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Ismaïl Douiri, directeur général d’Attijariwafa bank

Les Inspirations ÉCO : Comment s’est déroulée l’année 2016 pour Attijariwafa bank, en termes d’activité ?
Ismaïl Douiri : 2016 a été une année globalement satisfaisante pour Attijariwafa bank, vu les contraintes et la situation de l’environnement général, au Maroc ou dans les autres pays de présence de la banque. La situation a été telle que la demande de crédit a été relativement faible, donnant suite à une forte pression sur les marges d’intérêts du fait notamment de la forte concurrence. Notons toutefois une certaine amélioration du coût du risque, inhérente -entre autres- à notre anticipation des risques marchés. En effet, nous avons procédé, durant les années 2014 et 2015, à un certain nombre de déclassements, d’allègements et de provisionnements qui nous ont permis en 2016 d’être dans une situation confortable en matière de risque. Ailleurs, dans nos zones de présence, la banque a bénéficié d'une très bonne dynamique de croissance. Cette dernière a parfois été contrée par les difficultés de l’environnement macroéconomique, en Tunisie par exemple.

À quoi revient l’amélioration du coût du risque ?
La baisse du coût du risque de la banque, au niveau national, revient à l’amélioration de la qualité du portefeuille client, avec une posture toujours anticipative des incidents. Ce procédé se traduit mécaniquement par une diminution du risque et l’allègement de nos encours. Ceci est une démonstration de la pertinence de notre pilotage rapproché des risques, qui ne s’arrête pas avec la décision de l’octroi du crédit; bien au contraire, il ne commence qu’à ce moment-là, à travers l’accompagnement du client durant toutes les étapes de son projet. Dans d’autres pays, l’amélioration du coût du risque est due au fait que la banque a procédé à un rattrapage de provision sur ses créances saines au niveau de toutes les banques de détail en 2015 et 2014. Nous avons pu harmonisé nos systèmes de pilotage et de provisions anticipées, avant que les créances ne se dégradent.

Quels sont vos projets en cours en dehors du Maroc ?
Il faut rappeler qu’Attijariwafa bank a des projets qui ne sont pas complètement finalisés, notamment en Égypte et au Rwanda. La priorité est donc de terminer l’étude dans le cas du Rwanda et d'obtenir les autorisations réglementaires dans le cas de l’Égypte pour réellement nous assurer de convertir ces «opportunités» en véritable sources de contribution aux résultats de l’année 2017, mais c’est aussi s’assurer qu’une fois ces opérations faites, la transformation des cibles permettra de capturer toutes les synergies qui avaient été anticipées, en matière de produits comme de charges. Notons qu’il s’agit de projets de taille figurant parmi nos priorités, impliquant la mobilisation de nos meilleures ressources. Un autre projet important pour nous, le lancement de «Greenfield» au Tchad, pour lequel nous avons l’agrément et mis en place tout les dispositifs nécessaires, ainsi son lancement devrait être effectif incessamment. Ceux-ci sont nos seuls projets prévus pour 2017, mais nous restons toutefois à l’affût de toutes les opportunités qui pourraient se présenter.

AWB est-elle prête pour l’activité de la finance participative ?
Déjà, nous accueillons la réforme du secteur de la finance participative très favorablement puisqu’elle offre des choix supplémentaires aux clients. C’est une opportunité que nous avons déjà tenté de saisir, avant même que la réglementation ne soit aussi complète et rigoureuse qu’elle ne l’est actuellement, puisque nous avons créé une société financière spécialisée nommée Dar Assafaa, qui, depuis quelques années, commercialise des produits participatifs. Avec les nouvelles réglementations, nous avons pu combler les vides qui existaient. Cette expérience nous a permis d’évaluer les attentes du marché marocain, d’avoir un réseau déjà à notre disposition et un personnel formé. Nous considérons que nous avons de l’avance qu’il faut veiller à conserver, surtout avec la nouvelle concurrence. Actuellement, nous sommes dans l’attente de la publication de quelques textes réglementaires. Le lancement devraient intervenir d’ici quelques semaines, pour l'ensemble des banques participatives.

Quel sera le plus grand défi du lancement de la finance participative au Maroc ?
Le plus grand défi réside au niveau de la communication. Il faudra veiller à ce que les clients comprennent exactement ce qu’offriront les produits de la finance participative, et les différentes conditions liées à ses contrats. Il faut être vigilant face à toute tentative de manipulation de l’opinion publique, car, finalement, les banques participatives ont le même objectif que les banques conventionnelles, qui n'est autre que de financer l’économie réelle. Ce nouveau marché sera réglementé par la Banque centrale et va sans aucun doute contribuer à l’amélioration de la bancarisation au royaume.

À quoi est due la baisse actuelle des taux de crédit  ?
Il faut noter qu’on est dans une situation où il y a eu d’abord la baisse du taux directeur en mars dernier, donc certaines ressources sont un peu moins coûteuses pour les banques. De même, il y a eu surtout l’intensification de la concurrence au regard de la demande de crédit qui reste très faible. Ainsi les banques «s’arrachent» les seuls clients qui continuent à demander les crédits, et qui sont souvent de grandes entreprises disposant d’un fort pouvoir de négociation, vu qu’elles ont le choix entre 5 ou 6 banques.

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