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Les Cahiers des ÉCO / Épargne & Invest

Touhami RABII, PDG de GEMADEC

Courrier hybride, identification biométrique, signature électronique...Voici les métiers qui ont permis à GEMADEC de prospérer. La société figure même parmi ces pépites marocaines qui excellent tant au niveau local qu’à l’international. Pour donner un coup d’accélération à son développement, l’entreprise a intégré dernièrement le programme ELITE -établi par la Bourse de Casablanca et London Stock Exchange. Retour sur la genèse de cette entreprise et son évolution...

Les Inspirations ÉCO : GEMADEC n’est pas connu du grand public. Pouvez-vous nous présenter votre entreprise ?
Touhami Rabii : Créée en 1977, GEMADEC est une entreprise à capitaux 100% marocains, spécialisée dans l’édition et l’intégration des solutions informatiques. Pionnière dans ce métier, GEMADEC a pu développer une expertise tout en offrant des produits «innovants» à ses clients. Aujourd’hui, nous nous sommes positionnés dans «le courrier hybride», ce qui nous a valu en 2011 d’intégrer l’Union postale universelle (une institution spécialisée de l’Organisation des Nations Unies). Cette agence, qui œuvre à améliorer le développement des différents systèmes postaux à travers le monde, regroupe tous les pays membres de l’ONU ainsi que quelques entreprises internationales (5 au total) dont GEMADEC. Nous avons gagné au fil des années une certaine notoriété au sein du milieu professionnel marocain, africain, et international. Une notoriété qui a été renforcée grâce aux moyens que nous mettons en place et aux investissements qui permettent de compenser notre taille.

Justement, comment a évolué votre entreprise durant ces 40 ans d’existence. Quelles sont vos réalisations ?
À fin 2016, GEMADEC a réalisé un chiffre d’affaires de 60 MDH pour un capital de 20 MDH. Nous avons un effectif de 50 personnes constitué majoritairement d’ingénieurs. Nous avons accompagné les grands organismes dans leurs premiers pas vers le digital. Outre le courrier hybride pour les postes, nous travaillons actuellement avec certaines banques sur la dématérialisation des dossiers de crédit. Nous avons également développé un savoir-faire particulier dédié à l’identification et la biométrie. Nous avons lancé, pour le compte du gouvernement, une solution «e-parlement» qui est opérationnelle au niveau de la Chambre des représentants. Elle s’inscrit dans une approche du contrôle de l’action gouvernementale, ainsi que dans l’élaboration des lois. Nous sommes actuellement en discussion avec plusieurs parlements africains pour exporter cette technologie.

Votre présence en Afrique parlons-en. Comment se décline votre stratégie à l’international ?
Nous réalisons 70% de notre chiffre d’affaires à l’export. Nous avons pour l’instant une seule filiale au Sénégal (GEMADEC Sénégal). Nos missions en Afrique sont assez diversifiées. Nous avons géré, par exemple le système des élections, le contrôle des frontières ou encore le recensement biométrique des populations (Gabon, Côte d’Ivoire, Burkina Faso). Nous sommes en train de finaliser un grand projet qui dure depuis presque une année à Djibouti. Il permettra d’offrir des prestations de services sociales (système de couverture sociale) au profit des personnes nécessiteuses. Mais les contrats les plus récurrents concernent le courrier hybride. Nous collaborons beaucoup avec les pays de l’Afrique de l’Ouest.

Vous comptez vous installer dans un autre pays prochainement ?
Les choses pourraient s’accélérer en 2018. Jusqu’à maintenant nous étions des fournisseurs de solutions informatiques. Aujourd’hui, on évolue et on devient un opérateur avec des contrats de délégation de services où les postes nous délèguent une partie de leurs services, moyennant une concession et un contrat de délégation de service. En devenant délégataire, il nous faut un pied à terre dans le pays concerné. Nous sommes donc amenés à s’installer dans plusieurs pays du continent.

L’Afrique anglophone en fait partie ?
GEMADEC a commencé à démarcher sur le continent africain depuis environ une quinzaine d’années. La proximité culturelle et linguistique a fait qu’on s’est rapproché des pays de la région francophone en premier lieu. Cette vocation à l’international a tout naturellement débuté en Mauritanie pour passer par le Sénégal, la Côte d’Ivoire… pour atteindre désormais les pays d’Afrique Centrale. Mais aujourd’hui, nous commençons à prospecter en Afrique de l’Est. Nous sommes actuellement en discussion très avancée avec certains pays anglophones -dont le Nigéria- et qui devraient aboutir en 2018.

