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Un grand nombre d’experts et de représentants de plusieurs banques centrales dans le monde étaient en conclave à Marrakech, vendredi 14 juillet. Au centre des discussions se trouvait l’importance des données fiables pour mesurer et évaluer l’impact des différentes politiques sur l’inclusion financière.

L’inclusion financière reste un des problèmes récurrents qui régissent les économies en développement. C’est dans cette optique que le séminaire, tenu ce vendredi 14 juillet, en marge du 61e Congrès mondial de la statistique a regroupé également des professionnels représentant les différents continents dans le domaine des statistiques et de l’inclusion financière, les autorités nationales et organisations internationales pour discuter des questions relatives aux données sur l’inclusion financière. En partenariat avec Bank Al-Maghrib, le Comité Irving Fisher sur les statistiques des Banques centrales - affilié à la Banque des règlements internationaux - et le Centre d’études monétaires de l’Amérique Latine (CEMLA) ont pu réunir de nombreux experts : Claudia Buch, présidente de l’IFC & vice-présidente de Deutsche Bundesbank, Leora Klapper, chef économiste de la Banque mondiale, James Yetman, économiste senior, banque des règlements internationaux, Noelia Camara, analyste de la BBVA (Argentine), Jacques Fournier, directeur général des statistiques à la Banque de France...«Les données collectées ces dernières années montrent les progrès réalisés…mais également tous les défis qui persistent : les disparités entre les régions, entre le monde rural et urbain, entre les genres, ceux relatifs à l’amélioration de la qualité des données et le développement d’un dispositif efficace de mesure d’impact», déclare Abdellatif Jouahri, wali de Bank Al-Maghrib. Il faut dire que malgré un taux de bancarisation estimé à plus de 60%, l’utilisation des services financiers reste très faible.

Certains ménages, surtout en milieu rural, ne jurent que pas le microcrédit ou encore les méthodes informelles pour épargner ou obtenir un crédit. Aujourd’hui, plus de 2 milliards d’adultes n’ont pas accès aux services financiers. Si ces individus n’ignorent pas l’existence des principales institutions financières, ils sont en revanche moins renseignés sur les services que celles-ci proposent. D’un autre côté, «même s’il y a d’importantes disparités dans les pays, l’un des principaux freins à l’accès des populations aux services financiers est d’ordre réglementaire», affirme Claudia Buch, présidente de l’IFC. Pour elle, la réglementation est jugée trop prudentielle. Dans le contexte actuel, ce projet d’inclusion financière connaît également d’autres types de blocages, notamment la méfiance de la part de quelques établissements et partenaires internationaux vis-à-vis du blanchiment d’argent et du financement du terrorisme. Une situation qui devrait être débloquée grâce au concours de la Banque mondiale et du FMI qui ont déjà entamé des actions de sensibilisation au niveau de ces acteurs internationaux. Pour arriver à ces conclusions, de nombreuses études et enquêtes ont été menées par différents organismes nationaux et internationaux durant ces dix dernières années. Sauf que la tâche n’est pas aussi aisée qu’il y paraît.

Les banques, premiers fournisseurs de données, utilisent encore des systèmes d'informations datant des années 90. Jugés obsolètes, ces SI peuvent fournir des données peu efficientes pouvant biaiser les résultats. Mais le plus contraignant, c'est que «50% des banques centrales n’intègrent pas l’inclusion financière dans leur mandat», assure Michiel Van Doeveren de la Banque des Pays-Bas. Si l’inclusion financière doit être au cœur de tout programme de développement, certains gouvernements n’en tiennent pas compte. James Yetman, de la Banque des règlements internationaux l’a d’ailleurs souligné : il faut que les banques centrales gagnent plus en autonomie et il y voit plus d’un bénéfice. Pour lui «plus les banques centrales sont indépendantes des programmes gouvernementaux, mieux elles gèrent la volatilité». D’un autre côté, pour Raúl Morales du Centre des études monétaires d’Amérique Latine, la différence entre les pays fait que la définition de l’inclusion financière couvre pour chaque pays un ou deux aspects seulement.

Pour les pays les mieux orientés, la tâche de collecte de données est la plus ardue. Si des bases de données sont disponibles auprès d’organismes spécialisées, leur exploitation est soumise à une réglementation des plus strictes surtout celle relative à la protection de données. Seuls quelques pays en Asie ou encore l’Italie et l’Argentine ont surmonté cet obstacle. Au Maroc, la loi la plus connue reste la loi 09-08 qui oblige les responsables du traitement d’assurer la confidentialité et la sécurité des données personnelles ainsi que le respect de la finalité des données collectées. Or, la facture téléphonique, les redevances eau/électricité ou encore les réseaux sociaux représenteront autant d’indicateurs sur le comportement des consommateurs et leur niveau de connaissance en termes d’éducation financière. Les professionnels appellent donc à élaborer un cadre légal spécifique – et plus souple – au niveau de la protection des données des utilisateurs. Au final, «il n’y pas de solution absolue, compte tenu de l’hétérogénéité des pays», souligne Leora Klapper de la Banque mondiale, mais le plus important est que les banques centrales réussissent à mettre en place des cadres réglementaires cohérents tout en y intégrant les outils d’innovation financière et de protection des consommateurs afin de renseigner et recenser les besoins des populations les plus fragiles financièrement. 

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