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En l'absence d’un cadre réglementaire adéquat, certaines entreprises sont loin du minimum de flottant imposé. Après la promulgation de la grande réforme sur la Bourse, le marché attend de pied ferme le nouveau règlement général qui vise à augmenter les exigences de flottant. Il faut dire que les sociétés cotées à faible flottant sont les plus susceptibles de connaître un désintéressement de la part des investisseurs.

La liquidité est un critère essentiel pour les investisseurs en Bourse. Une condition que la place de Casablanca semble jusqu’à aujourd’hui incapable d’assurer. Avec des entreprises dont le flottant en Bourse reste extrêmement faible, il est très difficile d’avoir du volume. Un problème pour une place qui ambitionne de devenir un hub régional! Le minimum requis aujourd’hui sur le troisième compartiment est toujours de 30.000 titres de capital (soit environ 5% du capital). Ce niveau, fixé en 1993 par la loi n°1-93-211, n’a jamais été sujet à modification. Avec la promulgation de la nouvelle grande réforme du marché boursier (loi n°19-14), les choses pourraient s’accélérer. En effet, la société gestionnaire, consciente qu’il faudrait relever les exigences en matière de flottant en Bourse pour améliorer la liquidité de la place, plancherait depuis plusieurs mois –avec le concours de l’AMMC- sur une nouvelle feuille de route.

Le nouveau règlement général de la Bourse devrait ainsi définir un flottant minimum exigible. Autrement dit, le montant ne devrait pas être défini en nombre de titres mais plutôt calculé en pourcentage de capital à mettre sur le marché au moment de l’introduction, et qui pourra évoluer au cours de la vie de la société. Pour les professionnels, le seuil minimal de flottant à maintenir sur le marché serait de 20%. «Ce niveau est idéal, 10% serait encore insuffisant et 30% serait très compliqué à mettre en place», estime un analyste. Celui-ci explique que certaines sociétés (essentiellement les entreprises familiales) tiennent à garder le contrôle. Pour l’heure, la mentalité de certains actionnaires majoritaires n’est pas près d’évoluer. Et c’est la qualité des titres qui est la plus touchée. Si pour certains professionnels du marché, la meilleure solution pour pallier le manque de liquidité (qui sévit depuis une dizaine d’années) consiste à réussir des introductions en Bourse significatives, d’autres espèrent que la Bourse s’occupe déjà de l’existant. En effet, certaines sociétés continuent de séjourner dans la place casablancaise malgré leur niveau de flottant cruellement bas (0,3% dans certains cas). Conséquence: les investisseurs se voient, du coup, contraints de s’éloigner de ce type de valeurs, malgré les bons fondamentaux et perspectives de celles-ci.

Centrale Danone et son flottant de 26.385 actions
Ainsi, du fait de son faible flottant, quelques rumeurs circulaient quant à un éventuel retrait de la valeur Centrale Danone de la place casablancaise. En effet, le niveau de flottant du titre Centrale Danone est loin de répondre aux exigences de cotation boursière. Ladite valeur affiche un flottant de 26.385 actions (contre les 30.000 requis) pour continuer à séjourner sur le troisième compartiment de la Bourse de Casablanca, soit un écart de plus de 3.500 actions.

D’après les analystes, une sortie de cotation de Centrale Danone peut être une possibilité mais loin d’être prévue; d’après eux, ce serait un coup dur pour l’image de la place casablancaise, vu la grosse capitalisation de l’entreprise. Par ailleurs, la valeur Centrale Danone n’est plus couverte par la majorité des sociétés de Bourse du fait, entre autres, de son bas flottant sur la cote. «Concernant Centrale Danone, elle ne fait plus partie de notre liste de couverture depuis 2015, parce qu'elle n'est plus intéressante en termes de flottant et CAPI pour nous», nous a confié Salma Kharbachi, analyste au sein d’Alphamena.

Par ailleurs, l’offre publique de retrait obligatoire, visant des actions Centrale Danone détenues par la Compagnie Gervais Danone et clôturée le 26/02/2016, a offert aux actionnaires de Centrale Danone la possibilité d'apporter, intégralement ou partiellement, leurs actions à l'offre. Cette opération, rappelons-le, a concerné 389.878 actions, au prix unitaire de 1.200 DH, correspondant à 4,14% du capital et des droits de vote. Par ailleurs, rappelons que le 10 décembre 2015, la Compagnie Gervais Danone a acquis, auprès de la Société nationale d'investissement (SNI), 471.000 actions représentant 5% du capital et des droits de vote de Centrale Danone. Cette opération constitue le prolongement des cessions des titres de Centrale Danone déjà réalisées par SNI en faveur de la Compagnie Gervais Danone et parachève la sortie totale de SNI du capital de Centrale Danone. «SNI conserve, à l’issue de cette opération, 5% du capital de Centrale Laitière, avec l’intention de céder cette participation ultérieurement sur la Bourse de Casablanca en vue d’augmenter le flottant de la société», indiquait l’industriel dans son communiqué. Silence radio depuis cette annonce en 2014, et le marché s’impatiente…

Promopharm S.A, très proche du flottant minimum imposé
Attirons également l’attention sur la valeur Promopharm dont la situation n’est pas si différente de celle de Centrale Danone, mais qui pourtant, reste toujours en cotation. En effet, le flottant de la valeur atteignait, à l’heure où nous mettions sous presse, un seuil de 5,8%, non loin du minimum imposé par le marché de croissance sur lequel est cotée l’entreprise. De même, d’après certains traders, la valeur est «très peu» liquide, chose qui accentue le désintérêt des investisseurs. Ainsi, la performance du titre (7,52%) n’est redevable qu’au faible volume de ladite valeur. En effet, moins un titre est liquide, plus il est sensible aux échanges. Pourtant, Prompharm bénéficiait de fondamentaux appréciables au terme de l’année 2016, avec un produit d’exploitation en hausse de 6%, passant de 528,8 MDH à 562 MDH sur une année. Dans le même sillage, Promopharm affiche une valeur ajoutée de 251 MDH en hausse de 5% par rapport à une année auparavant (240,7 MDH). Le résultat net s’élève à 87 MDH en baisse de 10% par rapport à 2016, due notamment à la baisse des charges de personnel et la correction du résultat financier. 


En route vers la radiation

Notons que les places boursières imposent un flottant minimum à respecter pour éviter un désintéressement du marché de la part des investisseurs et permettre au marché de continuer à être animé et attractif. Pourtant, malgré le minimum de flottant imposé, certaines entreprises restent loin de ce dernier, au risque de voir leurs actions radiées du marché. Pour rappel, l’entreprise Crédor en 2005 ou encore la Sofac en 2013 s’étaient vues radiées de la place casablancaise à cause de leurs faibles flottants. «La Sofac avait un flottant de près de 0,9% du capital, il n’était donc plus concevable de continuer à voir cette valeur cotée en Bourse», nous a confié un analyste. «Suite à l’offre publique de retrait obligatoire visant les titres de capital de la société Sofac et à la demande de l’émetteur de radier ses titres de capital de la cote, la Bourse de Casablanca procédera à la radiation des titres Sofac», avait pour sa part indiqué la Bourse de Casablanca dans un communiqué post-radiation. Introduite à la Bourse de Casablanca en 1973, Sofac a été historiquement adossée à la CDG, aux côtés de BMCE, CNIA et Somaca. L’acquisition par le CIH, le 30 décembre 2011, de la participation de la CDG lui a permis de tirer profit des synergies commerciales nées de cette opération.

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