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Le marché des actions marocain a connu un premier trimestre difficile, revigoré par sa sensibilité à la distribution de dividendes. Cette dernière n’a pas été à la hauteur des attentes des investisseurs. Toutefois un regain de confiance du marché est à noter suite aux bonnes prévisions sectorielles et à l’amélioration de l’environnement politique.

La place casablancaise clôture le trimestre dans le rouge, marqué par un recul des indicateurs boursiers qui a commencé depuis le début de l’année. En effet, à partir du mois de janvier 2017, le marché a radicalement rebroussé chemin réduisant à néant sa percée positive en 2017, menant le principal indice du marché, le MASI, à entamer une contre-performance au bout de laquelle il se voit effacer l’intégralité de ses gains, scellant même une perte de l’ordre de 2,27%. Pourtant l’indice phare de la place casablancaise a débuté l’année avec une forte accélération pour atteindre un plus haut de 11.873 points et une performance à deux chiffres de 10,56%, rapporte le reporting des marchés publié conjointement par Marogest et le Groupe Crédit Agricole du Maroc.

D’après les analyses, cette tendance baissière qui a pris effet dès les premières semaines de l’année est imputable notamment à la baisse des rendements des sociétés cotées. Rappelons que ces dernières se sont montrées moins généreuses qu’avant, où il est prévu la distribution d’une masse de dividendes de 20,9 MMDH, ce qui correspond à un taux de distribution de près de 72,6% contre 83,5% une année auparavant. Ainsi et sur la base des cours boursiers au 31 mars 2017, le rendement du dividende de la cote (D/Y) s’étiole à 3,4% contre 4,7% en 2015, indique le même rapport.

De même, d’autres facteurs techniques sont également venus accélérer le retournement du marché, dont la surévaluation injustifiée de certains titres. Après la vague de hausse ayant profité a quasiment tout le marché, les résultats annuels ont constitué une occasion pour opérer un ajustement sur les titres ne justifiant pas de leur niveau de valorisation. On relève notamment des valeurs comme Promopharm, BMCI ou encore Compagnie minière de Touissit. Il faut attirer l’attention sur le contexte macroéconomique à l’international, matérialisé par une forte décélération de la croissance, ne dépassant guère 1,1% en 2016. Chose qui a contraint les entreprises à se prémunir des risques marchés et se montrer peu généreux en termes de distribution de dividendes. De même, une grande partie des sociétés cotées ont entamé des plans stratégiques assez coûteux et ont préféré concentrer une partie de leurs bénéfices à leurs investissements, relèvent certains analystes.

Une baisse des indicateurs
Par ailleurs, la tendance maintenue des résultats de la majorité des sociétés cotées n’a pas atténué l’impact de l’affaissement du rendement global des sociétés cotées sur la performance de la Bourse casablancaise. En effet, les valeurs de la cote enregistrent de bonnes performances aussi bien sur le volet commercial que financier. Le chiffre d’affaires agrégé des sociétés de la cote en 2016 a marqué une croissance de 4,7% à 229,9 MMDH. Le principal contributeur à cette croissance est de loin le secteur immobilier, lequel profite notamment du redressement notable de l’activité d’Alliances. Derrière, le secteur bancaire réalise une progression de 4% du PNB à 55,4 MMDH, tirée par les réalisations probantes du trio de tête Bmce Bank (+1.173 MDH), Attijariwafa bank (+673 MDH) et BCP (+314 MDH) et ceci en dépit d’un contexte de resserrement des marges d’intermédiation, toutefois atténuer par la baisse du coût du risque en 2016.

