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En instaurant un quota des passeurs autorisés à accéder aux entrepôts pour charger les fardeaux, les autorités de Sebta mettent en péril le gagne-pain de plusieurs familles marocaines et la paix sociale dans la région.

Est-ce le début de la fin du commerce transfrontalier entre Sebta et le Maroc ? La récente décision des autorités de l’enclave, en concertation avec leurs homologues marocains, laisse croire que les jours de ce business sont comptés. Le gouvernement de Sebta a annoncé la décision de n’autoriser l’accès qu’à 4.000 porteurs de fardeaux s’affairant entre les deux frontières à travers le nouveau passage Tarajl II. Cette mesure entrera en vigueur ce lundi et ce, suite à une fermeture du fraîchement inauguré poste, à cause d’une fréquentation record de cette frontière par les porteurs de colis.

L’annonce de la réouverture a été faite par le préfet de l’enclave, Nicolas Fernandez Cucurull, lors d’une conférence de presse. Tout en reconnaissant la difficulté de mettre un terme à ce commerce vu que «son élimination est capable de générer un sérieux problème social au Maroc, que nous devons tous prendre en compte», le responsable sebti a jugé qu’il est temps de réguler ce trafic. «Auparavant, il y avait 20.000 habitants à Tétouan et maintenant ils sont plus d’un million. La majorité gagne sa vie à travers le commerce transfrontalier, d’où le besoin de réviser cette situation», a-t-il insisté. Le responsable sebti a estimé que le maintien de la fermeture du passage, comme cela a été décrété la semaine dernière, «peut créer des tensions». Les autorités de la ville sont conscientes de la vitalité de ce trafic pour des milliers de familles de la région. Une bombe à retardement difficile à affronter par les deux autorités, marocaines et sebties. Toutefois, les pouvoirs publics de l’enclave croient détenir la solution. La délégation du gouvernement de Sebta est persuadée que la suppression de la dérogation accordée aux résidents de la province de Tétouan est la seule solution à ce «problème».

D’ailleurs, le préfet de Sebta était le premier à proposer cette mesure pour en finir avec la congestion du trafic. De même, il paraît que le ministère de l’Intérieur espagnol et celui des Affaires étrangères ont entamé des échanges pour étudier la viabilité de la mesure. Jusqu’à maintenant, aucun responsable marocain ne s’est prononcé sur cette proposition sebtie, qui devrait condamner au désœuvrement des milliers de Marocains qui subsistent grâce à cette exception dans le traité de Schengen. Toutefois, les mesures annoncées par la délégation du gouvernement, qui représente Madrid auprès des autorités de l’enclave ont été décriées par certains médias locaux. Ceux-ci parlent de débâcle et de manque de temps pour la mise en place de mesures capables de garantir la sécurité des porteurs.

Dans un éditorial, le média local www.elfarodeceuta.es a fustigé la décision du préfet de Sebta l’accusant de mettre en péril la vie des porteurs marocains. «Ouvrir le Tarajal II dans ces mêmes conditions est une véritable folie», s’indigne l’éditorialiste. Celui-ci a appelé à la suspension du commerce transfrontalier quelques jours, le temps que les conditions d’accès soient optimales et respectueuses de la sécurité des concernés. El Faro estime que la sécurité des porteurs court un grave risque et qu’à aucun moment, le chiffre de 4.000 porteurs ne sera respecté vu que les refoulés essayeront, par tous les moyens, de s’infiltrer. Autre nouveauté de taille, introduite par la délégation du gouvernement de Sebta, celle de confier la mission de réguler le trafic dans la zone des entrepôts à des agents de la sécurité privée.

En effet, la police locale n’interviendra plus dans les environs des entrepôts, comme c’était le cas auparavant. Si déjà les porteurs se plaignaient des exactions des forces de l’ordre espagnol, beaucoup craignent que le respect de la dignité de ces passeurs soit le cadet des soucis de ces vigiles privés et que les abus deviennent le pain quotidien des porteurs marocains.  

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