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Les recettes des sociétés de Bourse durant 2015 dénotent d’une reprise certaine malgré la morosité du marché. Les années 2016 et 2017 s’annoncent prometteuses.

Bien que 2015 ait été une année négative pour le marché boursier -avec une baisse des cours de la majorité des valeurs cotées, et seulement 24 sociétés affichant des évolutions positives- aboutissant à une contre-performance du Masi de -7,22 %, la légère hausse de la volumétrie de 2,8% entre 2014 et 2015 (à 40,5 MMDH, dont 28,8 MMDH sur le marché central) a tiré dans son sillage les performances des sociétés de Bourse. Ces dernières, fortement affectées durant les années 2013 et 2014, arrivent enfin à redresser la barre pour afficher des bénéfices nets qui progressent de moitié. Ainsi, au terme de 2015, les 17 sociétés de Bourse que compte le marché ont totalisé un résultat net agrégé de plus de 22 MDH, reflétant une hausse de 52,85% par rapport au bénéfice global dégagé en 2014 (de l’ordre de 14,43 MDH). «L’amélioration de la capacité bénéficiaire des sociétés de Bourse s’explique, d’une part, par l’augmentation du résultat d’exploitation lié à la légère augmentation du volume des transactions et, d’autre part, par des opérations non courantes à l’image de la cession de titres de participation», expliquent les auteurs du rapport annuel de 2015 du CDVM (aujourd'hui AMMC).

L’intermédiation domine toujours
Les sociétés de Bourse ont réalisé un chiffre d’affaires total de près de 185 MDH, enregistrant ainsi une hausse de 10% par rapport à 2014. Le rapport fait état d’une répartition du chiffre d’affaires donnant la part du lion à l’activité d’intermédiation grâce à un revenu total de 141,35 MDH. Le conseil en opérations financières arrive deuxième avec des revenus de l’ordre de 13,24 MDH, contre seulement 4,31 MDH en 2014. Le placement des titres arrive troisième avec des revenus de 9,98 MDH au lieu de 7,76 MDH une année plus tôt. La garde des titres génère 5,72 MDH au lieu de 6,45 MDH (en 2014), tandis que la gestion de portefeuille ne rapporte que 0,37 MDH contre 0,49 MDH une année plus tôt. D’autres revenus non classifiés affichent un total de 14,34 MDH contre 14,64 MDH en 2014.

Upline Securities en tête de liste
Dans le détail, Attijari Intermédiation arrive en tête avec des revenus de 28,2 MDH. CFG Marchés arrive deuxième avec un chiffre d’affaires de l’ordre de 26,62 MDH. Upline Securities est troisième (25,83 MDH), CDG Capital arrive quatrième (19,58 MDH), BMCE Capital Bourse est cinquième (17,09 MDH), tandis que Mena CP (10,5 MDH) arrive sixième. Toutefois, ce classement diverge grandement en se référant au résultat net. En effet, c’est Upline Securities qui tient le haut du podium avec un bénéfice net de 8,82 MDH, en repli toutefois par rapport à 2014 (9 MDH). Une amélioration tirée essentiellement par ses produits financiers qui s’élèvent à 19,07 MDH, dont 17,84 MDH (contre 5,1 MDH en 2014) issus des intérêts et autres titres financiers. Ce niveau des produits a permis de dégager un résultat financier de 6 MDH contre seulement 361.597,41 DH une année plus tôt. Attijari Intermédiation passe au deuxième rang avec un résultat net de 7,58 MDH. CDG Capital Bourse est troisième avec un résultat net de 6,73 MDH, alors que CFG Marchés est quatrième avec un bénéfice net de 4 MDH. L’amélioration des résultats de cette dernière émane essentiellement des produits financiers qui se sont bonifiés de 2,37 MDH d'intérêt sur prêt. Le résultat financier passe en conséquence d’un déficit de 121.843,4 DH à un bénéfice de 2,45 MDH. L’activité non courante y contribue aussi avec un résultat non courant qui passe de 181.948,39 DH à 3,82 MDH.

