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Les Cahiers des ÉCO / Afrique

Avec une croissance robuste projetée à 8,2% en 2018, l’Éthiopie continue sa marche rapide vers la structuration de son économie. Toutefois, les tensions politiques et les conflits interethniques font encore peser de sérieuses menaces sur le pays.

Malgré les entraves à la croissance (sécheresse, tensions ethno-politiques), l’amélioration du PIB s’est maintenue à un niveau très élevé et a même rebondi en 2016-2017. En 2017-2018, l’activité devrait rester robuste mais, marquera le pas, contrainte par l’inflation et le risque politique. L’augmentation des prix consécutive à la dévaluation de 15% de la devise nationale (le birr) devrait mettre sous pression la consommation des ménages et peser sur la croissance. Cette dévaluation devrait néanmoins permettre d’améliorer la compétitivité des exportations qui étaient en berne. Aussi, elles devraient rebondir grâce à une meilleure production agricole, de café et fruits oléagineux (sésame) notamment, après avoir été touchée par des conditions de sécheresse en 2016 et 2017. De plus, l’inauguration de plusieurs parcs industriels, dont ceux de Hawala et de Mekelle, devrait permettre au pays d’augmenter ses exportations de cuirs, chaussures et textiles et ainsi commencer à réaliser l’ambition du pays de se positionner en grand centre manufacturier.

Hausse de 10% du budget
Dans le cadre du second Plan pour la croissance et la transformation de l’Éthiopie, les investissements publics demeureront également vigoureux, particulièrement dans le secteur des transports, des télécommunications ou de l’énergie avec le projet de «Barrage de la renaissance», d’une capacité de production électrique de 6.000 mégawatts. Un effort sera également consenti dans les infrastructures sociales (hôpitaux et écoles). En revanche, la croissance de l’investissement privé resterait entravée par la persistance de tensions ethno-politiques. Pour sa part, le déficit budgétaire devrait rester relativement faible. Le budget 2017/18 est en augmentation de près de 10% par rapport à l’année fiscale précédente. Cette augmentation est principalement dirigée vers les dépenses d’investissements en capital dans les projets d’infrastructures. Les recettes devraient augmenter en ligne avec la croissance du PIB et ainsi permettre au déficit budgétaire de rester relativement stable.

Flux IDE
Les transferts des travailleurs expatriés demeureront une contribution positive importante dans le solde courant. La conjoncture économique favorable en Europe et aux États-Unis pourrait avoir un effet bénéfique sur les flux de ces transferts. Les flux d’investissements directs étrangers, notamment dans les infrastructures et les industries, devraient permettre de financer le déficit de la balance courante. Le renforcement de la position extérieure de l’Éthiopie pourrait permettre de reconstituer quelques réserves de change, qui restent à un niveau faible (environ 2,5 mois de couverture d’importations). L’endettement est encore relativement élevé, mais compte tenu de la part encore importante de prêts à caractère concessionnel (environ 60% du stock de dette extérieure), le risque qui y est associé demeure modéré.   


Tensions internes malgré la levée de l’État d’urgence

La coalition au pouvoir, le Front démocratique révolutionnaire des peuples éthiopiens, menée par le Premier ministre Haile Mariam Desalegn et dominée par l’ethnie minoritaire des Tigréens, reste confrontée à d’importantes tensions ethno-politiques. Ces dernières ont connu une résurgence depuis novembre 2015 et des manifestations de l’ethnie majoritaire des Oromos. En octobre 2016, celles des Amharas demandant plus de représentations et de libertés politiques ont fait au moins 600 morts, notamment suite à une bousculade meurtrière déclenchée par les forces de sécurité. Par la suite, le gouvernement a décrété un état d’urgence qui ne sera levé qu’en août 2017. Les mesures de sécurité ont conduit à l’arrestation, dans des conditions contestées par les associations des droits de l’homme, de 29.000 individus, permettant une accalmie, toute relative, des troubles politiques dans les zones dissidentes de la région d’Oromia. Toutefois, des affrontements à la frontière entre les régions d’Oromia et de Somali éclatent ponctuellement et continuent de menacer la stabilité du pays.

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