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Maroc

Le chef de gouvernement, Saâd-Eddine El Othmani a tenu, samedi dernier, une rencontre informelle avec des médias de la place; un avant-goût de la présentation du bilan des 120 premiers jours du gouvernement, prévue aujourd’hui. Il a échangé à «bâtons rompus» avec des groupes de journalistes sur des dossiers chauds. De la décompensation à la cohésion gouvernementale, en passant par les grands chantiers et la libéralisation du dirham, sans oublier la lutte contre la corruption, le Code de la presse et sa propre candidature au Secrétariat général du PJD...autant de sujets qui font l’actualité au Maroc.

Cohésion gouvernementale
Un des sujets qui font jaser. La formation du gouvernement actuel a suscité plusieurs questionnements quant à une éventuelle discorde, entre ses membres représentant des filiations politiques opposées, et découlant d’un clanisme binaire. Évoquant le lien entre la position des parlementaires du PPS par rapport au ministère de l’Agriculture et, particulièrement, l’interpellation du ministre, Aziz Akhannouch au sein des deux chambres, Saâd-Eddine El Othmani, a tenu à préciser que cela ne veut guère signifier «un problème dans la cohésion gouvernementale». Cela émane, selon le chef de gouvernement, de la nature même de la mission du parlementaire. «Un député exécute sa mission indépendamment de l’appartenance de son parti au gouvernement ou non. Les ministres du PJD sont parfois sujets aux critiques acerbes de la part du groupe parlementaire du PJD. Cela est normal dans les systèmes politiques où la séparation des pouvoirs est en vigueur», a-t-il souligné.

Grands chantiers
Le dossier des grands chantiers sera sans doute un des plus grands points communs des gouvernements futurs, le royaume étant engagé depuis des années dans une démarche multisectorielle à long terme. Dernièrement, le gouvernement a été pointé du doigt comme étant responsable du retard dans l’exécution de plusieurs projets lancés dans les différentes régions du pays. Que fera le gouvernement El Othmani pour y remédier ? «Nous avons créé une commission ministérielle responsable du suivi des grands chantiers et l’avancement du programme gouvernemental. Ce dernier découlant de la responsabilité des secrétaires généraux (SG) des ministères qui doivent intervenir et redresser les orientations, le cas échéant», souligne le responsable de l’Exécutif. La création de cette commission soulève un problème auquel seront confrontés non seulement les SG, mais aussi les membres du gouvernement. En effet, il existe environ 27 commissions interministérielles dont les prérogatives s’imbriquent. «Ces commissions ont toujours existé. Nous n’avons ajouté que trois commissions supplémentaires», a-t-il précisé.

Le pacte de la majorité
L’ex-chef de gouvernement a-t-il refusé d’appuyer le pacte de majorité (PM) ? «Non. Abdelilah Benkirane n’assistait pas aux réunions de la majorité, tout simplement, et n’en a, de surcroît, pas refusé le contenu», répond le chef de l’Exécutif. Le PM est actuellement entre les mains des groupes parlementaires de la majorité afin qu’ils puissent l’étudier, précédant son entrée en vigueur. La machine législative est donc en marche.

Décompensation
Entamée avec la levée de la compensation des hydro-carburants, la décompensation d’autres produits est toujours attendue. Dans un contexte économique de plus en plus libéralisé, le mécanisme de compensation qui fut mis en place pour stabiliser les prix et assurer l’approvisionnement des marchés n’est plus justifié. La décompensation du gaz butane, du sucre et de la farine est prévue et se fera de manière progressive, assure le chef de gouvernement. Cependant, à ce jour, ni la date d’entrée vigueur, ni le mécanisme à adopter ne sont décidés. «Le gouvernement continue toujours à réfléchir aux meilleurs mécanismes», indique-t-il.

Flexibilité du dirham
La décision de flexibiliser le dirham, est définitive et est irréfutable, précise le chef de gouvernement avant d’expliquer que la raison du retard de son entrée en vigueur n’est autre que les spéculations effectuées la veille de sa précédente date butoir. Il faut dire que les banques ont sollicité massivement le marché de change à la veille de cette date. Pour le wali de Bank Al-Maghrib, les banques avaient spéculé contre le dirham et a même diligenté une enquête pour élucider l’affaire. «Afin d’éviter la répétition de ce scénario, la date de l’application du nouveau régime sera annoncée et mise en vigueur juste après son approbation par le Conseil de gouvernement, soit au plus tard le lendemain», estime t-il.

