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En s’en prenant directement au Maroc sur le continent, le ministre algérien des Affaires étrangères annonce la couleur: l’Algérie entend faire de l’Afrique le nouveau terrain de confrontation avec le Maroc.

Les propos  diffamatoires  du chef de la diplomatie algérienne, Abdelkader Messahel, sur le Maroc ont ravivé les tensions entre le royaume et son voisin de l’Est. Lors d’une intervention le 20 octobre lors du Forum des chefs d’entreprises (FCE) algérien, Abdelkader Messahel a proféré de  graves accusations. Mais plus qu’une énième querelle de voisinage entre les deux pays, c’est la lutte d’influence entre le Maroc et l’Algérie sur le continent que révèle la sortie du ministre algérien des Affaires étrangères. Il est évident qu’à l’instar du Maroc, l’Algérie tente, depuis près de deux ans, de renforcer sa présence économique en Afrique. Un «Forum africain d’investissements et d’affaires» a ainsi été organisé pour la première fois à Alger en décembre 2016. Depuis, les missions d’affaires du secteur privé algérien se multiplient sur le continent. Comme le fait le Maroc depuis plus d’une décennie, les chefs d’entreprises du pays voisins ont également pris plaisir à aller tâter le terrain au Sud du Sahara, à rencontrer leurs partenaires subsahariens et à étudier des opportunités d’affaires. Néanmoins, la longueur d’avance prise par le royaume est telle que même en Algérie, on est conscient que le retard sera extrêmement difficile à rattraper. D’ailleurs, c’est ce constat quasi-fataliste exposé à Messahel par un homme d’affaires algérien qui est à l’origine de cette réponse pas du tout diplomatique.

Concurrents... vraiment ?
Alors que l’Algérie se cherche encore sur le continent, le Maroc est parvenu à y occuper le fauteuil de premier pays africain investisseur, en ravissant la vedette à l’Afrique du Sud. En 2016, en effet, le royaume a investi plus de 4 milliards de dollars en Afrique, soit 5,1% du total des IDE en Afrique, constate le cabinet mondial Ernst&Young (www.leseco.ma). La même source rapporte également que les entreprises marocaines ont créé pas moins de 3.957 emplois, l’année dernière en Afrique, soit une hausse de 3,1% par rapport à 2015. À l’heure où le Maroc gagne en respect et en prestige grâce à sa politique d’intégration des migrants subsahariens, son voisin fait l’actualité par ses campagnes d’expulsions de candidats africains à l’Eldorado européen qui transitent sur son sol. Au moment où le Maroc est en train de réussir son pari d’intégrer la CEDEAO, son voisin d’Afrique du Nord peine à gagner la confiance de ses partenaires subsahariens. En somme, comme on le dit dans le langage courant, «il n’y a pas photo» entre le Maroc et l’Algérie en Afrique. Loin de toute subjectivité ou de parti-pris, la réalité des chiffres et les actions concrètes sur le terrain sont là pour le confirmer.

Influence
Cela dit, il n’est dans l’intérêt d’aucune partie de considérer l’Afrique comme un terrain de confrontation. La sortie du chef de la diplomatie algérien devant les hommes d’affaires de son pays rappelle les joutes verbales qui rythment les rencontres d’officiels africains. Il ne se passe en effet aucune réunion à l’échelle continentale sans qu’une passe d’armes n’oppose l’Algérie au Maroc. Ces scènes n’en finissent d’agacer les responsables gouvernementaux et dirigeants africains, et par conséquent, de ternir l’image de tous. Partout sur le continent, on est certes à la recherche de partenaires économiques nouveaux, notamment dans un esprit de coopération Sud-Sud, mais on apprécie moins que les pays africains soient transformés en arène de lutte d’influence. Les milieux économiques africains le font de plus en plus savoir. Hélas, avec ses dernières déclarations, il n’est pas sûr que le ministre algérien des Affaires étrangères l’ait vraiment compris. 


Des patronats africains solidaires du Maroc

En plus du ministère des Affaires étrangères, du Groupement professionnel des banques du Maroc (GPBM), de Royal Air Maroc et du doyen des ambassadeurs africains accrédités au Maroc, le patronat marocain est monté au créneau pour condamner les déclarations du chef de la diplomatie algérienne. Dans un communiqué, la Confédération générale des entreprises du Maroc (CGEM), rejette «ces propos, graves et sans fondement, [qui] constituent également une atteinte à la souveraineté des États africains et une agression contre leurs organes de gouvernance, de régulation et de sécurité». De sources proches du patronat marocain, on indique que plusieurs opérateurs économiques africains ont également condamné les propos du responsable algérien, et exprimé leur solidarité et leur confiance à leurs partenaires marocains. Certains patronats africains promettent ainsi de prendre publiquement position en faveur du Maroc. Affaire à suivre.

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