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L’économie ghanéenne devrait accélérer sa croissance grâce à la production d’hydrocarbures, mais aussi à la contribution du secteur agricole et des services.

Au Ghana, l’économie devrait retrouver des couleurs en 2017. Après une année 2016 marquée par des élections générales dans un contexte de baisse des coûts des matières premières, celle en cours est vue comme l’année de la relance économique. Ainsi, la croissance ghanéenne devrait retrouver un certain dynamisme pour s’établir à 5% contre 4% en 2014. Le secteur des hydrocarbures en sera l’une des locomotives, grâce à la montée en puissance de la production du champ de Ten, qui a débuté fin 2016, ainsi que du lancement de l’exploitation de celui de Sankofa (prévu courant 2017). Le secteur industriel pourrait, en outre, être soutenu par l’amélioration progressive de l’approvisionnement en électricité, grâce à l’augmentation de la production de gaz pour l’alimentation des centrales thermiques (Atuabo notamment). Les services (financiers, télécommunications) devraient rester porteurs. La production agricole, plus particulièrement celle de cacao, devrait être favorisée par des conditions climatiques plus favorables qu’en 2016, année marquée par une forte sécheresse.

Infrastructures
Le coût élevé du crédit, malgré l’assouplissement de la politique monétaire initié en novembre 2016, restera cependant un frein à un réel rebond de l’investissement. Les projets du gouvernement, notamment dans le domaine des infrastructures, pourraient être revus à la baisse en raison d’une politique budgétaire plus restrictive qu’initialement prévu. Après avoir été confrontée à la hausse des prix des services publics en 2016, la consommation des ménages (plus de 60% du PIB) serait encouragée par la modération de l’inflation. L’absence de nouvelle baisse des prix du pétrole et la dépréciation du cedi limiteraient cependant le repli de l’inflation.

9% de déficit budgétaire
En février 2017, le vice-président ghanéen a annoncé l’existence de dépenses non comptabilisées par le précédent gouvernement dans les budgets des dernières années, pour un montant total estimé à 7 milliards de cedis (1,6 milliards de dollars). Le déficit budgétaire pour 2016 serait par conséquent de l’ordre de 9% du PIB contre 5,2% initialement prévu. Le gouvernement a d’ores et déjà annoncé que, compte tenu de ces éléments, les objectifs de croissance, de déficit budgétaire et d’excédent de la balance primaire initialement fixés pour 2017 ne pourraient être atteints. La situation financière de certaines entreprises publiques (surtout dans le secteur énergétique) pourrait aussi peser sur les finances publiques. Toutefois, l’État devrait bénéficier d’une légère augmentation des recettes fiscales liée à la hausse, même modérée, des prix du pétrole et à une activité économique assez dynamique.

Reprise
Par ailleurs, le FMI a confirmé le maintien de son programme d’assistance budgétaire mis en place en avril 2015. Son expiration, actuellement fixée à avril 2018, pourrait être repoussée sous réserve d’un engagement de maîtrise des dépenses, notamment salariales, du nouveau gouvernement. La situation du secteur bancaire, fragilisée par le ralentissement économique, la dépréciation du cedi des années passées et les difficultés financières des grandes entreprises publiques se dégradent nettement. Le taux de créances douteuses a doublé en un an à 24% mi-2016. La recapitalisation de certains établissements pourrait être envisagée. 


Fiche pays
GHANA

Taille
26,8 millions de consommateurs

Monnaie
cedi

PIB/Hbt
1.401 dollars

Croissance
4% (2016); 5% (2017p.)

Région économique
CEDEAO

Note Coface
B

Doing business 2017
108e/189 


Bonne gouvernance et alternance politique

Régulièrement cité comme un exemple dans la région en termes de démocratie, le Ghana a organisé début décembre 2016 ses élections générales, qui se sont déroulées dans le calme. Le leader de l’opposition Nana Akufo-Addo (Nouveau parti patriotique- NPP) a remporté le scrutin dès le premier tour avec 53% des voix face au président Mahama (Congrès démocratique national-NDC). La population ghanéenne compte sur le nouveau président pour sortir le pays de la crise économique. Le classement du Ghana selon les indicateurs de gouvernance de la Banque mondiale est meilleur que celui de la plupart des pays de la région, bien que la faiblesse des infrastructures et les lourdeurs administratives entravent le développement du secteur privé. Ses performances en matière de lutte contre la corruption sont en nette amélioration (98e en 2015 contre 103e en 2014).

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