Dans la même tendance, la capacité bénéficiaire globale de la place se hisse de 12,7% pour se fixer à 28,6 MMDH. Une progression notable au regard de la lourdeur des redressements fiscaux dont ont fait l’objet certaines grandes capitalisations de la place. Par pôle d’activité, les immobilières ont de loin contribué à cette hausse à hauteur de 2,1 MMDH. En effet, ces dernières ont été le premier contributeur de la performance boursière en 2016 à hauteur de 80%, relèvent les analystes d’Upline. Cette contribution revient entre autres au redressement de la rentabilité d’Alliances avec un surplus 144,3 MDH en 2016, contre -1,824 MMDH une année auparavant. Ainsi hors cette composante immobilière le RNPG (hors financières) aurait évolué de 4,8% à seulement 16,204 MMDH, d’après la même source. Elles sont suivies par les distributeurs du pétrole et du gaz, qui a noté un haussement de 666 MDH, ainsi que par les banques avec une contribution additionnelle de 541 MDH. Sur le volet opérationnel, le résultat d’exploitation a marqué un bond de 12,2% à 52,2 MMDH. Au final, il s’avère que le marché boursier marocain est tout aussi sensible dans son comportement aux distributions de dividendes qu’à la croissance des résultats.

Hausse des volumes d’échanges
Au registre des échanges, depuis le début de l’année et jusqu’à fin mars, le volume global brassé dans la Bourse de Casablanca s’élève à près de 38 MMDH relève le même rapport. Ainsi, le marché des actions marocain arrive à marquer une progression prodigieuse de 141,7% en comparaison avec le volume négocié durant la même période de l’année dernière. Cette hausse concerne aussi bien le compartiment central que des blocs. Dans le premier compartiment, les échanges connaissent une progression de 137% à 12,5 MMDH, marquée par une forte contribution du titre Attijariwafa bank, qui arrive en pôle position avec plus d'1,35 MMDH drainés sur le titre, soit près de 11% des échanges. Le «Top 3» des valeurs les plus actives est complété, respectivement, par Addoha, avec un montant total des échanges d’1,21 MMDH, en hausse de 9,7% et Itissalat Al-Maghrib pour 1,20 MMDH en amélioration de 9,6%. Pour sa part, le marché de blocs a généré un volume global de 853 MDH «contre 247 une année plus tôt». Il a été animé à hauteur de 28,7% par BMCE Bank et 19,2% par le spécialiste du secteur des BTP, LafargeHolcim Maroc.

Regain de confiance
Par ailleurs, pour ce qui est des perspectives du marché des actions, celles-ci paraissent de plus en plus positives au regard de l’amélioration de l’environnement économique. En effet, d’après les analystes, les prévisions économiques et sectorielles sont toutes orientées à la hausse. Chose qui améliore le climat des affaires au Maroc.

De même sur un volet psychologique, le moral des investisseurs semble s’améliorer avec le retour de la confiance de ces derniers, après la formation du gouvernement et le vote de confiance de celui-ci. Sans négliger l’entrée en négociation du projet de la loi de Finances 2017. Ainsi, les points bloquants qui vont influencer la situation du marché, commence peu à peu à trouver une issue, permettant au marché boursier de rattraper le retard constaté lors du premier trimestre de l’année en cours. D'ores et déjà, le 4/05/2017, les deux indices phares de la place casablancaise, le Masi et le Madex affichent respectivement des performances d'1,25% et 0,76%. Dans le même volet, l’indice de confiance des investisseurs est en train de renouer avec ses taux de septembre 2016, nous confient les mêmes analystes. D'ores et déjà, l’ATI, l'Indice de confiance ressortait à 54,2 points en hausse de 7,8 points, intégrant ainsi la phase d’assurance pour la première fois depuis décembre 2014.

Dans ce contexte, la perception des investisseurs envers le marché des actions était qualifiée de «sereine», due principalement à deux constats. Cela concerne l’amélioration des anticipations des investisseurs envers les résultats 2016 des sociétés cotées, ainsi que le climat économique général du Maroc. Il est prévu donc de revenir à cette tendance, en attendant la prochaine publication de l’indice de confiance car notons que les dates de publication de l'ATI, l'Indice de confiance sont choisies en des périodes clés durant lesquelles la volatilité du marché connaît des fluctuations significatives. En effet, les dates sélectionnées se situent juste avant les publications des résultats semestriels et annuels ainsi que des principaux chiffres macro-économiques.  

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