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Les Cahiers des ÉCO / Afrique

Le Maroc, selon l’Élysée, a de la volonté pour soutenir la France dans le déploiement d’une force de stabilisation au Sahel, mais quelle serait la nature de ce soutien ?

Au sortir de sa première entrevue avec le roi Mohammed VI jeudi 15 juin à Rabat, le nouveau président français, Emmanuel Macron, qui effectuait sa première «visite de travail et d’amitié» au Maroc, semblait heureux. En tout cas, sur un point précis : le dossier relatif au Sahel. En effet, face à la presse, le nouveau locataire de l’Élysée a déclaré à propos du souverain marocain : «J’ai vu un partenaire concerné, et qui a de la volonté de participer à nos efforts dans la stabilisation au Sahel. Je pense que c’est un élément important et la volonté aussi d’être très vigilant sur tous les foyers potentiels de déstabilisation en Afrique». La France, qui peine à supporter les coûts de son opération militaire «Barkhane» dans la région sahélienne est dans une recherche active de partenaires pour lui alléger le fardeau. À l’ONU, l’Hexagone tente péniblement d’obtenir le feu vert du Conseil de sécurité des Nations-Unies pour soutenir la mise sur pied d’une force de 5.000 hommes par les États membres du G5, c'est-à-dire des pays du Sahel que sont la Mauritanie, le Mali, le Niger, le Burkina Faso et le Tchad. Américains et Britanniques se sont opposés à une résolution engageant un financement de cette force par l’ONU. L’Administration Trump, soucieuse de baisser drastiquement ses contributions financières aux opérations onusiennes, refuse pour l’heure d’accéder à la requête française.

350 millions d’euros
Ce blocage au niveau du Conseil de sécurité oblige la France à chercher et à diversifier les soutiens, notamment sur la scène africaine. La question a ainsi été évoquée la semaine dernière à Alger par le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian. Presque au même moment, son mentor, Emmanuel Macron, sollicitait auprès de la haute bienveillance royale l’implication du Maroc dans ce dossier complexe car il faut le rappeler, à peine 50 millions d’euros de promesses de contributions financières ont été obtenus jusque-là, en provenance de l’Union Européenne alors que la force du G5 Sahel aura besoin d’environ 350 millions d’euros par an pour son fonctionnement.

Renseignement marocain
Si logiquement, les troupes du G5 Sahel ne devraient être constituées que des soldats issus des pays situés sur cette zone aride aux portes du Sahara, toute autre contribution étrangère se limiterait à une assistance soit technique, soit financière. Dans ce contexte, si, comme le déclare le président français, le Maroc a la volonté de participer aux efforts français dans la région du Sahel, le royaume pourrait alors participer aux opérations sur le terrain par son expertise dans le domaine du renseignement. C’est probablement l’un des rares moyens d’action possible depuis Rabat, au regard de la sensibilité de ce vaste espace géographique et surtout de la complexité des acteurs en jeu. Les pays membres du G5 Sahel ne sont pas forcément les meilleurs alliés du Maroc sur le continent. Ils sont traditionnellement plus proches du voisin algérien. Le Maroc, en dépit de sa disposition à contribuer à la «stabilisation» du Sahel comprend certainement que le sable mouvant de cet espace géographique requiert une grande prudence. 


Renseignement et maintien de la paix

En Afrique, le Maroc se distingue dans le domaine du renseignement. Le royaume est de plus en plus sollicité par les pays du continent pour partager son expertise. C’est notamment le cas de la Côte d’Ivoire qui a fait appel aux services sécuritaires marocains au lendemain des attentats meurtriers du Grand Bassam en mars 2016, qui avaient fait 19 morts. Le Burkina Faso a également sollicité la coopération marocaine dans le renseignement (www.leseco.ma). Rabat a dans ce sens reçu la visite du ministre burkinabè de l’Intérieur pour concrétiser les axes de cette coopération. En dehors du renseignement, les interventions militaires du royaume sur le continent se limitent jusque-là au cadre des missions de maintien de la paix ou d’assistance humanitaire. Actuellement, quelque 1.596 militaires marocains participent à ces opérations, notamment en République Centrafricaine. 


Emmanuel Macron
Président de la République Française

[En Afrique], le Maroc joue un rôle croissant et nous ne pouvons que nous féliciter de l’entrée du Maroc à l’Union Africaine et prochainement au sein de la CEDEAO, mais aussi de la volonté affirmée qui est la sienne de coopérer avec la France dans sa stratégie de stabilisation régionale. J’ai vu un partenaire concerné, et qui a de la volonté de participer à nos efforts dans la stabilisation au Sahel. Je pense que c’est un élément important et la volonté aussi d’être très vigilant sur tous les foyers potentiels de déstabilisation en Afrique. Plus largement, je suis pour ma part convaincu que la France et le Maroc ont aujourd’hui ensemble en Afrique une politique commune à conduire. Celle qui consistera à développer avec les entrepreneurs privés, avec les artistes, le monde éducatif et culturel, une forme de libération des sociétés partout où elles sont en train de s’épanouir et de repenser une relation équilibrée en Afrique s’appuyant sur les sociétés civiles. C’est le cœur de la politique partenariale que je souhaite conduire, où à côté de la sécurisation parfois nécessaire, il y a des actions que nous avons à conduire. Il doit y avoir une volonté de développement, une politique éducative beaucoup plus forte. Également un travail avec les entrepreneurs, avec la société civile, avec le monde universitaire, pour permettre qu’adviennent justement les changements qui aujourd’hui sont en train de se faire en Afrique. C’est de cela dont nous avons également parlé avec le roi du Maroc et je crois qu’il partage aujourd’hui cette vision.  

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