité. »

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