Le Fonds de garantie en légère hausse
Sur un autre registre, le Fonds de garantie a marqué une hausse de 6,22% entre 2014 et 2015 pour atteindre un montant de près de 39,44 MDH. D’après le rapport annuel du CDVM, «les cotisations versées au titre de l’année 2015 n’ont pas connu d’évolution notable par rapport à l’année 2014 du fait de la stagnation de la valeur des actifs conservés par les sociétés de Bourse, dont le montant moyen avoisine les 9 MMDH pour les années 2014 et 2015». Pour rappel, le fonds de garantie a été créé dans l’objectif d’indemniser la clientèle des sociétés de Bourse mises en liquidation. Il est alimenté par les cotisations semestrielles des sociétés de Bourse teneuses de comptes. Le montant desdites cotisations est déterminé en pourcentage du volume des titres et espèces conservés par chacune de ces sociétés. À ce jour, le recours à ce fonds n’a jamais été nécessaire.

Plus d’anomalies d’ordre opérationnel
Pour ce qui est du contrôle, le gendarme de la Bourse a effectué, en plus des missions générales, d’autres missions à caractère ponctuel et thématique ont été réalisées telles que le contrôle de l’activité prêt/emprunt de titres, le contrôle des membres du syndicat de placement lors d’une IPO, le contrôle des nouveaux locaux d’une société de Bourse lors d’un changement de siège social, etc. Plus de la moitié (63%) des incidents relevés auprès des sociétés de Bourse concernent les aspects opérationnels, financiers ainsi que ceux relatifs au dispositif du contrôle interne. Ainsi, la régularisation des erreurs et la gestion des comptes de la clientèle au niveau des opérations représentent à elles deux 21% des anomalies et insuffisances relevées. La baisse des indicateurs financiers au niveau des moyens représente 21%, les insuffisances du dispositif du contrôle interne et du suivi des règles prudentielles représentent aussi 21% des anomalies. Les dossiers clients incomplets représentent 14% des anomalies, la qualité de l’information transmise à l’autorité représente 8%, le traitement des opérations sur titres en ce qui concerne la conservation des actifs représente aussi 8% alors que les moyens matériels et techniques représentent 7% des anomalies et insuffisances relevées.

Des perspectives prometteuses
Dans le sillage de la bonne moisson sur le marché boursier de 2016, avec un Masi en hausse de plus de 30%, les sociétés de Bourse s’attendent à de bons résultats. De plus, la démutualisation de la Bourse de Casablanca a permis à ces sociétés de toucher pour la première fois leurs dividendes auxquels s’ajoutent les profits pour la cession d’un pourcentage de leurs parts au profit des nouveaux actionnaires. «Les anciens actionnaires ont cédé une partie de leurs actions dans la Bourse de Casablanca, empochant ainsi une plus-value sur cession, qui s’est ajoutée aux dividendes touchés, sachant que la Bourse de Casablanca n’avait jamais distribué de dividendes auparavant», explique Hicham Chebihi Hassani, partner à Oaklins Atlas Capital, en marge de la conférence de presse que sa société a tenue vendredi (voir page 9). Et d’ajouter que «les actionnaires historiques ont une part importante dans la répartition des fonds propres de la Bourse de Casablanca. Nous enregistrerons des résultats très importants en 2016 (les travaux de clôture d’exercice sont toujours en cours, ndlr), mais une fois cette partie exceptionnelle enlevée, nous nous situerons plus ou moins au niveau de 2015». Quant aux perspectives pour l'année en cours, elles sont tout autant prometteuses. Le patron d’Oaklins Atlas Capital se réjouit des performances affichées par la Bourse de Casablanca courant janvier, qui est «un mois record en termes de chiffre d’affaires. Nous espérons que cette situation continue sur le marché de la Bourse», enchaîne Chebihi Hassani. Un joli pactole en somme pour 2016, et une année bien profitable qui se profile à l'horizon en 2017! 

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