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Maroc

Afrique et Sahara ont été au menu des discussions menées par le ministre des Affaires étrangères marocain Nasser Bourita avec les officiels américains à l’occasion de sa visite diplomatique aux États-Unis en fin de semaine dernière. Une reprise du dialogue stratégique avec l’un des principaux partenaires du Maroc qui intervient dans un contexte particulier pour la diplomatie marocaine. Décryptage.

C’était un programme chargé pour le ministre des Affaires étrangères et de la coopération internationale Nasser Bourita en visite diplomatique aux États-Unis. La première pour l’officiel marocain depuis sa nomination par le souverain à la tête de la diplomatie marocaine. Une visite charnière tant les rapports bilatéraux avec les États-Unis constituent l’un des fondements stratégiques de la politique étrangère marocaine. À travers cette visite, c’est également le dialogue stratégique instauré avec les États-Unis depuis 2012 qui reprend son cours.

En effet, depuis avril 2015 et la tenue de la 3e session du dialogue stratégique mis en place dans la foulée de la signature de l’Accord de libre-échange avec les USA, ce rendez-vous diplomatique, politique et économique n’avait pas pu se tenir. La rencontre officielle dans le cadre du dialogue stratégique est traditionnellement prévue au mois d’avril, à la veille de la présentation du rapport de l’envoyé spécial des Nations Unies pour le Sahara. En 2016, la réunion n’a finalement pas eu lieu sans qu’il y ait d’explications concernant les raisons de ce report. En 2017 non plus, cette session du dialogue stratégique n’avait pas pu se tenir. Une situation qui se justifie certainement par le retard sur la formation du gouvernement.

Durant sa visite aux États-Unis, le ministre des Affaires étrangères et de la coopération internationale a eu des entretiens au Département d'État à Washington avec le Secrétaire d’État américain, Rex Tillerson. Bourita s’est également entretenu avec les présidents des commissions des Affaires étrangères au Sénat et à la Chambre des représentants du Congrès US, respectivement Bob Corker et Ed Royce. Par ailleurs, le ministre s’est entretenu avec le Conseiller principal du président Donald Trump, Jared Kushner. Le déplacement du ministre des Affaires étrangères marocain intervient dans un contexte particulier. L’administration de Donald Trump vient de nommer le 5 septembre dernier Donald Yamamoto au poste de chef par intérim du Bureau des affaires africaines du Département d’État. Cette visite intervient également à quelques jours de la nomination de l’Allemand Horst Köhler, ancien président d'Allemagne, au poste d’Envoyé personnel du secrétaire général de l’ONU pour le Sahara. L’Afrique et la question nationale ont d’ailleurs été au centre des discussions.

Le ministre marocain a souligné avoir relevé chez les responsables américains la volonté de bénéficier de l’expérience et de la projection multiforme du Maroc en Afrique, qui représente aussi une priorité pour l’Administration américaine actuelle. Concernant la question du Sahara, les officiels américains ont réitéré la position constante de l’Administration américaine qualifiant le plan d’autonomie au Sahara de crédible, sérieux et réaliste. Les discussions avec les différents responsables américains ont notamment porté sur le partenariat stratégique multiforme entre Rabat et Washington et les moyens de le consolider davantage sur les plans politique, économique, de la sécurité et de lutte contre le fléau du terrorisme. Les discussions ont également abordé la situation au Maghreb, notamment le dossier libyen, au Sahel ainsi que la question du Sahara marocain.

À cette occasion, les responsables américains ont souligné leur attachement au renforcement du partenariat stratégique avec le royaume et leur reconnaissance du leadership du roi Mohammed VI et du rôle important du souverain sur les questions liées au monde arabe, à l’Afrique et à la paix et la sécurité internationales. La visite porte d’ailleurs des couleurs aussi bien politiques, qu’économiques et commerciales. Une tâche ardue face à une administration Trump ouvertement protectionniste.

Le Maroc qui a signé un Accord de libre-échange en 2006 au contenu très élargi (libéralisant aussi bien les marchandises que les services) fait toujours face à des obstacles techniques rendant l’accès au marché américain compliqué. Plus d’une décennie après l’entrée en vigueur dudit accord, les échanges dans le cadre du régime préférentiel demeurent très timides et principalement dominés par les importations en provenance des États-Unis (aux alentours de 10 à 12 MMDH annuellement) soit près de la moitié du total des importations en provenance des USA (vacillant entre 20 et 26 MMDH, voir tableau) alors que les exportations marocaines peinent à dépasser les 7 MMDH annuellement. Et pour cause, le Maroc doit encore faire face à beaucoup de difficultés pour accéder au «pays de l’oncle Sam». Normes réglementaires, règles sanitaires et phytosanitaires, rareté des lignes maritimes et longueur du trajet…Les barrières non tarifaires sont aujourd’hui le principal obstacle qui se dresse contre les exportateurs marocains. Les autorités américaines imposent des conditions draconiennes notamment pour les produits d’origine animale ou végétale. La Food & Drug Administration veille au grain et guette le moindre risque sanitaire.

L’accord de libre-échange signé avec les États-Unis prévoyait pourtant des règles préférentielles alléchantes, notamment pour le secteur du textile. Il s’agissait notamment d’un contingent global de 120 millions de m² pour les produits textile. Arrivé à échéance fin 2015, ce contingent n'a été exploité qu'à hauteur de 9%. C’est dire les difficultés d’accès de la marchandise marocaine même lorsque les barrières tarifaires sont complètement levées.  


Contexte favorable

La visite du ministre des Affaires étrangères marocain, Nasser Bourita, intervient également après seulement quelques mois de l’adoption par le Conseil de sécurité de l’ONU (dont les États-Unis est l’un des 5 membres permanents) de la résolution 2351 (2017) concernant la question du Sahara. Une résolution jugée globalement favorable au Maroc et qui a consacré, encore une fois, la prééminence de l’initiative marocaine d’autonomie au Sahara. La décision a prorogé d’une année, le mandat de la Minurso, jusqu’au 30 avril 2018 n’incluant pas d’élargissement des missions de la Minurso. Le mandat de la mission des Nations Unies est maintenu dans le cadre strict de ses activités actuelles. Autrement dit, pas de monitoring sur les questions de droits de l’Homme ou l’intégration de nouvelles prérogatives pour la mission. Une sorte de statu quo qui conforte la position marocaine qui a toujours défendu l’existence de mécanismes institutionnels marocains conformes aux exigences internationales qui s’occupaient de ces missions. Cette position est aujourd’hui confortée par les Quinze qui ont salué, le rôle des Commissions régionales du Conseil national des droits de l’Homme (CNDH) à Dakhla et Laâyoune, et l’interaction du Maroc avec les procédures spéciales du Conseil des droits de l’Homme de l’ONU. La résolution a, dans ce contexte, appelé à la reprise de la coopération avec le Haut-commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés dans la mise en œuvre des mesures de confiance et encouragé les parties à envisager d'autres mesures de confiance appropriées.

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