Lutte contre la corruption
Un des chantiers majeurs de la majorité gouvernementale, la stratégie nationale de lutte contre la corruption est loin de faire l’unanimité. Interpellé par la société civile, notamment Transparency Maroc, l’Exécutif peine à trouver la formule de consensus. «Le bilan affligeant de l’action contre la corruption au cours des deux années écoulées, depuis l’adoption de la stratégie nationale, risque dans ces conditions de se proroger indéfiniment, à l’instar de celui du précédent plan d’action à moyen terme du gouvernement», alerte l’ONG dans un communiqué publié le 23 juin 2017 relatif à la Commission nationale de lutte contre la corruption. El Othmani défend pourtant son programme : «La création de cinq pôles au sein de la Commission de la lutte contre la corruption, ainsi que l’entrée en activité de l’instance de probité, de prévention et de lutte contre la corruption feront partie d’un large système dont le pilier sera, en réalité, le citoyen».

Presse électronique
Depuis le 15 août dernier, la nouvelle loi sur la presse impose aux médias en ligne de déclarer leur création au tribunal. La déclaration doit être effectuée trente jours avant la date prévue pour le lancement. Selon le chef de gouvernement, la période transitoire, qui a été allongée d’une année, s’est terminée en août 2017. Le parquet supervise la transformation avec flexibilité, puisqu’un mois devrait être suffisant pour l’adaptation des professionnels. Le but étant que seuls les professionnels puissent animer ce secteur. Le nouveau Code de la presse prévoit que les médias électroniques n’ayant pas déclaré leur création seront interdits de parution jusqu’à l'accomplissement des formalités. Les médias non déclarés devront payer une amende de 20.000 DH pour chacune de leur publication. Par ailleurs, tout site d’information produisant du contenu audiovisuel est subordonné «à l’obtention d'une autorisation de tournage».

Secrétariat général du PJD
À l’heure où le Parti de la justice et du développement prépare ses élections internes, les pronostics autour du successeur battent leur plein. «Quant à ma candidature au secrétariat général du PJD, elle n’est pas à l’ordre du jour, puisque c’est le conseil national qui propose les différents candidats, c’est une tradition de notre formation politique. Je ne vois donc aucun inconvénient à être chef de gouvernement sans être à la tête du parti», explique El Othmani. En effet, depuis des années, le PJD a opté pour une procédure particulière pour l’élection de son secrétaire général. Contrairement à d’autres partis où le conseil national a décidé de l’identité du numéro un, c’est directement le congrès qui élit le secrétaire général du PJD. L'hypothèse d'un troisième mandat successif d'Abdelilah Benkirane demeure plausible, mais cela exigerait une modification des statuts de la formation... 


Ma mère était la première à être informée de ma nomination

C’était un vendredi, quand le téléphone de mon cabinet a sonné à 12h00. Deux clients étaient encore dans la salle d’attente. À l’autre bout du fil, le cabinet royal m’annonce que je serais nommé nouveau chef de gouvernement et me demande de me présenter au palais royal de Casablanca à 14h00 précises. J’ai raccroché et machinalement je compose le numéro de ma mère qui est au sud du Maroc pour lui annoncer la nouvelle. Juste après, c’est Abdelilah Benkirane que je mets au parfum. Je rentre par la suite chez moi pour me changer et me rends au palais royal. Mes sentiments étaient partagés entre fierté -de l'honneur de la nomination- et le poids de la responsabilité. Le roi Mohammed VI m'a parlé pendant 20 minutes et a confirmé son désir de continuer à travailler avec le Parti de la justice et du développement et a insisté à ce que la formation gouvernementale se fasse dans un délai n'excédant pas 15 jours au maximum. Immédiatement après mon départ du palais royal, je me suis rendu chez mon oncle paternel, qui habite à Casablanca pour lui annoncer la nouvelle. Il en était très heureux. Après cette visite, je suis rentré sur Rabat, où j’ai rencontré Benkirane à son domicile avec d’autres membres du Secrétariat général. Mustapha El Khalfi et Idris Al-Azami eux, étaient à Fès pour assister au mariage de la sœur de ce dernier. Il a été décidé de convoquer le Conseil national et je me souviens aussi que la session du conseil a duré 11 heures durant lesquelles le dialogue a été franc et a mené à la publication d'un communiqué approuvé à l'unanimité. Depuis mon investiture, je n’ai pas touché à la composition du cabinet du chef de gouvernement, vu que l’équipe du cabinet est celle du Parti de la justice et du développement et n’est pas rattachée à une personne.

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