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Maroc

La dernière session du premier mandat du Conseil supérieur de l’éducation et de la formation a été tenue hier. Cinq ans après l’installation de ses membres, quelle place occupe cette instance stratégique dans le processus de réforme de l’enseignement ?

Fin du premier mandat du Conseil supérieur de l’éducation, de la formation et de la recherche scientifique (CSEFRS), dont les membres ont été installés en juillet 2014 par le souverain. Composé de différents profils (experts, spécialistes, membres ès qualité, syndicalistes, cadres pédagogiques, collectivités territoriales, entreprises…), cette instance a élaboré nombre de rapports sur le système éducatif et pointé les différents dysfonctionnements qui minent le système d’enseignement au Maroc. Le président du CSEFRS, Omar Azziman, affiche sa satisfaction du bilan de ce premier mandat tout en pointant du doigt «les vents contraires et les résistances adverses, ouvertes ou masquées» auxquels se heurte la réforme du système éducatif. La vision stratégique 2015/2030, dont la version finale a été adoptée en mai 2015, constitue l’épine dorsale de l’action du conseil qui a été enrichie au fil du temps par nombre de publications. C’est sur la base de cette vision que le projet de loi-cadre de l’enseignement -qui est toujours bloqué au sein de la Chambre des représentants- a été élaboré. Mais ce texte stratégique, précisons-le, ne reprend pas toutes les recommandations de cette vision, notamment celles concernant la langue d’enseignement des matières scientifiques et techniques, principale pomme de discorde entre les composantes de la majorité gouvernementale au Parlement.

Mettre en oeuvre les recommandations
Aujourd’hui, les députés du PJD appellent à adopter les recommandations de la vision stratégique en matière d’alternance linguistique. Celle-ci, rappelons-le, considère la langue arabe comme langue obligatoire enseignée et langue d’enseignement à tous les niveaux des cycles scolaires. Le conseil supérieur de l’enseignement recommande une nouvelle architecture linguistique fondée sur le plurilinguisme et l’alternance des langues en vue, entre autres, de faire bénéficier équitablement les apprenants de trois langues dans l’enseignement préscolaire et primaire: l’arabe comme langue principale, l’amazigh comme langue de communication et le français comme langue d’ouverture. L’anglais sera introduit en première année de collège (et en quatrième année de primaire à l’horizon 2025). Le conseil prône aussi la diversification des langues d’enseignement en introduisant progressivement l’alternance linguistique comme moyen de perfectionnement des langues en les pratiquant dans l’enseignement de certains contenus ou modules: «c’est ainsi que le français pourra être partiellement langue d’enseignement au lycée à court terme et au collège à moyen terme». Or, du côté du gouvernement, on estime que l’alternance, telle que définie par la vision stratégique, ne répond pas aux exigences pédagogiques et scientifiques et qu’elle a été prônée ainsi par le conseil pour mettre fin à la crise sur la question de la langue d’enseignement. En tout cas, on attend toujours une issue pour le déblocage de l’adoption du projet de loi-cadre. Selon les prévisions, le texte pourrait être définitivement entériné par les deux chambres du Parlement au début de la session automnale en vue d’entamer son application lors de la prochaine rentrée scolaire. Mais rien n’est moins sûr. Par ailleurs, il y a lieu de noter que la mouture initiale du texte fait référence au Conseil supérieur de l’éducation, de la formation et de la recherche scientifique dans plusieurs articles. Mais visiblement, les députés entendent limiter le champ d’action de cette institution consultative qui est certes, à caractère consultatif, mais dont le rôle est fondamental dans la réforme du secteur.

Révision des manuels scolaires
La première version consensuelle des groupes parlementaires de la chambre basse supprime plusieurs dispositions stipulant le recours au conseil supérieur pour consultation. À titre d’exemple, les députés veulent amender l’article 12 en supprimant la disposition mentionnant la soumission du plan pluriannuel de l’enseignement supérieur pour avis au Conseil supérieur de l’éducation, de la formation et de la recherche scientifique. Autre exemple: l’article 26 du projet de loi-cadre exige la nécessité de demander l’avis du conseil sur «la charte de l’apprenant» avant d’entamer sa mise en oeuvre. L’amendement prévu consiste à supprimer le caractère obligatoire de cette mesure ainsi que sa soumission en amont au CSEFRS. Les parlementaires entendent aussi enlever la disposition de l’article 28 exigeant l’avis du conseil sur le système d’évaluation qui sera la base de la révision des manuels scolaires.

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