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Les Cahiers des ÉCO / Afrique

L’économie djiboutienne bénéficie de la position stratégique du pays, carrefour des voix maritimes. Les investissements consentis dans la construction de plateformes portuaires commencent à donner leurs fruits.

En 2018, la croissance du Djibouti devrait continuer à être tirée par les importants investissements, particulièrement dans les transports et les services publics et les retombées économiques des projets récemment menés à leur terme. Ainsi, la hausse du PIB devrait atteindre 7%, contre 6,9% l’année dernière. Bénéficiant d’une localisation géographique stratégique et d’un port en eau profonde, le pays entend devenir un pivot du transport intermodal en Afrique de l’Est. Situé sur la deuxième route d’expédition la plus fréquentée au monde (20% des exportations mondiales ; 10% du transit pétrolier), le port polyvalent de Doraleh, officiellement lancé en juin 2017 après des travaux de modernisation qui s’élèvent à 590 millions de dollars, participera au renforcement commercial de Djibouti en 2018. Les ports de Tadjourah et de Goubet, inaugurés quelques semaines après celui de Doraleh, dotent le pays des infrastructures nécessaires pour accélérer les exportations de potasse et de sel.

Flux d’IDE
Ces infrastructures se connectent à un réseau de transport qui comprend, notamment, la ligne de chemin de fer Djibouti - Addis-Abeba. Prévue pour fin 2018, l’achèvement de la construction de la zone franche Djibouti Silk Road Station, financée par l’investissement chinois, devrait stimuler l’activité du secteur privé et les flux d’IDE. Outre les transports, d’autres industries du secteur tertiaire se distinguent, à commencer par celle de la construction, portée par les projets d’infrastructure qui fleurissent, notamment dans le domaine des énergies renouvelables, comme la construction d’une centrale solaire et les forages d’exploration, qui débuteront en 2018, visant à exploiter le potentiel géothermique.

Faiblesses
Malgré la vigueur de la croissance économique ces dernières années, la pauvreté et le chômage demeurent endémiques. Les créations d’emplois ont, en effet, principalement bénéficié aux travailleurs expatriés, les qualifications manquant aux locaux. De plus, avec une économie essentiellement centrée sur les transports et services connexes, Djibouti est exposé à un ralentissement des flux commerciaux dans la région, particulièrement en Éthiopie, dont il gère 95% des importations. L’environnement sécuritaire et politique instable en Somalie, en Érythrée et au Yémen l’y expose d’autant plus. Un ralentissement économique de la Chine, qui finance la majorité des projets d’investissement, pénaliserait également la croissance djiboutienne. En 2018, grâce notamment à l’ancrage du Franc Djibouti au dollar, l’inflation devrait rester modérée.

Investissements
Les investissements consentis sur la période 2014-2016 ont exercé une pression considérable sur le budget de l’État. Les ratios de déficit budgétaire se sont toutefois améliorés en 2017 grâce à un contrôle des dépenses courantes, mais surtout grâce à une réduction des dépenses d’investissement en capital. Ces dernières, après avoir atteint un pic de près de 36% du PIB en 2015 devraient être contenues à moins de 8% en 2018, permettant de poursuivre la dynamique de réduction du déficit. Néanmoins, le recouvrement des recettes, encore déficient, n’augmenterait que modestement. De plus, l’augmentation du service de la dette absorberait une partie de la hausse des revenus. 


Fiche pays
Djibouti

Taille
1 million de consommateurs

Monnaie
Franc djiboutien

PIB/Hbt
1.903 dollars

Croissance
7% (2018p.)

Région économique
Corne de l’Afrique

Note Coface
C (risque élevé)

Doing business 2018
154e/189


Les grandes puissances militaires se positionnent

Le président Ismaël Omar Guelleh (IOG), qui tient fermement les rênes du pouvoir depuis 1999, a été conforté par sa réélection en avril 2016. Face à une opposition fragmentée et régulièrement intimidée, son parti, le Rassemblement populaire pour le progrès, ne devrait pas être menacé dans l’optique des élections législatives de février 2018. Les accusations de clientélisme et de corruption dont IOG et son administration font régulièrement l’objet ne sont qu’une partie d’un environnement des affaires déficient, notamment dans l’exécution des contrats, l’accès au crédit et la protection des investisseurs. En dépit de cela, Djibouti, grâce à sa position stratégique, bénéficie du soutien de nombreuses puissances internationales. La Chine y a notamment inauguré sa première base militaire à l’étranger en 2017. L’implantation militaire de l’Empire du milieu s’ajoute, entre autres, à celle de la France, des États-Unis et du Japon. Les enjeux stratégiques présentés par le détroit de Bab el-Mandeb et la proximité avec les régions en crise d’Afrique et du Moyen-Orient font de Djibouti un avant-poste militaire essentiel dans la lutte contre la piraterie et le terrorisme.

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