Et le reste du monde ?
Nous sommes présents dans les pays du Golfe où nous équipons la Poste Saoudienne… Le fait d’avoir planter le drapeau marocain dans ce pays est un tremplin pour continuer de prospecter dans les pays de la région Middle East… L’Europe est un marché saturé et ils ont déjà ce qu’il faut, mais GEMADEC continue de surveiller les pays de d’Europe de l’Est, où il y a un réel potentiel. Il y a une autre région qui nous intéresse fortement et qu’on est en train d’explorer, c’est l’Amérique Latine.

Vous avez acquis une expérience dans l’équipement des grandes institutions au Maroc et ailleurs. Existe-t-il des formules adaptées aux PME ?
Nous ne pouvons pas couvrir tous les marchés. GEMADEC s’est spécialisée dans les grands comptes. Nous sommes conscients que le marché PME/PMI a un grand potentiel et qu’il est très important de les accompagner dans leur processus de digitalisation. Mais nous ne sommes tout simplement pas assez équipés (50 personnes) pour couvrir la totalité du marché du territoire marocain.

La dématérialisationse généralise, comment vous positionnez-vous face à la concurrence?
Que ce soit au niveau local ou au niveau du continent, la digitalisation des services s’est nettement accélérée ces dernières années. GEMADEC était quasiment «seul» il y a une dizaine d’années sur l’ensemble du continent. Ce n’est que dernièrement que les gens se sont rendu compte que l’avenir de la croissance est en Afrique. Depuis, les deals sont beaucoup plus difficiles à gagner. Et pour se distinguer, que ce soit au niveau local ou international, tout se joue sur l’innovation, sur la qualité de services, sur la proximité client pour mieux comprendre les problèmes et apporter les meilleures solutions. Notre bataille quotidienne. À savoir, plus de 10% de nos ressources sont dédiées à la recherche. Un chiffre qui est bien évidemment amené à croître à l’avenir.

C’est ce qui vous a motivé pour intégrer la 3e cohorte du programme ELITE ?
Plusieurs points entrent dans le cadre de cette démarche ELITE:

Vous savez, GEMADEC affiche chaque année une croissance à deux chiffres (+10%), mais elle ne peut pas continuer à faire uniquement de la croissance organique. Nous cherchons désormais de la croissance externe en attirant des sociétés qui ont du talent pour les greffer ensuite à un écosystème autour de GEMADEC. C’est une démarche validée avec nos actionnaires. Et aujourd’hui, nous sommes vraiment intéressés par la création de cet écosystème sur des métiers connexes à GEMADEC pour pouvoir grandir plus vite que le marché et plus vite qu’une croissance normale -qu’on peut avoir d’une manière intrinsèque-. Nous sommes aujourd’hui en train de regarder des sociétés en Afrique qui peuvent être complémentaires à GEMADEC et qui permettront d’aller plus vite sur certaines régions.

Pour se développer à l’international, innover ou investir en R&D, il faut beaucoup de moyens. Le programme ELITE va nous permettre, à terme, de nous ouvrir sur des financements et des marchés financiers internationaux. Aujourd’hui, on ne peut pas accélérer notre développement à l’international avec des moyens limités. À un moment donné, il faut arriver à dépasser la taille critique qui nous permet d’être compétitifs. Sur tous les deals que nous faisons, nos concurrents sont des géants par rapport à nous, mais GEMADEC arrive à s’imposer, parce qu’elle est beaucoup plus agile et réactive.

La procédure s’inscrit également dans une démarche de progrès et d’amélioration continue de sa gouvernance, qui s’est engagée depuis plusieurs années et qui s’est couronnée par plusieurs certifications et labels qui hissent GEMADEC au niveau des plus grands standards internationaux. Parce que notre conviction est qu’une entreprise ne peut avoir des ambitions internationales sans être dans un référentiel international. En plus, notre objectif est de faire bénéficier notre management des formations d’accompagnement dispensées dans le cadre du programme. On atteindra à terme des standards beaucoup plus avancés et exigeants qu’une entreprise normale de notre taille.

Pensez-vous être prêts pour une éventuelle introduction en Bourse ?
Il y a une volonté, mais ce n’est pas encore une décision. S’il y a un moyen de se faire financer par le marché pour continuer à innover et servir le client, on le fera. Mais chaque chose en son temps.

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