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Les Cahiers des ÉCO / Afrique

Après le report de son lancement en 2015, puis l’échec annoncé pour 2020, la monnaie unique de la CEDEAO se fait attendre. En décidant d’y adhérer une fois qu’elle est lancée, le Maroc exposera son économie à de sérieuses incertitudes.

Utopie ou réalité, la création d’une monnaie unique de la CEDEAO continue d’alimenter les débats. Surtout dans ce contexte actuel marqué par les critiques sur le Franc CFA et par la volonté affichée par le Maroc d’adhérer à cette future monnaie unique en cas d’acceptation de sa candidature en tant que 16e pays membre de la CEDEAO. Et pourtant, ce feuilleton monétaire qui peine à atteindre son épilogue, est ouvert depuis plus de 17 ans. En effet, c’est en 1999, lors d’un sommet dans la capitale togolaise, Lomé, que les chefs d’État des pays membres de la Communauté économique ouest-africaine décident de créer une monnaie unique de la CEDEAO…en 2015. Étant donné que 8 pays de la CEDEAO sont membres de l’Union monétaire ouest africaine (UEMOA) et partagent déjà la même monnaie, à savoir le Franc CFA, il est alors décidé, dès l’an 2000, de lancer une union parallèle. Ce second regroupement, censé réunir les autres pays de la CEDEAO qui disposent chacun de sa propre monnaie locale, est dénommée Zone monétaire d’Afrique de l’Ouest (ZMAO). Celle-ci devait ainsi aboutir, en 2015, au lancement d’une monnaie qui allait porter le nom de «ECO», et par la suite, de la fameuse monnaie unique dont le lancement a entre-temps été repoussé en 2020.

«ECO», CFA, ZMAO
Sauf que rien ne se passe comme prévu. Non seulement les pays membres de la ZMAO (Gambie, Ghana, Guinée, Libéria, Nigéria, Sierra-Léone) ne parviennent pas à créer leur «ECO», mais, plus globalement, des obstacles entravent le lancement de la monnaie unique de la CEDEAO. «En somme, la convergence insuffisante des économies ouest africaines reste le principal argument avancé pour étayer les positions prônant un ralentissement de la marche vers la monnaie unique dans la région», constate la Banque africaine de développement. Autrement dit, le taux d’inflation fixé à 5% par la CEDEAO n’est pas respecté par tous, notamment les poids lourds anglophones que sont le Nigéria et le Ghana, dont les taux sont à deux chiffres. Ensuite, le déficit du PIB plafonné à 4% demeure encore impossible à généraliser chez tous les membres. Conséquence, après les reports de 2015, l’échéance de 2020 est à son tour oubliée. En juin dernier à Monrovia, l’actuel président de la Commission de la CEDEAO, le Béninois, Marcel de Souza, déclarait sans appel : «Une économie est convergente lorsqu’il y a une politique budgétaire coordonnée à la fois avec une politique monétaire et une politique d’endettement. Ce qui n’est pas encore le cas actuellement pour nos États, où l’inflation constitue un véritable problème».

Et le Maroc dans tout ça ?
Dans ce contexte, le Maroc, qui espère une réponse favorable à sa demande d’adhésion dès décembre prochain, promet de joindre le mouvement en adoptant à son tour la monnaie de la CEDEAO. Cette éventualité, à en croire certains économistes, ne serait pas un choix judicieux, bien que l’appartenance à la CEDEAO engage le royaume à respecter toutes les décisions de ce groupement régional. «Je ne vois aucun intérêt pour le Maroc d’adhérer à cette monnaie unique. Le contraire reviendrait pour lui à perdre une bonne partie de sa politique économique», avertit, sans ambages, Khadim Bamba Diagne, directeur scientifique du Laboratoire de recherches économiques et monétaires à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar. Selon lui, si le royaume adhère à cette monnaie, son économie sera fortement exposée aux mêmes risques redoutés par les autres États membres de la CEDEAO. «Si aujourd’hui, on parle de monnaie unique de la CEDEAO, cela reviendrait tout bonnement à parler d’une monnaie du Nigéria. Car ce pays est la première économie de la CEDEAO et représente 78% de son PIB. Si la CEDEAO parvient à une unité monétaire, elle sera sous domination nigériane. Sauf que l’économie nigériane est aussi volatile que les cours du pétrole dont elle dépend à 73%». Donc, selon le spécialiste monétaire, «entraîner la CEDEAO dans une monnaie unique revient à exposer l’ensemble de ses pays aux incertitudes de l’économie nigériane. Et je ne crois pas que des pays comme la Côte d’Ivoire et le Sénégal vont l’accepter». Le Maroc l’a peut-être déjà compris, mais privilégie, pour le moment, le langage diplomatique…


Chiffres clés

1975
Création de la CEDEAO

1980
Le processus d’intégration monétaire dans la CEDEAO est envisagé dès les années 80

1999
Le Sommet de Lomé prévoit la création d’une monnaie unique en 2015

2000  
Décision de créer la Zone monétaire d’Afrique de l’Ouest (ZMAO) qui regroupe les pays hors UEMOA afin de faciliter la création de la monnaie unique. Cette ZMAO n’a pas encore vu le jour.

2014
 Le lancement de la monnaie unique de la CEDEAO en 2015 est reporté à 2020

2017
 Lors du Sommet de Monrovia, l’échéance de 2020 est jugée intenable. On parle désormais de 2025 ou 2030

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