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19 octobre. Le musée Yves Saint Laurent a officiellement ouvert ses portes à Marrakech. Un musée qui célèbre le  couturier français. Un écrin de luxe  pour un  magicien de la mode. Histoire d’une légende de la haute couture.

Il est né et a passé sa jeunesse à Oran, s’est révélé à Paris où il est devenu indispensable avant de se retrouver à Marrakech comme si son enfance le rattrapait. Yves Saint Laurent est ce couturier qui représente la sophistication à la française. Intemporel, Pierre Bergé tenait à préserver son héritage via deux musées : un à Paris ouvert le 3 octobre, un à Marrakech qui a ouvert au public le 19 octobre.

Le magicien
Yves Saint Laurent était souvent qualifié de «magicien». Sa sensibilité hors du commun, cette fragilité et cette force qui faisaient de lui un avant-gardiste et un créatif hors du commun, mais ce que peu de gens savent, c’est qu’il a usé d’un tour de magie pour créer sa propre maison de couture. Directeur artistique de Dior à l’époque, il perd son poste après un séjour à l’hôpital pour dépression. C’est à ce moment là qu’il décide de créer sa propre maison de couture, sous le regard bienveillant de Pierre Bergé mais comment trouver les fonds et ne pas perdre la face ? Son ange gardien de l’époque et la seule femme qu’il aurait pu épouser selon ses dires, Victoire, a eu une idée aussi brillante que dangereuse. «J’ai demandé à mon mari, rédacteur en chef de Paris Match à l’époque de faire ce fameux reportage sur Yves Saint Laurent, qui montrait le grand couturier en pleine préparation d’une collection pour l’ouverture de sa maison de couture», confiait Victoire à l’émission Stupéfiant. Un reportage «fake» qui a permis à Yves Saint Laurent d’attirer la curiosité du milliardaire américain J. Mack Robinson qui lui donnera les fonds nécessaires pour monter la marque qui allait révolutionner la mode à jamais. Il présente sa première collection en 1962 et ne cesse de réinventer les codes de la femme moderne en revisitant le trench-coat et le caban, en brisant les barrières entre la féminité et la masculinité avec le smoking féminin, la saharienne ou le premier tailleur pantalon.

Le féministe et féminin
Yves Saint Laurent aimait les femmes, savaient les habiller et savaient se faire entourer. Victoire, une de ses premières muses à qui il avait confié pouvoir se marier avec elle, l’a accompagné dans ses premiers défilés avant de créer des turbulences dans le triangle amoureux : Saint Laurent - Berger - Victoire. Celle qui l’a accompagné toute sa vie est le mannequin Betty Catroux que Pierre Berger considérait comme une mauvaise influence pour lui. «Avec Yves, nous étions pareils, nous aimions le danger, l’extrême. La normalité nous tuait», confiait le mannequin excentrique qui avouait que les sorties, la drogue et l’alcool faisaient partie de leur quotidien pour oublier leurs blessures. «Il était extrêmement sensible, c’était un artiste avec une vraie profondeur d’âme, une culture incroyable et qui était inspiré par toutes les cultures. Une panoplie, comme un peintre qui peint tout ce qui l'inspire, tout ce qui le touche, en honorant les femmes pour les aimer», déclare avec nostalgie Marisa Brenson, mannequin et icone de la mode dans les années 70, la it girl de YSL. De Loulou de la Falaise, à Rebecca Ayoko, il a été le premier à faire défiler des mannequins africaines en mettant en avant la classe et la féminité féline. En 2002, lors de son dernier défilé avant de se retirer, il est entouré de «ses femmes», de Catherine Deneuve à Laeticia Casta en passant par Carla Bruni, Katoucha Niane, Imane ou encore Naomi Campbell.

Le Marocain
Avec une touche «Black & white» assumée, Yves Saint Laurent avait déjà marqué la mode depuis des années. Sa rencontre avec Marrakech en 1966 va le réconcilier avec la couleur : «Les femmes dans la rue portent du fushia, du jaune, du bleu, c’est comme si elles s’étaient mises d’accord pour créer un tableau vivant», confiait le grand couturier sur sa ville de cœur qui a influencé son travail. D’ailleurs, le musée Yves Saint Laurent de Marrakech tenait à mettre en avant cette transformation du grand couturier et son ouverture vers la couleur : «C’était important de mettre en avant ce que le pays et la ville ont eu comme inspiration pour YSL. Il a eu un véritable coup de foudre et une révélation pour la couleur. Il l’a toujours dit. Avant 66, ses collections sont assez sombres, souvent noires. À partir de 67, 68, jusqu’à ce qu’il se retire de la haute couture, il est devenu un véritable coloriste. C’est ce que Pierre Bergé a voulu montrer, sous le prisme du Maroc et de Marrakech», confie Björn Dahlström, directeur des musées Yves Saint Laurent Paris et Marrakech. Une époque où le grand couturier était heureux, où celui «qui riait rarement» pouvait rire aux éclats où il dessinait et créait avant de concevoir à Paris. Le musée Yves Saint Laurent Marrakech (MYSLM) plus qu’un musée, un centre culturel, est situé à proximité du Jardin Majorelle, a été acquis par Yves Saint Laurent et Pierre Bergé en 1980 or ce nouveau bâtiment d’une surface totale de près de 4.000 m2 est en effet plus qu’un simple musée. Dédié au couturier et à son oeuvre, il accueille une partie de la collection de la Fondation Pierre Bergé - Yves Saint Laurent et comprend un espace d’exposition permanente de 400 m2 présentant l’oeuvre d’Yves Saint Laurent dans une scénographie originale de Christophe Martin qui confie : «Ce que j’ai essayé de faire c’est de traduire son émotion et son génie créateur. J’ai essayé d’exprimer le moins de choses possibles personnelles. C’est abstrait, j’ai montré les robes, en poussant les murs, pour qu’un seul univers existe, celui des créations de Saint Laurent». Le musée accueille également une salle d’exposition temporaire - la première sera consacrée au peintre Jacques Majorelle, une bibliothèque de recherche rassemblant plus de 5.000 ouvrages, un auditorium de 150 places, une librairie et un café avec terrasse. La conception de ce projet a été confiée à Studio KO, cabinet d’architectes fondé par Olivier Marty et Karl Fournier. En façade, le bâtiment se présente comme un assemblage de cubes, habillés de dentelles de briques, motifs qui rappellent la trame d’un tissu. L’intérieur, telle une doublure de vêtement, est radicalement diffèrent : velouté, lisse et lumineux. «J’espère que ce musée va accueillir beaucoup de visiteurs, c’est notre objectif. On est près du jardin Majorelle, nous avons quand même beaucoup de visiteurs, à peu près 800.000 par an. Les accueillir et accueillir un public marrakchi et marocain. Et pour ce faire, on a inauguré la salle d’exposition temporaire par une exposition de Jacques Majorelle, mais elle va être dynamique. On envisage 3 à 4 expositions par an. Après Majorelle, on expose Nourredine Amir, ensuite deux artistes libanaises Etel Adnan et Simone Fattal avec Robert Wilson en metteur en scène, une exposition YSL l’orientaliste puis une sur les textiles marocains, une sur les cactus donc une exposition botanique. Nous voulons que ce musée, en lien avec Majorelle et le Maroc, soit une fenêtre sur le monde pour les Marocains et une fenêtre sur le Maroc pour tous les pays qui viennent visiter le jardin. Il y aura des colloques, des cycles de films, des concerts. L’idée est de rendre cet endroit vivant, c’est le souhait de Pierre Bergé et on s’y conformera», continue Björn Dahlström.

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