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Maroc

Pour Ramid, il faut d'abord que les manifs cessent pour pourvoir réfléchir et apporter les solutions loin de la pression de la rue. L'AMDH doit changer son approche et le retrait du statut d'intérêt général ne changera pas grand-chose à la situation.

Invité, mercredi dernier à Rabat, par la Fondation Fqih Tétouani de la science, la littérature et les œuvres sociales, Mustapha Ramid s'est réfugié dans le strict esprit de la loi pour répondre aux questions dérangeantes sur le Hirak d'Al Hoceima. Le ministre d'État chargé des droits de l'Homme a hérité d'un département miné dans un contexte non moins explosif. Il a donc mis en avant la Constitution du pays et la loi qui régit les manifestations sur la voie publique pour donner son onction à la décision du ministère de l'Intérieur d'interdire la manifestation du 20 juillet.

Dans sa réunion de mardi, les partis de la majorité ont fait de même, en allant dans le sens de l'interdiction. Car, pour Ramid, battre le pavé sans autorisation préalable est contraire à la loi. Mais cela fait des mois qu'Al Hoceima vibre au rythme des manifs sans l'aval des autorités locales, pourquoi interdire aujourd'hui sachant que la tension est à son apogée ? En effet, jusqu'ici, les autorités faisaient l'impasse sur une application rigide de la loi du moment où les sorties hebdomadaires des manifestants se font de manière pacifique. Aujourd'hui, cette tension qui s'empare de la rue d'Al Hoceima risque de compromettre la saison estivale durant laquelle les artisans, propriétaires de gîtes et les hôteliers font l'essentiel de leurs revenus annuels. C'est ainsi que Ramid a expliqué le fond du niet gouvernemental après celui de l'Intérieur. Et pourtant, le 18 mai dernier, une décision d'interdiction de battre le pavé n'a pas été respectée et les manifestants n'ont subi aucun harcèlement de la part des forces de l'ordre.

Les manifs perturbent le dossier des détenus
Ramid n'a pas fait l'impasse sur l'importance du Hirak pour «attirer l'attention du gouvernement, du roi et du peuple marocain sur les dysfonctionnements des programmes de développement dans la région». L'activité principale de l'Exécutif s'est focalisée sur Al Hoceima, des ministres ont été recadrés, d'autres ont été interdits de vacances, une commission des Finances et de l'Intérieur a creusé dans les raisons profondes derrière la situation délétère dans la région que ce soit d'un point de vue économique ou social. Toute cette mobilisation n'a pas été suffisante pour calmer les esprits et revenir à la normale. «Je ne sais pas ce qu'il faut encore faire pour qu'ils soient satisfaits de nous», s'est interrogé le ministre. La réponse est pourtant claire: les quelques 200 détenus à Al Hoceima et à Casablanca. Sur ce registre, Ramid a exprimé le souhait d'un déblocage total ou partiel étant donné que l'État peut toujours recourir à une amnistie salvatrice.

Toutefois, dans un contexte de tension où les manifestations font la sourde oreille aux messages d'apaisement du gouvernement, le dossier des détenus est pris en otage. Pour cerner les tenants et les aboutissants du Hirak ainsi que les responsabilités de tous les intervenants, Ramid a préparé un rapport avec l'implication de 24 représentants d'associations de défense des droits de l'Homme. Pour lui, l'approche sécuritaire est nécessaire dans tous les pays, mais du moment où des éléments infiltrés poussent vers la violence et la confrontation avec les forces de l'ordre, l'État doit imposer un minimum de sécurité. «Je suis contre la diabolisation des forces de l'ordre qui ne faisaient que leur travail. Ils n'avaient pas de balles dans leurs armes, il n'y a eu aucune victime hormis quelques blessures de part et d'autre», a révélé le ministre.

100 jours du gouvernement
Après le 20 août, date de rentrée après la période creuse de la saison estivale, le bilan des 100 jours de l'actuel gouvernement sera publié. Le document est aujourd'hui fin prêt. Mais Ramid, deuxième homme dans la hiérarchie gouvernementale, estime que ce gouvernement aurait pu être l'un des plus forts s'il n'y avait pas ce contexte social difficile et négatif. En ce qui concerne son département, Ramid a mis en avant l'actualisation du plan d'action national des droits de l'Homme 2008-2010 qui sera fin prêt en début 2018. «Certes l'évolution des droits de l'Homme au Maroc suit un rythme assez lent, mais il n'y a pas eu un seul enlèvement ou torture systématique depuis une quinzaine d'années. Quant à l'indépendance de l'autorité judiciaire, elle a atteint au Maroc un niveau meilleur que ce qui est en vigueur en Europe», ajoute le ministre. Pour ce qui est du dossier de l'AMDH qui devrait être bientôt dépossédée de son statut d'intérêt général, la réaction de Ramid est mi-figue, mi-raisin. Son sentiment personnel est de ne pas entrer en confrontation avec une association aussi forte et qui a son aura et son poids dans le secteur des droits de l'Homme. Toutefois, elle commet des erreurs parfois inexplicables, nuance Ramid qui a donné l'exemple des événements de Gdim Izik où l'AMDH a recouru aux services d'un avocat pour défendre les accusés. Ceux là-mêmes qui ont sauvagement tué 11 membres des forces de l'ordre. Tout en étant contre le retrait du statut d'intérêt général de l'AMDH, Ramid voudrait bien que celle-ci change son approche.


«Benkirane n’est pas un homme ordinaire»

Le prochain Congrès national du PJD, prévu les 9 et 10 décembre prochains, sera sans doute un vrai examen de passage pour un parti traversés par deux vagues opposées. La première constituée, dit-on des ministres du parti qui sont contre un troisième mandat pour Benkirane et l'autre constituée des parlementaires qui s'accroche au SG de la lampe. «Benkirane n'est pas un homme ordinaire. Il a toujours occupé les militants du parti et ensuite les Marocains lorsqu'il était chef de gouvernement», Ramid livre ainsi subrepticement son opinion et son positionnement vis-à-vis du débat sur la personne de Benkirane. Néanmoins, il ne veut pas que le débat au sein du PJD soit réduit à des personnes, mais porter plutôt sur les programmes et les idées. Aujourd'hui, le parti fort est confronté aux mêmes problématiques dans lesquels se débattaient les partis historiques comme l'USFP, l'Istiqlal ou le MP. L'usure du pouvoir est passée par là. 

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