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Les Cahiers des ÉCO / Afrique
Nasser Bourita, Ministre des Affaires étrangères et de la coopération internationale

La célébration de la «Journée de l’Afrique» à Rabat a été l’occasion pour le ministre des Affaires étrangères et de la coopération internationale, Nasser Bourita, d’expliquer la nouvelle politique africaine du Maroc et surtout de revenir sur le processus d’adhésion du royaume à la CEDEAO. Extraits...

 «La politique africaine du Maroc n’est plus sous-régionale mais continentale»
 La célébration annuelle de la «Journée de l’Afrique» est faite dans tous les pays africains. Cette année, au Maroc, cet événement a un goût particulier puisqu’il coïncide avec une série d’événements très importants qui ont couronné tout un investissement royal pour le retour du Maroc à l’Union Africaine et l’adhésion à la CEDEAO. Ces deux événements constituent des évolutions importantes dans la politique africaine du Maroc mais au-delà le seuil nouveau atteint par la politique africaine du royaume se décline en plusieurs éléments. D’abord, c’est une politique qui n’est plus sous-régionale, mais continentale. Les déplacements royaux le démontrent. Sa majesté a été aussi bien en Afrique de l’Ouest, Centrale, de l’Est qu’Australe. Donc le déploiement diplomatique du Maroc est devenu continental.

«Une politique de petits et de grands projets»
Le deuxième élément est que cette politique africaine combine à la fois la réalisation de petits projets que de projets d’envergure. La construction d’une nouvelle ville au Soudan du Sud, l’aménagement du canal des Pangalanes à Madagascar et celui de la baie de Cocody à Abidjan ainsi que la construction d’une cité d’affaires à la place de l’actuel aéroport international de Dakar, sont des projets qui nécessitent des investissements importants et une expertise pointue mais à côté des projets de moindre envergure et à fort impact ont également été lancés. C’est le cas par exemple de la construction d’hôpitaux, de centres de formation, etc. Ce sont des projets de petite taille mais à fort impact.

«En Afrique, aucun pays n’a une offre similaire au Maroc»
Une autre dimension de l’évolution de la politique africaine du Maroc est que l’offre marocaine en Afrique est non seulement singulière, mais multidimensionnelle. Aucun pays n’a une offre similaire. Elle combine à la fois le militaire, le sécuritaire, le religieux, l’économique, le diplomatique, l’humain, le social, etc. C’est ce qui donne de la crédibilité à cette politique et par conséquent une réponse et une réaction positives de nombreux pays africains à l’offre marocaine. Enfin, cette évolution se décline sur un autre plan, à savoir le fait que la dimension institutionnelle est utilisée comme un élément amplificateur de la dimension bilatérale. C’est un moyen de renforcer la coopération sectorielle avec les pays. C’est comme une sorte de plateforme pour que le Maroc pèse dans l’agenda africain au niveau de la paix et de la stabilité, du développement, etc.

«Climat, migration, terrorisme : le Maroc positionne l’Afrique»
Il se trouve que le Maroc préside cette année trois grandes instances multilatérales : la COP22, le Forum global pour les migrations et le développement et le Forum global pour la lutte contre le terrorisme. Ces trois thématiques sont centrales et très importantes pour l’Afrique. Et sur ces trois thématiques, le Maroc essaie de placer l’Afrique au cœur de ces problématiques et fait en sorte que la voix de l’Afrique soit entendue sur ces thématiques.

«Le Traité de la CEDEAO doit évoluer»
Concernant la CEDEAO, l’accord de principe qui a été donné par le dernier sommet à Monrovia conforte le royaume dans sa démarche parce que le Maroc souhaitait d’abord une réponse politique à la demande politique formulée par sa majesté le roi le 24 février dernier. Cette réponse politique a été claire, nette et quasi-unanime en faveur de l’adhésion du Maroc. Les prochaines étapes portent notamment sur l’adaptation juridique. Il s’agit pour le Maroc d’adhérer au Traité de la CEDEAO. Et à ce propos, il y a une procédure constitutionnelle à suivre. Cela dit, je pense que le Traité de la CEDEAO doit évoluer pour inclure un nouveau pays. C’est une construction qui a plus de quarante ans, et donc des acquis. Ces acquis, le Maroc doit les intégrer et pour les intégrer, il faut des négociations qui tiendraient compte des objectifs du Maroc et des réalités des pays de la CEDEAO. Ce processus, le Maroc l’a prévu dès le départ, avec ses différentes étapes, savoir politique, juridique, etc.

«Le Maroc n’adhère pas à une région, mais à une organisation d’intégration régionale»
Même si l’on prend la réalité géographique, la CEDEAO regroupe les pays d’Afrique de l’Ouest. Et j’imagine qu’il n’y a pas un pays africain plus à l’Ouest que le Maroc. Le nom arabe ancien du Maroc c’est «Al Maghrib Al Aqsa», c'est-à-dire le pays de l’extrême Ouest. Qui est plus à l’Ouest entre le Maroc et le Niger ? Et puis si nous poursuivons dans cette logique, comment un pays plus au Sud que le Nigeria peut-il adhérer [à la CEDEAO, ndlr] alors que le Maroc, qui est à l’Ouest n’y adhère pas ? En plus, le cas de la Tunisie est un exemple éloquent. C’est un pays d’Afrique du Nord qui a rejoint la COMESA, laquelle regroupe les pays d’Afrique de l’Est et australe. Donc ce n’est pas une contrainte. Le Maroc n’adhère pas à une région car il est déjà dans une région qui s’appelle l’Afrique de l’Ouest, mais plutôt à une organisation d’intégration régionale.  

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