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La Banque centrale populaire lance la première banque marocaine spécialisée dans les «Titres».  Le groupe compte sur cette nouvelle entité à travers MediaFinance pour soutenir son plan stratégique «Élan 2020» et ainsi contribuer à termes à l’accélération du PNB. L’autre objectif est de capter davantage d’investisseurs nationaux et étrangers...

C’est une grande première pour le marché financier que la Banque centrale populaire a il y a quelques jours.  Le groupe compte en effet donner naissance à la première banque marocaine dédiée à l’activité «Titres», en s’appuyant sur sa filiale MediaFinance qui opère sur le marché marocain depuis plus de 20 ans. Pourquoi ce revirement stratégique ? La BCP ne cache pas son ambition de voir sa filiale jouer un rôle déterminant dans le développement du marché des capitaux dynamiques sur le marché local dans un premier temps. Sous la tutelle d’Omar El Mghari Idrissi,   au poste de président du directoire, MediaFinance entame à présent un cap crucial. «Le but étant d’en faire un vrai relais de croissance capable de générer de la valeur ajoutée et doper ainsi les revenus du groupe BCP», nous confie le management du groupe. Conscient du potentiel de cette activité, BCP n’a pas hésité à intégrer cette initiative dans son plan stratégique «Élan 2020» qui vise à doubler la taille du groupe au terme des cinq prochaines années.

En parallèle, BCP a mis en place un Business Plan sur la période 2016-2020, propre à la banque «titres», qui prévoit une feuille de route en trois étapes majeurs afin d’installer la marque et développer ses activités. «Plusieurs investissements ont déjà réalisés, concernant le renforcement de nos dispositifs de contrôle et des risques, les processus métiers, la plateforme technologique… et ce, pour nous permettre aujourd'hui de démarrer l'activité dans les meilleures conditions», affirme-t-on auprès des équipe de Mohamed Benchaâboun. Entre temps, plusieurs études auraient été conduites de façon à repenser la manière de structurer les métiers de la banque des marchés de capitaux et générer par là plus de valeur. «En étudiant le potentiel du marché réalisé à l'international, il a été démontré que la création d'une Securities Services Bank représentait la meilleure option pour les métiers titres», ajoute la même source. C’est ainsi, nous explique-t-on, que le choix de MediaFinance s’est imposé tout naturellement puisque la filiale réunit toutes les conditions pour jouer pleinement ce rôle. L’entreprise a, de plus, opéré depuis sa création en 1994 en tant qu’intervenant confirmé sur les marchés primaire et secondaire de la dette publique négociable.

Le groupe a donc pu capitaliser sur son portefeuille «titres» d’une valeur de 50 MMDH, ce qui a permis à MediaFinance d’enregistrer, sur les dix dernières années, une performance soutenue évaluée à 2 MMDH au niveau des salles de marché. Néanmoins,  il s’est révélé que l’activité n’est pas restée la chasse gardée de cette filiale. «Sa consolidation devra générer mécaniquement des économies d’échelle et permettra de renforcer les expertises», soutient le management. Pour autant, l’on ne connait pas encore les intentions du groupe quant au changement , ou pas, de l’identité de MediaFinance.

Potentiel
Ce  qui est certain, c’est qu’à l’image de Natixis, HSBC, BNP Paribas, la banque nationale semble aujourd’hui en phase avec la tendance mondiale en adoptant pratiquement le même business modèle des principaux groupes bancaires étrangers qui ont déjà filialisé l'activité. Ceci étant, le business plan de la nouvelle entité prévoit la mise en œuvre de plusieurs partenariats dans le monde, pour s’aligner ainsi sur les standards internationaux. D’ailleurs, la banque compte également capitaliser sur la notoriété grandissante de Casablanca Finance City (CFC). En effet, le dernier classement GFCI 20 (Global Financial Centers Index) vient de placer CFC au rang de deuxième place financière dans la zone MENA, ce qui contribue à doper son attractivité auprès des investisseurs étrangers dont le référentiel d'exigence est très élevé.  Du sang neuf qui s’ajoutera, du coup, à une clientèle locale assez diversifiée. Cela concernera trois grandes familles de clients dont les institutionnels et les gestionnaires d'actifs, les banques de marchés (ou les BFI) et les brokers que sont les banques de détail et les banques privées. La BCP semble par ailleurs consciente que «les besoins et les exigences des clients -notamment institutionnels- ont évolué. L’attente est grande en termes de qualité de services et d'offres à forte valeur ajoutée».

Pour cause, le marché titres a, selon les professionnels, largement gagné en maturité durant la dernière décennie. Les actifs en conservation ont évolué de manière presque constante au cours de cette période. La gestion d’actifs confirme d’année en année son évolution, avec une croissance annuelle moyenne de 15%. Il en ressort un encours d’actifs gérés de plus de 300 MMDH. Le marché de titrisation affiche, quant à lui, un léger regain d’intérêt surtout après la réforme de l’activité en 2013. La titrisation a longtemps été limitée aux créances des banques et des établissements publics avant de s’ouvrir à d’autres types d’établissements initiateurs et de nouvelles classes d’actifs. À cela, s’ajoutent d’autres opportunités devant le marché des titres, notamment avec l’arrivée imminente de nouvelles classes d'actifs, à savoir les OPCI et les Sukuks, sans oublier l'évolution remarquable du marché du prêt/emprunt de titres qui a généré à fin 2016 quelque 325 MMDH alors qu’il ne dépassait guère les 10 MMDH, il y a une dizaine d’années. Ce dernier se verra renforcé davantage avec le projet de création de la Chambre de compensation, nécessaire, selon les professionnels de la place, à la gestion du risque de contrepartie et l'amélioration du pricing des opérations.   

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