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Mo Ibrahim, homme d’affaires et président de la Fondation Mo Ibrahim

De passage à Casablanca, l’homme d’affaires anglo-soudanais, l’une des personnalités les plus en vue sur le continent, analyse la vie politico-économique du Maroc et commente le retour du royaume à l’Union africaine.

Les Inspirations ÉCO : Quel est votre avis sur la réintégration du Maroc à l’Union africaine ?
Mo Ibrahim : J'ai toujours été convaincu que le Maroc réintégrerait l'Union africaine et je suis très heureux que les choses soient en bonne voie. Je pense que toute la famille africaine devrait être à «l'intérieur d’une même tente», même si l'UA n'est pas parfaite. L’organisation a ses défauts et elle a besoin d'élever encore plus son niveau d’efficacité, mais c'est la seule organisation que nous avons à l’échelle du continent. Il faut savoir que le Maroc est un pays important, donc il ne devrait pas rester à l’écart de l’organisation. Je pense que tous les différends et les conflits devraient être résolus pacifiquement et en se parlant. C'est, à mon avis, la chose la plus sensée à faire pour nous Africains.

Le Maroc est-il un bon élève dans votre «indice sur la gouvernance africaine» ?
Oui, je pense que le Maroc est un bon élève dans notre indice. Le Maroc se positionne en 12e place dans notre classement qui compte 54 pays africains. L’approche utilisée par le Maroc, lors du «printemps arabe» a été différente de celle d’autres pays de la région. Ce fut une approche inclusive, qui ne consiste pas à exclure certaines composantes nationales du système. Le Maroc a réussi à gérer cette situation avec succès. Malgré tout, je pense que le pays doit encore faire des efforts dans le domaine de l’éducation, car son classement n’y est pas du tout honorable. Cela ne m’a pas beaucoup surpris car lors des échanges avec les acteurs de la société civile, il est apparu que le secteur de l’éducation constitue encore un vrai défi pour le pays.

Sur le plan politique, pensez-vous que le Maroc peut-être qualifié de pays démocratique ?
Le pays vient de tenir ses élections législatives le 7 octobre dernier. Après la reconduction de l’actuel chef de gouvernement, Abdelilah Benkirane, à son poste, on assiste à des tractations intenses pour la formation d’une majorité gouvernementale. Je vois que les discussions se poursuivent entre les différents partis. Malgré la durée assez longue de ses tractations, cela me paraît tout à fait sain du point de vue de la démocratie. Je pense que le processus démocratique avance de façon raisonnable dans son ensemble. Nous pouvons signaler deux choses. Le Maroc est depuis dix ans le 8e des pays qui connaissent les avancées les plus rapides. Sur le critère économique, le royaume du Maroc arrive en 3e position en matière d'évolutions continentales.

Quelle appréciation faites-vous justement de l’évolution de l’économie marocaine ?
Je pense que le Maroc avance bien sur le plan du développement. Comme la plupart des pays africains, il est confronté au défi de l'emploi pour les jeunes et à la nécessité d'améliorer son système d'éducation. Cela dit, l'économie du Maroc est robuste et à l’inverse de beaucoup de pays africains, elle ne dépend pas d'une seule ressource, ce qui lui donne de la résilience.

Votre fondation publie chaque année un indice sur la gouvernance. Où et comment va se tenir cet important évènement cette année ?
Notre réunion annuelle aura lieu à Marrakech. C'est notre dixième anniversaire et comme vous le savez, nous tenons nos réunions dans les capitales africaines, néanmoins cette année, ce sera au tour de Marrakech au Maroc. Cet important évènement est prévu du 7 au 9 avril. Nous espérons que ce sera une grande réussite.

Concernant la gouvernance en Afrique, comment jugez-vous le changement de régime intervenu en Gambie ?
En Gambie, nous avions affaire à un dictateur qui est, par ailleurs, unique dans son caractère et son comportement. On avait parfois l’impression d’avoir affaire à un clown. Je suis franchement très surpris qu'il n'a pas contrôlé l'élection plus étroitement comme on pouvait s’y attendre. Il a clairement surestimé sa propre popularité, tout en sous-estimant son principal opposant. Bien qu’il ait accepté le résultat des élections dans un premier temps, il ne voulait pas quitter le pouvoir. Dans ce cas de figure, il devait en être évincé et c’est ce qui s’est passé. C'est une victoire pour les Gambiens et c'est un problème qui n'aurait pas dû en arriver là. Nous souhaitons maintenant que le nouveau président, Adama Barrow, nous montre une autre façon de gouverner son pays. Nous espérons qu'il sera un bon président. Alors nous attendons pour voir. 

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